L’éducation des princes de sang

, par  Jean-Luc

Une grande épouse royale, de nombreuses autres épouses, les concubines du harem... Pharaon a toutes les chances de se retrouver à la tête d’une nombreuse progéniture. Les jeunes princes du sang bénéficient tous d’une éducation royale destinée à les préparer aux plus hautes charges de l’État.

Même si tous les pharaons d’Égypte n’ont pas eu, comme Ramsès II, 111 fils et 59 filles (répertoriées), la plupart d’entre eux ont une nombreuse descendance.

Tous les princes et princesses de sang sont élevés dans une aile du palais appelée « maison des enfants royaux ». Les gouverneurs chargés de leur éducation, recrutés parmi les plus grands dignitaires de la cour, portent le titre honorifique de « nourricier ». Ainsi, un certain Hekerneheh, haut fonctionnaire du roi Aménophis, est le « nourricier » du futur Thoutmosis IV. De même, Senmout, favori de la reine Hatshepsout, dispense son savoir à la princesse Néferourê.

A côté de ces illustres précepteurs, aidés par une cohorte de serviteurs, les nourrices royales jouent également un rôle important. Au point que les pharaons n’hésitent pas à construire pour elles des tombeaux somptueux. Elles sont alors nommées « grande nourrice », « celle qui élève les dieux », « nourrice au doux sein ».

Dans la maison des enfants royaux, la vie est réglée par les cours des scribes, l’apprentissage de la stratégie militaire, la lutte, les leçons de natation, le maniement des armes pour les garçons, la musique et la danse pour les filles. Selon toute vraisemblance, chaque prince entouré de son propre personnel, composé de de trois - voire quatre ou cinq personnes, attachées à son service.



Sethi Ier et son fils



La vie d’adulte

Une fois qu’il a atteint l’âge adulte, chaque prince se doit de servir l’État et se voit confier une tâche bien définie. Il s’agit de prouver les capacités liées à sa royale ascendance. Les uns deviennent trésoriers royaux, d’autres grands prêtres d’Héliopolis ou de Karnak, d’autres encore sont juges suprêmes ou scribes du Livre divin. Certains rejoignent l’armée de Pharaon, surtout à partir du Nouvel Empire, lorsque l’art militaire atteint son apogée. Ils servent comme généraux et participent activement aux campagnes et aux guerres menées par Pharaon.

Mais si la majorité de ces fils de « dieu » ne montent pas sur le trône, tous portent le titre de « prince héritier », qui leur confère le droit d’être gouverneur du palais, c’est à dire de faire partie de l’entourage intime du roi. Ces princes deviennent à vie de « vénérables parents royaux », confirmant ainsi qu’ils sont bien issus de la « semence divine ».

Les princes adoptifs

selon une très ancienne coutume, certains enfants de hauts dignitaires de la cour ont le privilège d’être éduqués avec les princes héritiers. Seul Pharaon peut désigner celui qui accédera à la maison des enfants royaux. Dès lors, ce fils « adoptif » partage la vie des princes du sang. Certains d’entre eux, comme un certain Schepdesptah qui deviendra grand prêtre de Memphis sous le règne du roi Mykérinos, peuvent s’enorgueillir d’avoir été « élevé parmi les enfants royaux, à la cour du roi, dans son cabinet et son harem et d’être le préféré du roi parmi tous ». Pour montrer son attachement au jeune Schepdesptah, le successeur de Mykérinos le garde comme enfant royal et le marie à Khamaat, sa fille aînée.

Kenamon, grand intendant du roi Aménophis II, peut se considérer comme son frère de lait puisqu’il a été mis au monde par la nourrice du roi, celle « qui a élevé le dieu ». Dans sa tombe, l’une des plus grandes de la nécropole de Gournah, Aménophis II enfant est assis sur les genoux de sa nourrice, mère de Kenamon, lui-même en train de les éventer. Un privilège
royal rare. Paser, le chef des archers Aménophis II, est lui aussi un « enfant du harem », qui a partagé les jeux et l’éducation du futur monarque.

Les fils de Ramsès II

lorsqu’ils ont atteint l’âge adulte, tous les enfants naturels de Ramsès II accèdent aux plus hautes fonctions de l’État. Les uns adoptent la carrière militaire, comme lmenherkhépeshef, son fils aîné, promu général d’armée, ou Parêherounémef, son troisième fils né comme le premier de l’union avec la grande Néfertari, et déclaré « premier brave de l’armée » pour sa conduite héroïque à la bataille de Qadesh, ce qui lui vaut d’être nommé Premier charrier du roi. D’autres enfants embrassent la carrière religieuse comme le prince Meryatoum, autre fils de Néfertari, devenu grand prêtre de à Héliopolis.

Mais le plus célèbre d’entre eux est sans aucun doute Khaemouaset, fils d’Isisnofret, érigée au rang de grande épouse à la mort de Néfertari. Grand prêtre de Ptah, c’est lui qui organise les grands jubilés de son père.



Le prince Khaemouaset

©MCMXCVIII édition Atlas

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    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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