Horemheb

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Pharaon de la XVIIIe Dynastie

1323 - 1293 avant J.-C.

Considéré tour à tour comme le dernier pharaon de la XVIIIème dynastie ou le fondateur de la XIXème dynastie ramesside, Horemheb apparaît comme un homme providentiel sorti de l’ombre pour parvenir à la plus haute distinction du pays.

Originaire d’Héracléopolis en Moyenne-égypte, sans aucune attache familiale avec la royauté, il débute sa carrière, comme bon nombre d’hommes de pouvoir au Nouvel Empire, comme scribe des recrues. Sans doute ne forme-t-il qu’un seul personnage avec Paatenemheb, contemporain d’Akhénaton. Chargé par la suite de prendre la tête des travaux d’exploitation des carrières de quartzite, son itinéraire rappelle sans aucun doute celui d’Amenhotep, fils de Hapou, sous le règne d’Aménophis III. Tout comme ce dernier, il recevra sous Toutânkhamon, le titre honorifique de iry-pât, prince.

Il devient général en chef des armées royales et grand majordome. A ce titre, il est très proche du cercle du pouvoir qu’il influence comme bon nombre de hauts personnages entourant jeune roi. Au moment de son apogée, dans son statut de fonctionnaire, il se fait construire une superbe tombe à Memphis, tandis que des statues, à Thèbes et à Memphis, le montrent dans l’attitude coutumière du scribe.

A la mort du jeune roi, le vieil Aÿ prend le pouvoir. Il n’a pas le temps de transmettre la royauté à son fils Nakhtmin et de maintenir le flambeau de la dynastie. Le prince Horemheb, fort de son pouvoir sur l’armée, conduit un véritable coup d’état. Sous l’égide d’Horus, son dieu personnel, il s’empare du pouvoir et se fait couronner à Thèbes par Amon lui-même. Sa femme, devenue grande épouse royale, Moutnedjemet, pourrait être la soeur de Néfertiti. Conformément à la coutume, il l’aurait épousée pour légitimer ses prétentions. Horemheb reprend à son actif l’ensemble de l’œuvre de restauration initiée sous le règne du jeune roi ; il fait araser ses cartouches qu’il remplace par les siens, car il semble avoir oeuvré derrière le roi-enfant à cette tâche ingrate. Son oeuvre se veut réformatrice.

Le décret d’Horemheb décrit l’état de corruption général, la prévarication ; il prévoit des peines sévères pour ceux qui détournent les biens de l’Etat. Le pays étant au bord de la guerre civile, il cherche à rétablir l’ordre et à protéger avant tout la propriété privée et rétablir la circulation. Quoique le tableau de la situation générale ait été noirci, le pays paraît avoir eu besoin d’une reprise en main. Celle-ci est une oeuvre de fond et Horemheb lance une grande restructuration des provinces aussi bien sur le plan militaire qu’administratif.

Le cadastre, seul moyen de contrôler efficacement les moyens de production agricole et par là, la subsistance même du peuple égyptien, est réorganisé. Horemheb place à des postes-clé des hommes de confiance issus des rangs de l’armée. Il se débarrasse du corset amarnien et donne à l’Egypte de nouvelles structures en imposant des hommes partageant ses idées.

A Karnak, il démonte les temples atoniens et en réutilise les blocs, les fameuses talatates, dans la masse de ses constructions, les IIe, IXe et Xe pylônes. Il n’hésite pas à s’approprier et à agrandir le Temple de Millions d’Années d’Aÿ que celui-ci avait sans doute repris à Toutânkhamon.
Il se fait creuser une tombe royale dans la Vallée des Rois. En effet, sans doute influencée par la tombe royale d’Amarna, elle forme maintenant un long couloir bordé de salles secondaires. Pour la première fois, le décor d’une tombe royale intègre la composition intitulée Livre des Portes où apparaissent des textes en relief dans le creux. Le sarcophage de granit rouge est encore conservé mais la momie du souverain n’est pas identifiée. Horemheb n’en oublie pas pour autant sa tombe memphite : l’uraeus royale est ajouté au front de ses images avant que son épouse Moutnedjemet n’y soit elle-même enterrée.

Paroi inachevée de la tombe d’Horemheb

Sans héritier, il nomme son successeur en choisissant un homme mûr, un compagnon d’armes, un militaire nommé Ramsès qui placera rapidement à ses côtés son fils, Séthi, lui aussi appartenant aux rangs de l’armée. Horemheb sans avoir forcément poursuivi les "hérétiques" de la haine implacable dont feront montre les Ramessides, assume pleinement la rupture avec la période qui le précède. S’il semble avoir respecté la dépouille du petit roi, il poursuit Aÿ et Nakhtmin de sa vindicte.

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    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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