Thoutmôsis IV

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Pharaon de la XVIIIe dynastie

1401 - 1391 av. J.-C.

Fils d’Aménophis II et de la reine (fille royale) Tiâa, il monte sur le trône sans connaître les problèmes de légitimation de ses prédécesseurs.
Comme tout prince héritier, il commanda la garnison de Memphis. Son accession au trône revêt la forme d’une légende : après s’être endormi à l’ombre du Sphinx de Gîza, lors d’une partie de chasse, il eut un songe où le dieu solaire Harmakhis lui promettait la royauté. Prince prédestiné, il règne 9 ans et huit mois sous le nom de Menkheperourê, "stables sont les manifestations de ". Une corégence avec son père Aménophis II est improbable. L’examen de sa momie retrouvée dans la tombe d’Aménophis II, transformée en cachette, laisse à penser qu’il mourut vers sa trentième année.

Relief évoquant la porte monumentale élevé par Thoumôsis IV devant le IVe pylône du temple d’Amon-Rê à Karnack



Sa titulature reprend les noms portés par son grand-père, Thoutmôsis III, sans doute son modèle. La grande épouse royale, Ouadjyt ou Iâret, était fille d’Aménophis II, et, par conséquent, une de ses sœurs. Il épousa également deux concubines : Nofretari et Moutemouia, laquelle devait, pour sa part, donner naissance au futur Aménophis III. Quatre autres fils lui sont connus (Thoutmôsis, Amenemhat, Aakheprouraou et Amenhotep), ainsi que des filles.

Thoutmôsis IV acceuilli dans l’au-delà par Anubis et Hathor



Sa politique nubienne est peu marquée par la guerre : on relève des opérations de police contre les bédouins et les Nubiens. L’expédition nubienne rapportée par la stèle de Konosso pourrait ainsi s’avérer une fiction politique. En revanche, l’Asie fait l’objet d’une politique vigoureuse : une expédition est mise sur pied contre le Naharina et contre Gezer. L’événement le plus important de son règne est le règlement diplomatique et pacifique du problème posé par des relations tendues et fluctuantes avec le Mitanni.
Thoutmôsis IV pérennise la trêve fragile obtenue par son père Aménophis II. Après une expédition cherchant à intimider ce puissant voisin, Thoutmôsis IV conclut avec le roi du Mitanni, Artatama, un traité de paix scellé, après de laborieuses négociations, par le mariage du souverain égyptien et d’une jeune princesse Mitanienne.
Son oeuvre architecturale, apparemment modeste, est au contraire impressionnante au regard de la relative brièveté de son règne. A Karnak, il transforme la cour de Thoutmôsis II en la plaquant d’un mur intérieur de grès et en la dotant d’un péristyle à piliers carrés sur ses quatre côtés. Il offre à Amon une nouvelle chapelle de barque en calcite copiant et dupliquant le reposoir originel d’Aménophis Ier qu’il implante sans doute dans cette même cour. A l’est du temple d’Amon, il érige le gigantesque obélisque unique de près de quarante mètres de haut qui, mis en chantier sous Thoutmôsis III, gisait depuis près de quarante-deux ans.



Il inaugure ainsi un secteur voué au culte solaire au sein du domaine d’Amon. Cette coloration solaire du règne qui préfigure les développements de ceux d’Aménophis III et d’Aménophis IV (Akhénaton), transparaît aussi dans le dégagement du Sphinx de Gîza, réclamé en échange de la royauté par Rê-Harmakhis, lors du songe que le jeune Thoutmès avait fait entre les pattes du colosse. La statue fut aussi protégée de l’envahissement des sables par un mur. Cette mise en valeur des monuments memphites pourrait résulter d’une volonté de chercher un nouvel équilibre face au pouvoir croissant du clergé d’Amon. Ainsi, le recours à un rêve prémonitoire pour expliciter son accès au trône et le légitimer, pourrait en outre laisser penser qu’il n’était peut-être pas héritier en titre.



Son Temple de Millions d’Années fut érigé au sud-ouest de celui d’Aménophis II. Sa tombe se trouve dans un ouâdi secondaire de la Vallée des Rois, non loin de celle d’Hatchepsout. Le décor de l’hypogée est marqué par de grandes figures divines accueillant le roi, sur un fond de couleur jaune. Bien qu’il ne soit que partiellement conservé, il semble s’être détaché des grandes compositions du Livre de l’Amdouat pour amplifier la présence des figures grandeur nature inaugurées sous le règne précédent ; son mauvais état de conservation n’est pas seulement dé au temps ; en effet, la couche de calcaire dans lequel la tombe fut creusée n’étant pas homogène, elle dut être restaurée dès l’époque d’Horemheb sous les ordres d’un architecte de valeur, Maya. Par ailleurs, la momie royale fut transportée dans la tombe de son père, Aménophis II, au cours des regroupements effectués à la XXIe dynastie.

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    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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