Le Conte des deux frères (2ème partie)

Et après beaucoup de jours ensuite de cela, le frère cadet, étant au Val de l’Acacia sans personne avec lui, employait la journée à chasser les bêtes du désert, et il venait passer la nuit sous l’Acacia, au sommet de la fleur duquel son cœur était placé. Et après beaucoup de jours ensuite de cela, il se construisit de sa main, dans le Val de l’Acacia, une ferme remplie de toute bonne chose, afin de se monter une maison. Comme il sortait de sa ferme, il rencontra la Neuvaine des dieux qui s’en allait régler les affaires de leur Terre-Entière. La Neuvaine des dieux parla tous ensemble et elle lui dit : « Ah ! Baîti, taureau de la Neuvaine des dieux, n’es-tu pas ici seul, pour avoir quitté ton pays devant la femme d’Anoupou, ton grand frère ? Voici, sa femme est tuée, et tu lui as rendu tout ce qui avait été fait de mal contre toi ». Leur cœur souffrit pour lui beaucoup, beaucoup, et Phrâ-Harmakhis dit à Khnoumou : « Oh ! fabrique une femme à Baîti, afin que tu ne restes pas seum ». Khnoumou lui fit une compagne pour demeurer avec lui, qui était belle en ses membres plus que toute femme qui est en la Terre-Entière, car le germe de tous les dieux était en elle. Les Sept Hâthors vinrent la voir et elles dirent d’une seule, bouche : « Qu’elle meure la mort du glaive ! » Baîti la désirait beaucoup, beaucoup : comme elle demeurait dans sa maison, tandis qu’il passait le jour à chasser les bêtes du désert afin de les déposer devant elle, il lui dit : « Ne sors pas dehors, de peur que le fleuve ne te saisisse ; tu ne saurais te délivrer de lui, car tu es une femme tout bonnement. Quant à moi, mon cœur est posé au sommet de la fleur de l’Acacia et si un autre le trouve, il me faudra me battre avec lui ». Il lui révéla donc tout ce qui concernait son cœur.

Et après beaucoup de jours ensuite de cela, Baîti étant allé à la chasse, selon son habitude de chaque jour, comme la damoiselle était sortie pour se promener sous l’Acacia qui était auprès de sa maison, voici, elle aperçut le fleuve qui tirait ses vagues vers elle, elle se prit à courir devant lui, elle entra dans sa maison. Le fleuve cria vers l’Acacia, disant : « Que je m’empare d’elle ! » et l’Acacia livra une tresse de ses cheveux. Le fleuve la porta en Égypte, il la déposa au douet des blanchisseurs de Pharaon, v. s. f. . L’odeur de la boucle de cheveux se mit dans le linge de Pharaon, v. s. f. et l’on querella les blanchisseurs de Pharaon, v. s. f., disant : « Odeur de pommade dans le linge de Pharaon, v. s. f. ! » On se mit à les quereller chaque jour, si bien qu’ils ne savaient plus ce qu’ils faisaient et que le chef des blanchisseurs de Pharaon, v. s. f., vint au douet, car son cœur était dégoûté beaucoup, beaucoup, des querelles qu’on lui faisait chaque jour. Il s’arrêta, il se tint au douet, juste en face de la boucle de cheveux qui était dans l’eau ; il fit descendre quelqu’un et on la lui apporta, trouvant qu’elle sentait bon beaucoup, beaucoup, et lui la porta à Pharaon, v. s. f. On amena les scribes sorciers de Pharaon, v. s. f. Ils dirent à Pharaon, v. s. f. : « Cette boucle de cheveux appartient à une fille de Phrâ-Harmakhis qui a en elle l’essence de tous les dieux. Puisque c’est un hommage pour toi d’une terre étrangère, fais que des messagers, aillent vers toute terre étrangère afin de chercher cette fille ; et le messager qui ira au Val de l’Acacia, fais que beaucoup d’hommes aillent avec lui pour la ramener ». Voici, Sa Majesté, v. s. f., dit : « C’est parfait, parfait ce que nous avons dit » ; et on fit partir les messagers. Et après beaucoup de jours ensuite de cela, les hommes qui étaient allés vers la Terre étrangère vinrent faire rapport à sa Majesté, v. s. f., mais ils ne vinrent pas ceux qui étaient allés vers le Val de l’Acacia : Baîti, les ayant tués, laissa un seul d’entre eux pour faire rapport à Sa Majesté, v. s. f., Sa Majesté, v. s. f., fit aller beaucoup d’hommes et d’archers, aussi des gens de char, pour ramener la damoiselle ; une femme était avec eux qui lui donna tous les beaux affiquets d’une femme en sa main. Cette femme vint en Égypte avec elle, et on se réjouit d’elle dans la Terre-Entière. Sa Majesté, v. s. f., l’aima beaucoup, beaucoup, si bien qu’On la salua Grande Favorite. On lui parla pour lui faire dire ce qu’il en était de son mari, et elle dit à Sa Majesté, v. s. f. : « Qu’on coupe l’Acacia, et lui il sera détruit ! » On fit aller des hommes et des archers avec leurs outils pour couper l’Acacia ; ils coupèrent la fleur sur laquelle était le cœur de Baîti, et il tomba mort en cette male heure.

Et quand la terre s’éclaira et qu’un second jour fut, après que l’Acacia eut été coupé, comme Anoupou, le grand frère de Baîti, entrait dans sa maison et s’asseyait, ayant lavé ses mains, on lui donna une cruche de bière et elle jeta de l’écume, on lui en donna une autre de vin et elle se troubla de lie. Il saisit son bâton avec ses sandales, aussi ses vêtements avec ses armes, il se mit à marcher vers le Val de l’Acacia, il entra dans la villa de son frère cadet, et il trouva son frère cadet couché sur son cadre, mort. Il pleura, quand il aperçut son frère cadet couché et bien mort ; il s’en alla pour chercher le cœur de son frère cadet sous l’Acacia à l’abri duquel son frère cadet couchait le soir, il consuma trois années à le rechercher sans le trouver. Et il entamait la quatrième année, lorsque, son cœur désirant venir en Égypte, il dit : « J’irai demain » ; ainsi dit-il en son cœur. Et quand la terre s’éclaira et qu’un second jour fut, il alla sous l’Acacia, il passa la journée à chercher ; tandis qu’il revenait le soir, et qu’il regardait autour de lui pour chercher de nouveau, il trouva une graine, il revint avec elle, et voici, c’était le cœur de son frère cadet. Il apporta une tasse d’eau fraîche, il l’y jeta, il s’assit selon son habitude de chaque jour. Et lorsque la nuit fut, le cœur ayant absorbé l’eau, Baîti tressaillit de tous ses membres, et il se mit à regarder fixement son grand frère, tandis que son cœur était dans la tasse. Anoupou, le grand frère, saisit la tasse d’eau fraîche où était le cœur de son frère cadet ; celui-ci but et son cœur fut en place, et lui devint comme il était autrefois. Chacun d’eux embrassa l’autre, chacun parla avec son compagnon, puis Baîti dit à son grand frère : « Voici, je vais devenir un grand taureau qui aura tous les bons poils, et dont on ne connaîtra pas la nature. Toi, assieds-toi sur mon dos quand le soleil se lèvera, et, lorsque nous serons au lieu où est ma femme, je rendrai des réponses. Toi donc, conduis-moi à l’endroit où l’On est, et on te fera toute bonne chose, on te chargera d’argent et d’or pour m’avoir amené à Pharaon, v. s. f., car je serai un grand miracle et on se réjouira de moi dans la Terre-Entière, puis tu t’en iras dans ton bourg ». Et quand la terre s’éclaira et qu’un second jour fut, Baîti se changea en la forme qu’il avait dite à son grand frère. Anoupou, son grand frère, s’assit sur son dos, à l’aube, et il arriva à l’endroit où l’On était. On le fit connaître à Sa Majesté, v. s. f., elle le regarda, elle entra en liesse beaucoup, beaucoup, elle lui fit grand’fête, disant : « C’est un grand miracle qui se produit ! » et on se réjouit de lui dans la Terre-Entière. On chargea d’argent et d’or son grand frère, et celui-ci s’établit dans son bourg. On donna au taureau des gens nombreux, des biens nombreux, car Pharaon, v. s. f., l’aima beaucoup, beaucoup, plus que tout homme en la Terre-Entière.

Et après beaucoup de jours ensuite de cela, le taureau entra au harem, et il s’arrêta à l’endroit où était la favorite, et il se mit à lui parler, disant : « Vois, moi je vis pourtant ». Elle lui dit : « Toi, qui es-tu donc ? » Il lui dit : « Moi, je suis Baîti. Tu savais bien, quand tu faisais abattre l’Acacia par Pharaon, v. s. f., que c’était me mettre à mal, si bien que je ne pusse plus vivre ; mais, vois, moi je vis pourtant, je suis taureau ». La favorite eut peur beaucoup, beaucoup, du propos que lui avait dit son mari. Il sortit du harem, et Sa Majesté, v. s. f., étant venue passer un jour heureux avec elle, elle fut à la table de Sa Majesté et On fut bon pour elle beaucoup, beaucoup. Elle dit à Sa Majesté : « Jure-moi par Dieu disant : « Ce que tu diras, je l’écouterai pour toi ». Il écouta tout ce qu’elle disait : « Qu’il me soit donné de manger le foie de ce taureau, car il ne fera rien qui vaille ». C’est ainsi qu’elle lui parla. On s’affligea de ce qu’elle disait beaucoup, beaucoup, et le cœur de Pharaon en fut malade beaucoup, beaucoup. Et quand la terre s’éclaira et qu’un second jour fut, on proclama une grande fête d’offrandes en l’honneur du taureau, et on envoya un des bouchers en chef de Sa Majesté, v. s. f., pour faire égorger le taureau. Or, après qu’on l’eut fait égorger, tandis qu’il était sur les épaules des gens qui l’emportaient, il secoua son cou, il laissa tomber deux gouttes de sang vers le double perron de Sa Majesté, v. s. f. : l’une d’elles fut d’un côté de la grande porte de Pharaon, v. s. f., l’autre de l’autre côté, et elles poussèrent en deux grands perséas, dont chacun était de toute beauté. On alla dire à Sa Majesté, v. s. f. : « Deux grands perséas ont poussé en grand miracle pour Sa Majesté, v. s. f., pendant la nuit, auprès de la grande porte de Sa Majesté, v. s. f. » ; et on se réjouit à cause d’eux dans la Terre-Entière, et On leur fit des offrandes.

Et après beaucoup de jours ensuite de cela, Sa Majesté, v. s. f., se para du diadème de lapis-lazuli, le cou ceint de guirlandes de toutes sortes de fleurs, elle monta sur son char de vermeil, elle sortit du palais royal, v. s. f. afin de voir les perséas. La favorite sortit sur un char à deux chevaux, à la suite de Pharaon, v. s. f., puis Sa Majesté, v. s. f., s’assit sous un des perséas, la favorite s’assit sous l’autre perséa. Quand elle se fut assise, le perséa parla à sa femme : « Ah ! perfide ! Je suis Baîti et je vis, maltraité de toi. Tu savais bien que faire couper l’Acacia par Pharaon, v. s. f., c’était me mettre à mal ; je suis devenu taureau, et tu m’as fait tuer ». Et après beaucoup de jours ensuite de cela, comme la favorite était à la table de Sa Majesté, v. s. f., et qu’On était bon pour elle, elle dit à Sa Majesté, v. s, f. : « Prête-moi serment par Dieu, disant : Ce que la favorite me dira, je l’écouterai pour elle. Parle ! » Il écouta tout ce qu’elle disait. Elle dit : « Fais qu’on abatte ces deux perséas, qu’on en fabrique de beaux coffres ! » On écouta tout ce qu’elle disait. Et après beaucoup de jours ensuite de cela, Sa Majesté, v. s. f., envoya des charpentiers habiles, on coupa les perséas de Pharaon ; v. s. f., et se tenait là, regardant faire, la royale épouse, la favorite. Un copeau s’envola, entra dans la bouche de la favorite, et elle s’aperçut qu’elle concevait(283). On fabriqua les coffres, et On en fit tout ce qu’elle voulut. Et après beaucoup de jours ensuite de cela, elle mit au monde un enfant mâle, et on alla dire à Sa Majesté, v. s. f. : « Il t’est né un enfant mâle ! » On l’apporta, on lui donna des nourrices et des remueuses. On se réjouit dans la Terre-Entière. On se mit à faire un jour de fête, on commença d’être en son nom(285). Sa Majesté, v. s. f., l’aima beaucoup, beaucoup, sur l’heure, et on le salua fils royal de Kaoushou(286). Et après beaucoup de jours ensuite de cela, Sa Majesté, v. s. f., le fit prince héritier de la Terre-Entière. Et après beaucoup de jours ensuite de cela, quand il fut resté beaucoup d’années prince héritier de la Terre-Entière, Sa Majesté, v. s. f., s’envola vers le Ciel. On dit : « Qu’on m’amène les grands officiers de Sa Majesté, v. s. f., que je leur fasse connaître tout ce qui s’est passé à mon sujet ». On lui amena sa femme, il la jugea par devant eux, et ils ratifièrent son jugement. On lui amena son grand frère, et il le fit prince héritier de sa Terre-Entière. Il fut vingt ans roi d’Égypte, puis il passa de la vie, et son grand frère fut en sa place le jour des funérailles. Il est fini en paix ce livre, pour le double du scribe trésorier Qagabou, du trésor de Pharaon, v. s. f., du scribe Haraoui, du scribe Maîaemapît ; l’a fait le scribe Ennana, le maître de ce livre. Quiconque parle contre ce livre, puisse Thot le provoquer en duel !

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