Aÿ

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

1326 - 1323 av. J.-C.

Aÿ est sans doute originaire d’Akhmîm comme Youya, le père de la reine Tiyi (Aménophis III).
Certains ont voulu voir en lui le frère de la reine Tiyi et donc l’oncle de Néfertiti (Aménophis IV). Si, comme certains éléments tendent à le prouver, sa charge de "père divin" ne pouvait être valablement occupée que par le beau-père du souverain, il pourrait même être le père de l’épouse royale. Sa proximité par rapport aux souverains pourrait aussi s’expliquer par son mariage puisque sa femme, Tiyi, était nourrice de la reine Néfertiti.

Il débute sa carrière comme père divin et suit Aménophis IV - Akhénaton à Akhetaton - Tell-El-Amarna où il est chef de la charrerie. Il s’y fait creuser une des tombes les plus monumentales. Celle-ci semble avoir été décorée jusqu’en l’an IX d’Akhénaton. Elle contient la version la plus longue du Grand Hymne à Aton. Aÿ a dû participer de façon intense à la promotion de la religion atonienne et semble totalement dévoué au couple royal.

Homme plein d’aplomb, il devient au cours de la restauration amonienne un des vizirs du jeune roi Toutânkhamon et le suit dans son retour à Thèbes et à Memphis. Il mène habilement cette reconversion et, à la mort du jeune roi, se présente comme son successeur logique en organisant ses funérailles et en achevant ses constructions, telle une cour monumentale à Karnak où les nom et titre du père divin Aÿ apparaissent regroupés dans un cartouche.
Tout en faisant mine d’assumer la régence post mortem du roi, il devient alors souverain à part entière et commence, dès lors, une politique monumentale que son règne, trop court, ne lui laissera guère le temps de développer. Il laisse cependant une tombe inachevée et les vestiges d’un temple de Millions d’Années situé près de Médinet Habou, prévus sans doute tous deux, dès l’origine, pour Toutânkhamon. La tombe royale est située dans une branche latérale de la Vallée des Rois, non loin de celle d’Aménophis III : il se peut qu’elle ait été, en fait, à l’origine la tombe du prince Thoutmôsis, frère d’Aménophis IV. Aÿ s’y fait représenter en compagnie de sa première épouse Tiyi plutôt qu’Ankhensenpaaten, fille d’Akhénaton, qu’il avait épousé dans l’espoir de légitimer son pouvoir. Autre élément remarquable, cet hypogée contient une scène de chasse dans les marais, iconographie en général réservée aux tombes de nobles.

Bien qu’il fasse figure d’opportuniste, il est vraisemblable qu’Aÿ se soit consacré à la restauration avec autant de fougue qu’il avait suivi l’expérience atonienne. On peut sans doute voir en lui un grand commis de l’état qui, s’il recherche sa propre gloire, avait tout autant à cœur l’avenir du pays. Néanmoins, il fut considéré par ses successeurs comme un des renégats d’Amarna et traité comme tel. Son nom n’apparaîtra pas dans la liste royale d’Abydos mise en forme par Séthi Ier et Ramsès II ; ses images et noms seront martelés de façon systématique, son sarcophage brisé à la masse. Sa momie n’a pas été retrouvée.

Navigation

AgendaTous les événements

août 2020 :

Rien pour ce mois

juillet 2020 | septembre 2020

Annonces

  • Le masque d’Anubis enfin disponible.

    Le masque d’Anubis est maintenant disponible en version ebook au format Kindle chez Amazon

    La Couverture

    La version papier est disponible sur Lulu.com

    Le pitch :

    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

Brèves Toutes les brèves