L’art au Moyen Empire

, par  LECLANT Jean

Si le Moyen Empire est l’un des temps forts de l’histoire et de la civilisation égyptiennes et se trouve relativement bien connu, des découvertes restent possibles, même sur des sites aussi étudiés que Dahshour. Une mission de l’Institut archéologique allemand du Caire, dirigée par D. Arnold, qui poursuit des travaux dans le secteur du complexe pyramidal d’Amenemhat III (XIIe dynastie, vers 1800 av. J.-C.), a retrouvé dans la pyramide les caveaux de deux reines, mortes très jeunes ; l’une seulement était déjà attestée par les inscriptions ; bien que pillées dès la XIIIe dynastie, les deux tombes ont conservé de nombreux vestiges du riche mobilier funéraire : vases en albâtre, récipients en obsidienne, restes de bijoux, poteries.

Un système de corridors traverse des chambres de calcaire, qui, trop petites pour avoir servi de lieux d’inhumation, ont pu avoir des fonctions cultuelles ; l’une d’elles contenait un magnifique coffre à canopes en albâtre, ce qui laisse supposer la proximité d’une sépulture, peut-être une tombe annexe du pharaon, voire sa tombe du sud. Dans les affaissements et les divers dommages observés à l’intérieur de la pyramide, on pourrait trouver la raison de l’érection d’une seconde pyramide du roi à Hawara.

Vases canopes

Sur la côte de la mer Rouge, région longtemps dédaignée par les archéologues, une mission conjointe du Service des antiquités et de l’université d’Alexandrie a découvert au Ouadi Gasous un réservoir d’eau, qui contenait entre autres une stèle du roi Amenemhat Ier (XIIe dynastie, vers 1990-1960 av. J.-C.). Puis à Marsa Gausis, port connu à l’époque gréco-romaine sous le nom de Philotera, ont été mises au jour des stèles du Moyen Empire ; l’une est au nom d’Antekofer, vizir de Sésostris Ier (vers 1970-1920 av. J.-C.). Une chapelle et une stèle révèlent l’existence d’un certain Ankhou. Ces documents majeurs commémorent des expéditions vers Pount, le mystérieux pays de l’encens, dont la localisation exacte demeure une des énigmes de l’archéologie du nord-est de l’Afrique ; l’une groupait 3 200 hommes. Des ancres de calcaire inachevées et des pièces de bois travaillé indiquent que les navires utilisés étaient fabriqués sur les bords du Nil ; transportés en pièces détachées par les routes du désert, ils étaient assemblés sur le bord de la mer Rouge. Les expéditions commerciales vers le pays de Pount, que les reliefs du temple funéraire de la reine Hatshepsout ont rendu célèbres pour le Nouvel Empire, semblent ainsi avoir été organisées couramment dès le Moyen Empire

S’il est une période particulièrement mal connue de l’histoire pharaonique, c’est celle des Hyksos. Or, les fouilles menées à Tell el-Daba, au nord-est du delta, par la mission autrichienne de Manfred Bietak, sont d’une importance majeure ; ce secteur doit probablement être identifié avec Avaris, la capitale des Hyksos. Sous des niveaux appartenant à l’époque ramesside (XIXe et XXe dynasties), qui pourraient être les restes d’un quartier de la ville de Pi-Ramsès, dont un autre secteur se situerait non loin de là à Qantir, a été dégagé un « établissement » dont les vestiges se rattachent davantage au Bronze moyen de Syrie ou de Palestine qu’à la civilisation égyptienne. Des temples de type cananéen étaient consacrés à Seth-Baal et à sa parèdre Astarté.

Le matériel recueilli dans les nécropoles et les habitations dénote une population d’origine asiatique, apparemment égyptianisée. Sous ces vestiges cananéens, la mission a reconnu une couche d’incendie : ce sont les restes du Moyen Empire, au-dessus desquels s’était construite la cité Hyksos ; celle-ci prit une extension considérable durant la Deuxième Période intermédiaire. Un jambage de porte fragmentaire est orné de la titulature du roi Nehesy, souverain local, qui reçut l’épithète d’« aimé de Seth, maître d’Avaris ». Après la destruction de la ville au début du Nouvel Empire, l’absence de construction sur le site jusqu’à la fin de la XVIIIe dynastie semble plaider en faveur de l’identification avec Avaris, l’interdit ayant été jeté sur l’emplacement de la ville maudite.

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