Isis

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Isis est, dans le monde divin, l’image symbolique de la femme en tant que membre à part entière de la société, à la fois mère et épouse.

Fille de Nout et de Geb, elle est la soeur et l’épouse d’Osiris, ainsi que la mère d’Horus. Pour cette raison, elle apparaît symboliquement comme la mère du souverain qui n’est autre que l’Horus des vivants. C’est ainsi qu’elle allaite Thoutmôsis III dans la tombe de ce dernier, sous l’aspect d’un arbre animé pourvu d’une mamelle.
Son nom - représenté par un siège - est associé à la notion de trône de sorte qu’elle apparaît comme la protectrice de la royauté égyptienne. Le trône qui orne son chef peut être remplacé par des cornes lyriformes enserrant un disque solaire, coiffure habituelle d’Hathor mais aussi de bien des déesses égyptiennes. Bien que ses origines héliopolitaines soient attestées dès les Textes des Pyramides, elle semble avoir d’abord reçu un culte dans le Delta. Si ses divers aspects sont innombrables, Isis manifeste une prédilection à apparaître sous les traits d’un rapace trapu, interprété comme un milan ou un aigle pêcheur, mais elle peut revêtir l’apparence d’une vache, en tant que mère du taureau d’Apis. Elle peut être encore assimilée à la "grande truie blanche d’Héliopolis". Enfin, une Isis nubienne se manifeste sous la forme d’un scorpion.

Néanmoins, c’est dans son rôle d’épouse d’Osiris, qu’Isis est le mieux connue. Dévouée, elle recherche le corps de son époux Osiris, lors de deux quêtes successives. La seconde la conduira à rassembler les morceaux épars du corps d’Osiris, l’incitant ainsi à créer, à partir de ces derniers, la première momie, avec l’aide du dieu Anubis. Battant des ailes, elle procure au dieu une brise vivifiante. Par le moyen de la magie - domaine dans lequel elle est expert -, elle donne naissance à un fils posthume. Un relief du temple de Séthi Ier à Abydos ne laisse planer guère de doute au sujet de l’union de la déesse sous la forme d’un milan à son époux revivifié. Sous cette forme ou bien sous l’apparence d’une élégante jeune femme dotée d’ailes aux longues rémiges, elle ranime Osiris (ou bien dans un contexte funéraire, le pharaon ou le mort).

Isis cache sa grossesse, craignant la colère de Seth, enclin par nature à se débarrasser de cet héritier encombrant. Elle donne naissance à Horus dans un univers hostile et dangereux, de sorte qu’on faisait appel à elle pour protéger les nouveau-nés ou les enfants contre le venin du serpent ou de scorpion. D’innombrables statues de bronze de l’époque tardive montrent Isis allaitant son fils, image qui servit de modèle aux images de la Vierge en majesté.

Mais Isis est aussi et avant tout la " Grande en magie ". Cette magicienne hors pair, décidée à connaître le nom secret de pour avoir pouvoir sur lui, n’hésite pas à fabriquer un serpent magique à l’aide de terre et de la salive du Créateur. Piqué, celui-ci n’a d’autre choix, s’il désire recevoir un antidote, que d’accéder à la demande de la magicienne et lui livrer son nom. Isis est alors définie comme la "Maîtresse des dieux qui connaît par son propre nom". Elle partage cette connaissance avec son fils Horus et lui transmet ainsi un bien inestimable. Elle utilise parfois sa magie en sa faveur, quoique celle-ci puisse se retourner contre lui en avantageant Seth dans la lutte qui l’oppose à Horus. Néanmoins, l’intelligence de la déesse, sa magie et son obstination lui permettent finalement de faire valoir les droits de son fils.

Déesse nationale, Isis reçut un culte sur l’ensemble du territoire égyptien et même à Byblos. Son temple le plus important et le mieux conservé se trouve dans l’île de Philae, au sud d’Assouan et aux confins de la Nubie. Elle y veille sur l’Abaton de Biggeh où se trouve la tombe secrète d’Osiris, d’où émanent les lymphes du dieu pour donner naissance à la crue. Elle continua de recevoir un culte de la part des tribus nomades jusqu’au sixième siècle après J.C., à une époque où pourtant l’ensemble de l’Egypte était pourtant totalement christianisée. Associée à Hathor dont elle forme le volet social, épouse plutôt qu’amante, elle recevait un culte dans le sanctuaire de la déesse à Dendara.

Le temple d’Isis sur l’île de Philae

Son culte jouit d’une grande faveur en dehors du monde pharaonique. Les cultes isiaques - caractéristiques des religions à mystères - envahirent le monde hellénistique puis romain. Isis fit oublier la faveur manifestée à l’égard d’Osiris. Des lieux de culte lui furent élevés à Rome dont un énorme sanctuaire sur le Campo Martius. Un temple d’Isis est aussi attesté à Pompéï.
Apulée décrit dans ses Métamorphoses le rite d’une initiation au culte isiaque sans pour autant en livrer le dénouement. Entrant en concurrence avec le christianisme naissant, ce culte d’une déesse-mère fut, d’une certaine façon, intégré à ce dernier plutôt que combattu. La déesse n’était-elle pas définie comme "la mère de la nature entière, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des mânes, première entre les habitants du ciel, type unique des dieux et des déesses., les sommets lumineux du ciel, les souffles salutaires de la mer, les silences désolés des enfers".

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