Anubis

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Ce dieu est l’un de ceux qui ont le plus profondément frappé l’imaginaire occidental. Lié à l’embaumement et à la momification, il est représenté comme un chien ou un chacal, ou bien sous la forme d’un homme à tête de canidé. Si la couleur noire de sa peau n’est pas caractéristique des chacals, il la doit au fait que cette teinte est attachée à l’idée de renaissance. La fonction funéraire des chiens divins, vient de la présence de toutes sortes de canidés errants aux abords de la Vallée, là où se trouvaient les nécropoles et où ils venaient fouiller les déchets et, parfois, exhumer les corps.

Aussi jugea-t-on plus prudent de placer les défunts sous l’égide de cette divinité, afin d’en prévenir les ravages. Les canidés divins ont ainsi fait l’objet d’une vénération toute particulière, même si l’on ne retient, dans cette fonction funéraire, que le nom d’Anubis. A Abydos, Osiris avait finit par fusionner avec un hôte divin de cette nature : Khentymentiou, "Celui qui est en avant des Occidentaux" (les défunts). Du fait de leurs attributions similaires, Anubis et Osiris ont parfois été assimiles. Par la suite, il revient à Anubis un grand nombre de prérogatives funéraires.
Anubis, exerçant les fonctions de souverain des défunts, se vit doté d’un sceptre sekhem, ou d’un flagellum, marque d’autorité. Selon Plutarque, intègre au cycle osirien il fut chargé, par Isis, de confectionner la première momie à l’aide des membres épars d’Osiris.

L’ascendance du canidé divin n’est pas claire. D’une part, le papyrus Jumilhac le définit comme fils d’Osiris. Il est dit, d’autre part, "fils de la vache-Hesatî au même titre que le symbole imy-out auquel il est associé. Ce symbole est d’interprétation complexe : il s’agit assurément d’un fétiche, voire d’un trophée.

La dépouille d’un animal, visiblement décapité, est attachée à un poteau planté dans un pot. La peau ocellée rappelle celle d’un félin, tandis qu’elle semble présenter dans la partie fixée au poteau, des extrémités végétales. Le symbole, lié au culte d’Anubis, pourrait évoquer la victoire sur un ennemi dont il représenterait la dépouille.

Toujours est-il qu’attesté dans les chapelles d’Anubis, mais intègre, sous forme matérielle, au mobilier funéraire royal au Nouvel Empire, cet instrument est vraisemblablement un des attributs du dieu liés à la régénération. D’aucuns mettent cette peau en relation avec la nébride du papyrus Jumilhac, sac de peau contenant les reliques osiriennes en attente de momification.

Anubis est le gardien de la nécropole, et le protecteur de la tombe contre les forces du chaos : il est ainsi nommé "Maître de la nécropole", au sens large. Il apparaît sur le sceau de la nécropole royale, allongé au-dessus de neuf ennemis captifs, mais des bandelettes de momie tardives, le montrent comme le détenteur des clés de l’au-delà. De dieu-embaumeur, il devient un custode divin.

Doté de l’épithète tepy-dyou-ef, il est celui "qui se tient sur sa montagne", rappelant qu’il est le veilleur gardant le territoire des morts, tandis que sous son appellation de "seigneur de la tente d’embaumement", il est le responsable des soins apportes au défunt, et dont l’embaumeur remplit l’office.

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