Paneb

Paneb (décédé probablement en -1193) est un artisan peu scrupuleux du village d’ouvriers de Deir el-Médineh dont le nom a fait la chronique judiciaire à la XIXe dynastie. Il parvient au poste de chef des ouvriers après la mort violente de son prédécesseur Néferhotep ; il y est attesté pour la dernière fois en l’an 2 de Siptah, date de son licenciement.

Ses forfaits firent tant de bruit que, sous le règne de Ramsès III, son cas fut cité comme précédent juridique au cours d’un procès au sujet d’un vol de pierres dans la tombe d’un fils de Ramsès II.

Méfaits

Les premières mentions de Paneb apparaissent dans la plainte d’un certain Amonnakht dont le père était chef d’équipe et avait nommé son fils aîné Néferhotep pour lui succéder. Mais celui-ci fut assassiné dans des circonstances mystérieuses et ce décès impliquait que ce fût normalement Amonnakht qui héritât des fonctions de leur père puisque son aîné était mort sans enfant. Mais Paneb, soudoyant le vizir, déposséda Amonnakht et prit sa place.

Paneb s’étant assuré de la protection d’un personnage important de la communauté [1], il accomplit sereinement ses forfaits, se distinguant notamment par son caractère violent. Plusieurs dépositions font en effet état de violences répétées, la nuit, contre des ouvriers auxquels il jetait des pierres. Nombre de dépositions font également état de ses relations illicites avec des femmes, sans qu’on comprenne bien s’il s’agissait d’adultères ou carrément de viols. Le texte égyptien n’est pas explicite, sauf une fois :

« Il dépouilla Iyemouhaou de son habit et la jeta sur le faîte d’un mur et la força. »

Outre sa propension à la violence physique, Paneb était malhonnête et fut impliqué dans plusieurs affaires de détournement de biens, notamment en accaparant à son profit le travail des ouvriers, les obligeant à construire sa propre tombe au lieu de celle de Séthi II. Qui plus est, il préleva les pierres destinées à l’édification de la demeure d’éternité du pharaon pour sa propre sépulture. L’archéologie a permis de les retrouver dans la tombe de Paneb, la tombe thébaine TT211, creusée à même la falaise de Deir el-Médineh.

Profitant des troubles politiques provoqués par l’avènement de l’usurpateur Amenmes, destitué par Séthi II, il fait renvoyer le vizir qui voulait le sanctionner. Mais si aucun texte ne le dit clairement, il semble qu’il finit par être condamné par le vizir Hori. Sa célébrité le rattrapa sous le règne de Ramsès III une dizaine d’années plus tard, lors du procès d’un autre voleur :

« (...) Or vous avez vu l’attitude du vizir Hori au sujet du problème de l’enlèvement des pierres ; on dit « Le chef d’équipe Paneb a enlevé des pierres (...) ». Et Qenna le fils de Rout a agi très exactement de la même manière au sujet du couronnement de la tombe des enfants royaux du roi l’Osiris Ousermaâtrê-Sétepenrê [2]. Faites examiner ce que vous devrez leur faire. »

Sépulture

Sa tombe, TT211, est située à Deir el-Médineh, dans la vallée des nobles de la nécropole thébaine, sur la rive ouest du Nil, face à Louxor en Égypte.

Bibliographie

  • Jean Winand, « Le serment de Paneb et de son fils ; Papyrus Salt 124, Vo 1, 6-8 », Bulletin de la Société d’Égyptologie, no 15,‎ 1991, p. 107-113
  • Dans la masse des documents du Nouvel Empire, le papyrus Salt 124 constitue une pièce de choix pour l’analyse de la vie quotidienne à Deir el-Medineh. J. Winand revient sur la traduction du passage concernant le serment de Paneb et de son fils
  • (en) M. L. Bierbrier, « Notes on Deir el-Medina. II. The Career of Paneb », The Journal of the Society for the Study of Egyptian Antiquities, vol. 8, no 4,‎ 1978, p. 138-140 (ISSN 0383-9753)

Source : Wikipedia.org

[1Il réussit même à faire renvoyer le vizir qui l’avait condamné pour ses divers forfaits.

[2Nom de Nesout-bity de Ramsès II.

Navigation

AgendaTous les événements

novembre 2018 :

octobre 2018 | décembre 2018

Annonces

  • Le masque d’Anubis enfin disponible.

    Le masque d’Anubis est maintenant disponible en version ebook au format Kindle chez Amazon

    La Couverture

    La version papier est disponible sur Lulu.com

    Le pitch :

    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

Publications Derniers articles publiés

Brèves Toutes les brèves

  • Le plus vieux fromage du monde a été découvert dans un tombeau égyptien

    Les résidus d’un fromage vieux de 3.200 ans ont été découverts dans une tombe égyptienne. Dans sa composition, les chercheurs ont retrouvé les traces d’une bactérie causant la brucellose, une grave maladie très présente durant l’Antiquité.
    C’est en 2010 que tout a commencé lorsque des fouilles importantes ont été menées dans le tombeau de Ptahmes, maire de Memphis – alors capitale de l’Égypte antique. (...)

  • La mise en pli des momies égyptiennes

    Une substance grasse utilisée comme gel de coiffage a été découverte sur les cheveux de momies en Egypte.
    La momie de la reine Tiye, grand-mère de Toutankhamon, est un exemple de coiffure soignée emportée dans l’au-delà. (Chine nouvelle/Sipa)
    Embaumées, parées d’atours et d’attributs en fonction de leur rang social, les momies égyptiennes étaient aussi bien coiffées pour le voyage vers l’au-delà. (...)

  • Redécouverte d’un secret antique

    Deux chercheurs viennent de redécouvrir le grand secret de la cosmétique égyptienne, perdu depuis plusieurs millénaires. Christian Amatore et Philippe Walter (CNRS, ENS) ont en effet élucidé le rôle paradoxal du chlorure de plomb (un poison), retrouvé à l’état de traces au fond des vieux pots de fards et d’onguents - dont faisaient usages les Egyptiennes et les Egyptiens d’il y a 4000 ans. Ce chlorure de (...)

  • Autopsie d’une momie : la tuberculose a tué une Egyptienne il y a 2.600 ans

    Une dame de la haute société de l’Egypte des pharaons a succombé il y a 2.600 ans à la turberculose, a révélé une dernière autopsie de sa momie découverte au début du 19ème siècle, selon une étude parue mardi dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.
    Le cadavre de cette femme, découvert en 1819 dans la nécropole de Thèbes et embaumé dans un état de conservation exceptionnel, avait été (...)

  • 4e Rencontre des "Vendredis du CDAP" à Tunis

    L’histoire de la médecine arabe : un héritage glorieux
    Comment se fait-il qu’une civilisation si brillante dans le domaine de la science et de la médecine se soit brusquement dégradée ?
    Comment réagir face à cette citation : « Des chirurgiens arabes sont à l’origine de l’invention de la seringue dont l’éminent médecin andalou Abu al-Qasim Khalaf Ibn Abbas Al Zahrawi (Abulcassis) qui fut traumatologue, (...)