Aménophis II

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Pharaon de la XVIIIe Dynastie

1426 - 1401 avant J.C.

Fils de Thoutmôsis III et de la grande épouse Mérytrê-Hatchepsout.

Né à Memphis, il est le septième roi de la XVIIIe dynastie. D’abord corégent avec son père durant trois années, il règne pendant un peu moins de trente ans sous le nom de Aakheperourê, "Grandes sont les manifestations de ". Poursuivant la politique de son père visant à étendre la domination égyptienne sur le Proche-Orient, il mena des opérations de police et vint à bout, lors d’une campagne, d’une coalition de princes du Takhsi - région sise entre l’Oronte et l’Euphrate - alliés d’une nouvelle puissance politique, le Mitanni.

Aménophis II tira profit de cette première victoire pour donner un exemple destiné à impressionner ses vassaux. Comme l’indique le récit épique rapporté par la stèle d’Amada, il exécuta de sa main sept des princes vaincus, les attachant à la proue de ses bateaux et remontant le Nil dans cet équipage ; puis il fit successivement pendre les corps aux murailles de Thèbes et de Napata, en Nubie. Il est étonnant que le roi ait recouru à ce procédé à la suite d’une victoire remportée en Asie, pour ôter toute velléité de soulèvement aux princes de Kouch, alors totalement soumis à l’Égypte, et placés sous l’égide du vice-roi de Kouch Ousersatet, qui veillait, sous les ordres du souverain, à la construction de temples à Amada et Kalabcha.

Une seconde expédition au Proche-Orient en l’an IX permit d’obtenir des résultats durables : pendant près de soixante-quinze ans l’égypte entra alors dans une ère de paix au cours de laquelle elle fut reconnue par ses voisins comme la puissance la plus importante de cette région. Au sein d’une Égypte prospère, Aménophis II poursuivit l’œuvre entreprise par son père, et acheva les travaux que celui-ci avait commencés. Il laissa une oeuvre monumentale consistant en un édifice jubilaire à piliers et une chapelle-reposoir de barque en calcite à Karnak, ainsi qu’un temple funéraire à côté de celui de son père sur la rive gauche de Thèbes.

Il déploya son activité dans les temples du dieu thébain Montou à Médamoud et à Tôd. Sa tombe a été retrouvée quasi intacte. Celle-ci abritait non seulement sa momie et une partie de son mobilier originel : c’est là que les rois prêtres de la XXIe dynastie avaient choisi de dissimuler plusieurs momies royales et princières du Nouvel Empire : huit pharaons parmi lesquelles Thoutmosis IV, Aménophis III, Séthi II, Ramsès IV, Ramsès V et Ramsès VI, un prince et trois femmes, dont sans doute la reine Tiyi. Tout comme la tombe de son père, le décor de l’hypogée d’Aménophis II intègre le Livre de l’Amdouat, rédigé dans un style linéaire qui rappelle celui des papyrus contemporains. La salle du sarcophage, d’abord en forme de cartouche, est quadrangulaire et le sarcophage royal s’insère dans une excavation prévue à cet effet. La silhouette du roi embrassée par des divinités apparaît sur les piliers carrés en réserve.

Le règne d’Aménophis II marque de son sceau le royaume égyptien devenu véritable empire. Vers celui-ci, ouvrant largement sur l’Asie (Proche-Orient) convergent les produits exotiques. Au classicisme figé et compassé caractérisant l’époque de Thoutmosis III, succède une vogue pour le "mouvement" et la couleur, à laquelle l’influence asiatique n’est pas étrangère. Les textes panégyriques royaux mettent en avant l’image du "roi sportif", découlant autant des vertus de courage physique du souverain que de la volonté d’imposer à l’Asie et à la Nubie le reflet d’un roi inflexible et vaillant au combat.

L’Egypte doit alors son apogée à la force de ses armées et à la qualité de son chef. En effet, le roi achève sa formation sur le champ de bataille. Il se complaît en la compagnie des chevaux qu’il dresse. Fin connaisseur et des armes et de leur maniement, il crible de flèches des cibles revêtues de cuivre pour démontrer la puissance de son tir. Expert en navigation, il dirige personnellement son navire. Les documents contemporains se plaisent à montrer Aménophis II non seulement en homme d’action, mais aussi en homme violent, parfois même cruel.

Il participe à tous les coups de main, gardant lui-même les prisonniers de guerre durant la nuit, et n’hésitant pas à lier l’un d’eux au timon de son char. Aménophis II est le prototype du roi faisant face à la situation périlleuse à laquelle le pays, malgré les campagnes de Thoutmôsis III, reste exposé, et qui choisit, aux yeux de tous, d’être un exemple afin d’exalter le courage et les vertus guerrières.

Ceux qui l’entourent ne font plus partie d’une élite héréditaire, mais sont choisis parmi les compagnons du roi ayant grandi avec lui à l’école du Palais, ou combattu à ses côtés sur les champs de bataille. La carrière se construit alors sur les compétences reconnues de chacun, dans l’action et le danger, et grâce à une confiance acquise au cours de l’intimité existant entre compagnons de route partageant une expérience identique.

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