Deir El-Bahari

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Au pied des falaises qui déterminent le cirque montagneux de Deir-el-Bahari furent installés plusieurs grands monuments.

Le programme monumental de Montouhotep II

Ce temple compte parmi les plus anciens édifices de Thèbes. Il date d’une période du Moyen-Empire au cours de laquelle la ville devint pour la première fois capitale de l’Egypte. La tombe royale n’est pas liée ici à une construction artificielle comme dans le cas des pyramides construites avant ce règne.

Elle est creusée dans le roc au bout d’un long corridor qui s’enfonce au cœur même de la montagne Thébaine dont la forme rappelle justement celle d’une immense pyramide et qui semble bien assumer ce rôle. Au pied de la pyramide naturelle constituée par la montagne fut bâti pour le déroulement du culte funéraire un temple de conception originale, comprenant des terrasses entourées de portiques ayant en son centre une partie très massive. Celle-ci avait probablement à l’origine la forme d’un grand mastaba.

Le temple d’Hatchepsout.

Ce programme est le plus important de ceux qui furent réalisés à Deir-el-Bahari. Si la tombe de la reine n’est plus organiquement liée au temple elle a été creusée au revers de la Montagne et se rapproche en quelque sorte de lui. Le complexe dans son ensemble comprenait un temple-bas installé en bordure de la vallée fertile dont il ne reste pratiquement rien. Puis une longue allée bordée de sphinx et délimitée par des murs qui menait au "temple de millions d’années" que l’on peut découvrir actuellement. La composition architecturale de ce dernier, bien qu’inspirée du temple de Montouhotep voisin est spectaculaire et originale.

L’effet des terrasses horizontales successives et régulières tranchant avec les replis verticaux de la haute falaise, les proportions, l’harmonie des masses en font un des plus grands chefs d’œuvre de l’architecture égyptienne. Les portiques jouaient le rôle de mur de soutènement de terrasses dont la création a masqué l’existence de tombes de la XI ème dynastie. Les terrasses étaient reliées par des rampes montant en pente douce. Au nord de la première se trouvaient quatre chapelles précédées d’un portique aux gracieuses colonnes polygonales et dans l’angle un sanctuaire voûté dédié à Anubis. Sous le portique sud de la seconde terrasse est évoqué la fameuse expédition maritime lointaine au pays de Pount (région qui s’étend de part et d’autre du détroit de Bab-el-Mandeb actuel, concernant le Yémen, l’Ethiopie, Djibouti, le nord de la Somalie) riche en résines essentielles pour le culte telles que l’encens et l’oliban.

Au sud du portique a été installé un petit complexe dédié à l’Hathor de la nécropole thébaine figurée sous la forme d’une vache. La seconde rampe mène à la partie supérieure du temple. La façade comprend un portique à piliers osiriaques. A l’intérieur l’espace s’organise autour d’une grande cour à portique. Au nord de celle-ci se trouve un complexe dédié à Horakhty, avec cour et autel ainsi qu’une chapelle d’Anubis. Au sud est aménagé un ensemble de salles constituant la partie funéraire liée à la terre. Au centre du mur ouest de la cour s’ouvrait un sanctuaire souterrain (spéos) creusé dans la montagne (qui fut à l’origine une grotte d’Hathor) couvert par une fausse-voûte. A l’époque ptolémaïque cette partie du temple fut aménagée et destinée au culte d’Amenhotep-fils-de-Hapou et d’Imhotep on venait y consulter ces divinités guérisseuses Enfin un couvent copte s’y installa. Il est à l’origine de l’appellation actuelle du site, Deir El-Bahari, ce qui signifie littéralement "le couvent du nord".

Le temple de Thoutmosis III

Cet édifice aujourd’hui très ruiné était accessible à l’origine par une longue rampe. Il vint s’insérer entre le temple de Montouhotep et celui d’Hatchepsout sur une haute terrasse. Le temple était probablement dédié à Amon. Il ne s’agit pas en tous cas du temple de millions d’années de ce roi, édifice bien connu par ailleurs et situé dans la vallée au nord du Ramesseum. L’intention de Thoutmosis III à Deir-el-Bahari dut être de surpasser en hauteur et par le choix de cette position centrale valorisante la magnifique réalisation d’Hatchepsout.

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