Amenemhat Ier

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Pharaon de la XIIe Dynastie

1991 - 1962 avant J.C.

Fondateur de la XIIe dynastie, Amenemhat Ier monte sur le trône sous le nom de Sehetep-ib-ra, Celui qui apaise le cœur de .

Amenemhat I est fils d’un prêtre nommé Sénousret, et d’une certaine Nofret. Sans doute fut-il, avant de monter sur le trône, le vizir ou le Premier ministre du dernier souverain de la XIe dynastie, Montouhotep IV. A ce titre il mena une expédition aux carrières de pierre de Bekhen (greyhache), vers la mer Rouge, en empruntant le ouâdi Hammâmât, que l’on gagne à partir de Coptos. Le dernier règne de la XIe dynastie s’acheva sur une période de troubles qui se termina tragiquement par Montouhotep IV, qui n’eùt pas le temps de mener à bien l’achèvement de sa sépulture. Homme auquel se rallia le parti thébain, il revenait à Amenemhat, dont les qualités d’organisateur et de chef de guerre apparaissent dans les inscriptions laissées au ouâdi Hammâmât, de monter sur le trône en dépit d’une origine roturière.

Son règne souligne une rupture avec la dynastie précédente, en dépit du fait que le nouveau souverain s’inspire de la politique de grands travaux de Montouhotep IV. Il choisit pour nom de couronnement celui de Ouhem-mesout, Celui qui répète les naissances. Evénement marquant, il déplace sa capitale vers une région riche de promesses, non loin du Fayoum, à Licht, mais à bonne distance d’Itéradéopolis, qui comptait encore nombre de partisans de la branche des Khéty (Xe dynastie).

Fragment de l’enseignement d’Amenemhat 1er, manuscrit hiératique

Le nom de sa nouvelle capitale, Amenémhat-Itytaouy, "Amenemhat s’empare du Double-Pays", exprime sa volonté de choisir une zone située à la jonction du Delta et de la Vallée. Son administration pouvait ainsi mieux gérer le pays jusque là dirigé par une dynastie attachée au noyau thébain et délaissant le Nord. Thèbes, eu égard au rôle historique qui fut le sien lors de la reconquête du Nord sur Itéradéopolis, demeura néanmoins la ville sainte du royaume, puisque le roi éleva le dieu thébain Amon à la dignité de dieu dynastique, puis national, sous le nom de Amon-Rè.
Parcourant la Vallée afin de venir à bout des factieux et des bandes armées d’Asiatiques, il entreprit, la paix revenue, d’importantes reformes politiques. La plus importante consista à redéfinir les découpages cadastraux traditionnels, la fluctuation des limites entre nomes voisins étant source permanente de conflits.
A cette fin, il renforça l’administration territoriale, et nomma à des postes clé des hommes qui lui étaient acquis, ou confirma ceux qui avaient pris part à la reconquête du Delta, jusqu’à Péluse, contre les Asiatiques.

Les efforts déployés au cours de son règne, cependant, ne lui permirent pas de venir à bout de l’anarchie qui s’était instaurée à la fin de la XIe dynastie, laquelle rappelait la situation de la Première Période intermédiaire.

La politique thébaine de la XIe dynastie, qui prenait appui sur l’aristocratie foncière et les nomarques - grands feudataires locaux - négligeait les classes moyennes. L’indépendance des nomarques, héritage de la Première Période intermédiaire, entraînait une faiblesse du pouvoir centrale, pour peu que les ambitions régionales fussent fortes.

Pyramide d’Amememhat Ier sur le site d’el-Licht

Aussi, pour remédier à la crise, Amenemhat Ier confia la plupart des postes clé à des personnes de confiance, et nomma des nouveaux nomarques à Assiout, Cusae et Eléphantine. Conscient des raisons de la chute de la dynastie memphite et des mutations de la société égyptienne, il devait aussi mesurer la fragilité de la dynastie naissante, de sorte que son pouvoir, fondé sur une usurpation, nécessitait d’être légitimé par une propagande dont il posa les bases, et mise en place par son successeur.

Ceux auxquels la dynastie eùt recours, enracinèrent la légitimité d’Amenemhat Ier dans la tradition. Ils imaginèrent une pseudo-prophétie dont le rédacteur présumé était un devin nommé Néferti, vivant sous le règne du roi Snéfrou. Selon les termes du mage, l’Égypte serait sauvée d’une période de désordre par la main d’un homme venu du sud, nommé Ameny, nom dans lequel on pouvait reconnaître le nom du réformateur de la XIIe dynastie.

La littérature elle-même revêtit des formes de propagande. Tant le Livre de Kemyt, recueil de formules sentencieuses, que la Satire des Métiers, écrits dans la langue sobre et classique de la XIIe dynastie, servirent à la formation des scribes, fondement de l’administration égyptienne. Le second ouvrage, revêtant la forme de conseils d’un aîné à un débutant, portait aux nues le métier de scribe, en montrant l’avantage de cette fonction par rapport à toute autre activité, considérée sous son aspect le plus contraignant.
Amenemhat Ier étendit l’influence égyptienne aux zones limitrophes. Il mena des expéditions militaires en Nubie, en Libye et en Palestine, dans le but d’en tirer un profit pour l’Egypte. La forteresse de Bouhen fut érigée sous son règne, préfigurant ainsi la politique de construction d’une ligne défensive. Son règne fut marqué par la volonté de placer l’Est du Delta hors d’atteinte des tribus bédouines et des assauts des Asiatiques de Palestine méridionale. Il procéda ainsi à l’érection d’un chapelet de forteresses, entre Tell el-Dabca et Péluse, les Murs du Prince, qui ne résistèrent pas à la pression de l’Est. Il instaura une politique identique à l’Ouest, en construisant une forteresse au ouïdi el-Natroum. Ces forteresses, implantées sur des axes stratégiques au cours de la XIIe dynastie - et particulièrement sous le règne de Sésostris III - constituaient l’essentiel du dispositif destiné à l’asservissement de la Nubie et à son exploitation à des fins économique et commerciales.

Amenemhat Ier ne réussit pas, au cours de son règne, à éliminer l’opposition de ses anciens adversaires. Pressentant le danger pour la couronne, il associa au règne son fils aîné Sésostris. En l’an 30, alors que le prince menait victorieusement une campagne militaire en Libye, Amenémhat Ier périt, vraisemblablement assassiné, à la suite d’un complot à l’instigation des membres du harem royal et de la famille du souverain, mais les circonstances de ce drame demeurent encore dans l’ombre. Il fut enterré dans une pyramide située au nord, à Licht, ce qui marqua le retour aux usages funéraires royaux traditionnels. En vue de renouer avec la tradition memphite, les architectes de Licht employèrent, dans les fondations du temple funéraire royal, des blocs empruntés aux complexes funéraires royaux de Gîza et de Saqqarah.

Sésostris monta alors sur le trône, sous le nom de Kheparharè. Sous son règne, ou sous le suivant, on vit apparaître un texte passant pour un pseudo-enseignement du roi défunt à son fils, l’Enseignement d’Amenemhat, oeuvre de fiction, sorte de testament politique d’un souverain désabusé par l’usure du pouvoir et les complots visant à attenter à sa vie. Cette oeuvre littéraire est du même type que l’Enseignement de Khety à Mériharè, ou le roi Khéty II, souverain de la Xe dynastie héracléopolitaine, donnait à son fils une leçon de politique réaliste, destinée à lui permettre d’affronter la faction thébaine avec adresse, et de dominer la situation à l’est du Delta, contre les Asiatiques.

Tant l’une que l’autre oeuvre émanent des cercles du pouvoir des deux ou trois premiers règnes de la XIIe dynastie, afin de légitimiser la dynastie elle-même par une conduite politique exemplaire, dont les échos nourriront les générations futures jusqu’au Nouvel Empire inclus.

Amenemhat Ier, fer de lance de la reconquête du Delta, fut vénéré dans le temple qu’il fit élever dans la région de Tell el-Dabca, où se trouvait une résidence royale, sur le site même où les Asiatiques allaient élire domicile puis, de là, dominer politiquement l’Egypte : La future Avaris.

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    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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