Memphis Explorations, fouilles archéologiques et principales découvertesxplorations, fouilles archéologiques et principales découvertes

Le site de Memphis est célèbre depuis l’Antiquité et est souvent mentionné dans les sources antiques en dehors des textes égyptiens eux-mêmes.

Les archives diplomatiques retrouvées sur différents sites ont conservé ainsi les correspondances des différents royaumes en relation avec le pays. On citera pour exemple les lettres d’Amarna, qui contiennent les échanges entre les souverains de Babylone ou des cités-royaumes du Liban avec la cour d’Amenhotep III et d’Akhenaton, les archives de Boğazkale, capitale de l’Empire hittite qui ont conservé les échanges diplomatiques entre les deux puissances à l’époque de Ramsès II, les stèles victorieuses des souverains de Napata qui donnent une description contextuelle de la cité, les proclamations victorieuses des rois d’Assyrie qui citent également l’antique capitale dans la liste de leurs conquêtes.
De l’Antiquité au Moyen Âge

Mais c’est à partir de la seconde moitié du premier millénaire avant notre ère que les mentions antiques se font de plus en plus fréquentes et détaillées notamment avec le développement du commerce grec et de la description des voyageurs qui suivirent les commerçants dans la découverte de l’Égypte d’alors, et notamment de l’antique cité de Memphis. Parmi ces principaux auteurs classiques on citera :

  • Hérodote qui visite et décrit les monuments de la ville lors de la première domination perse au Ve siècle avant notre ère ;
  • Diodore de Sicile, historien grec, qui visite le site au Ier siècle avant notre ère et donne également des informations sur la ville, recoupant celles d’Hérodote ou apportant des précisions nouvelles ;
  • Strabon, géographe grec, qui lors de la conquête romaine la fin du Ier siècle avant notre ère visite le site et en donne une description.

Par la suite la cité est souvent mentionnée par les autres auteurs latins ou grecs de l’Empire romain dont on a conservé les écrits, mais rarement ces mentions en donnent une description globale, se contentant d’apporter des précisions sur ses cultes, notamment celui de l’Apis, comme le feront par exemple Suétone et Ammien Marcellin. La période chrétienne qui s’ensuivit a plongé l’antique cité dans un oubli général avec l’abandon de ses cultes et la perte définitive de son rôle économique dans le pays, rôle par ailleurs largement entamé lors de la création d’Alexandrie quelques siècles plus tôt.

Il faudra attendre la prise du pays par les Arabes pour qu’une description de la cité réapparaisse mais cette fois en ruine. Parmi ces principales sources on citera :

  • Abdul al-Latif al-Baghdadi, célèbre géographe de Bagdad, qui au XIIIe siècle donne description des ruines du site lors de son voyage en Égypte ;
  • Ahmad al-Maqrîzî, historien égyptien au XIVe siècle, qui visite le site et le décrit également.

De la Renaissance au Siècle des Lumières

Avec la fin du Moyen Âge en Europe et à la suite des Croisades, la redécouverte du Moyen-Orient par des voyageurs occidentaux est relatée dans de nombreux ouvrages et l’Égypte est alors un passage presque obligé dans le voyage en Terre sainte que de nombreux pèlerins entreprennent.

Certains voyageurs en font une relation dans des ouvrages qu’ils publient et diffusent largement grâce à la mise au point récente de l’imprimerie. Memphis est alors perdue et les mentions de la cité dans les textes bibliques ne permettent pas d’en retrouver la trace. Se basant sur les écrits des auteurs classiques de l’Antiquité, certains voyageurs reprenant cette quête chercheront pourtant à identifier ses ruines.

C’est Jean de Thévenot qui le premier en 1652 lors de son voyage en Égypte identifie alors l’emplacement du site et de ses ruines comme le firent autrefois les auteurs arabes. Sa description est sommaire mais représente le premier pas vers les explorations qui verront le jour à la suite du siècle des Lumières et de l’invention de l’archéologie.

Le point de départ de cette grande aventure archéologique en Égypte reste l’Expédition d’Égypte de Bonaparte en 1798. Des recherches et relevés du site confirment l’identification de Thévenot et les premières vues de ses vestiges sont réalisées par les savants qui accompagnent alors les soldats français. Les résultats de ces premiers travaux scientifiques seront publiés dans la monumentale Description de l’Égypte avec une carte de la région, la première à donner l’emplacement de Memphis avec précision.

Le XIXe siècle et les premiers explorateurs

Dessin de Memphis, 1849
Extrait de Monuments from Egypt and Ethiopia to the drawings of the kings of Prussia, Friedrich Wilhelm IV to these countries sent by his Majesty and ausgefuhrten in the years 1842-1845.

La porte était ouverte vers des explorations de plus grande envergure qui se succéderont depuis le XIXe siècle à nos jours et qui seront réalisées par les principaux explorateurs, les premiers égyptologues puis les grandes institutions archéologiques qui se créèrent afin d’organiser des expéditions et surtout d’en publier les résultats. En voici une liste non exhaustive :

  • les premières fouilles du site sont réalisées par Giovanni Battista Caviglia et Sloane en 1820. Ils découvrent le [1], actuellement exposé dans le musée en plein air du site, et qui est toujours la pièce maîtresse de la visite du site de nos jours ;
  • Jean-François Champollion lors de son voyage en Égypte de 1828 à 1830 passe par Memphis, décrit le colosse découvert par Caviglia et Sloane, réalise quelques fouilles sur le site et déchiffre les cartouches et vestiges épigraphiques accessibles. Il promet d’y revenir avec davantage de moyens et plus de temps pour en étudier les vestiges de manière plus approfondie43. Sa mort brutale en 1832 ne lui permet pas de réaliser cette ambition ;
  • à sa suite Karl Richard Lepsius lors de l’expédition prussienne de 1842 fait un relevé rapide des vestiges du site et en donne une première carte détaillée qui servira de base à toutes les explorations et fouilles à venir (voir la carte ci-dessus).

L’Égypte d’alors, libérée du joug ottoman, en pleine évolution économique et à nouveau ouverte sur le monde, se construit et reprend peu à peu le contrôle de son avenir, même si elle reste encore dans l’orbe des grandes puissances coloniales de l’époque, notamment celle de la Grande-Bretagne. Ce protectorat a de profondes répercussions sur la croissance du pays et la mise en culture systématique de ses terres apporte de facto un lot de découvertes fortuites de vestiges archéologiques que les grands collectionneurs européens qui sillonnent le pays pour le compte des grands musées de Londres, Turin, Paris ou Berlin s’arrachent selon leur valeur et les intérêts esthétiques de l’époque. C’est lors d’une de ces mises en culture de terrain jusque-là en friche, que des paysans découvrent fortuitement en 1847 au Kom el-Dafbaby, près du village de Mit-Rahineh, des éléments d’un sanctuaire romain de Mithra.

De 1852 à 1854, Joseph Hekekyan, qui travaille alors pour le compte du gouvernement égyptien, effectue des sondages géologiques sur le site, et à cette occasion réalise de nombreuses découvertes, comme celles de talatates au Kom el-Khanzir (nord-est de l’enceinte du grand temple de Ptah). Ces pierres décorées de reliefs caractéristiques de l’époque amarnienne du Nouvel Empire proviennent de l’antique temple d’Aton de Memphis et ont certainement été réutilisées dans les fondations ou pour le pavement d’un autre monument aujourd’hui ruiné. Il découvre également le grand colosse de Ramsès II en granite rose.

Devant cette cascade de découvertes archéologiques et face au risque permanent de voir toutes ces richesses quitter définitivement le sol égyptien, un homme prend conscience de la nécessité de créer en Égypte même une institution chargée d’explorer et de conserver les trésors archéologiques du pays. Auguste Mariette, qui en 1850 vient de mettre au jour le Sérapéum de Saqqarah, crée le Service des antiquités égyptiennes et de 1850 à 1860 organise des fouilles à Memphis, mettant au jour les premiers vestiges du grand temple de Ptah, y découvrant notamment des statues royales de l’Ancien Empire. Il fait dégager le grand colosse en granite de Ramsès II et fait mettre à l’abri les principales découvertes réalisées45.

L’archéologie du XXe siècle

Memphis vers 1905-1910. Tropenmuseum.

Ce sont les fouilles d’envergure de l’égyptologue anglais Sir William Matthew Flinders Petrie de 1907 à 1912 qui signent les principales découvertes du site avec l’identification de la salle hypostyle du temple de Ptah et du pylône de Ramsès II, la découverte du grand sphinx en albâtre, deuxième pièce maîtresse du musée en plein air du site de Mit-Rahineh aujourd’hui, et la découverte de la grande enceinte nord et du palais d’Apriès. Il découvre également les vestiges du temple d’Amon de Siamon et du temple de Ptah de Mérenptah46. La Première Guerre mondiale interrompt ses travaux qui seront alors repris par d’autres expéditions pendant cette période et par la suite une succession de missions se sont appliquées à développer son œuvre et à en publier les résultats, mettant au jour d’autres vestiges de la cité et dégageant peu à peu quelques-uns des monuments oubliés de l’antique capitale.

En voici une liste non exhaustive qui donne ces principales découvertes :

  • de 1914 à 1921, la mission de l’université de Pennsylvanie fouille le temple de Ptah de Mérenptah et découvre au Kom el-Qala le palais de Mérenptah ;
  • en 1942, le Service des antiquités égyptiennes par l’égyptologue égyptien Ahmed Badawy découvre le petit temple de Ptah de Ramsès aimé d’Amon, dieu souverain d’Héliopolis ainsi que la chapelle de la tombe du prince Sheshonq et de son fils Takélot de la XXIIe dynastie ;
  • en 1950, l’égyptologue égyptien Labib Habachi découvre la chapelle de Séthi Ier pour le compte du Service des antiquités égyptiennes ;
  • en 1950 également, le gouvernement égyptien décide de transférer au Caire devant la gare principale de la ville, le grand colosse en granite rose de Ramsès II. La place prend à cette occasion le nom de Midân Ramsis. Le colosse a été récemment déménagé au Grand Musée égyptien à Gizeh ;
  • en 1954, c’est la découverte fortuite d’une nécropole du Moyen Empire au Kom el-Fakhri lors de travaux de voirie ;
  • de 1955 à 1957, Rudolph Anthes, pour le compte de l’Université de Philadelphie, fouilles et dégage le petit temple de Ptah de Ramsès aimé d’Amon, dieu souverain d’Héliopolis, met au jour la ouâbet d’Apis et des tables d’embaumement du taureau sacré ;
  • en 1969, découverte fortuite d’un chapiteau du petit temple d’Hathor ;
  • de 1970 à 1984, fouilles du Service des antiquités égyptiennes et dégagement du petit temple d’Hathor par Abdulla el-Sayed Mahmud, Huleil Ghaly puis Karim Abu Shanab ;
  • en 1980, fouilles complémentaires et études de l’American Research Center in Egypt de la ouâbet d’Apis ;
  • en 1982, l’égyptologue anglais Jaromir Málek étudie et enregistre les découvertes du petit temple de Ptah de Ramsès aimé d’Amon, dieu souverain d’Héliopolis ;
  • à partir de 1970 et de 1984 à 1990, fouilles de l’Egypt Exploration Society de Londres : fouilles complémentaires de la salle hypostyle et du pylône de Ramsès II et découverte de blocs de granite portant les annales du règne d’Amenemhat II ; fouilles au Kom el-Fakhri des tombes des grands prêtres de Ptah de la Troisième Période intermédiaire, exploration du Kom el-Rabia, identification et fouille de la ville et de la nécropole du Moyen Empire, recherches à l’ouest de Memphis du site de la cité de l’Ancien Empire, près de Saqqarah ;
  • fouille du Service des Antiquités égyptiennes au sud du Kom el-Qala et découverte d’un quartier d’habitation d’époque romaine ;
  • en 2003, reprise des fouilles du petit temple d’Hathor par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes (ex Service des antiquités égyptiennes) ;
  • en 2003, 1re campagne de fouilles de la mission russo-belge dans la grande enceinte nord de Memphis ;
  • en 2004, 2e campagne de fouilles de la mission russo-belge dans la grande enceinte nord de Memphis.

Protection du patrimoine

Memphis et sa région, qui comportent des ensembles funéraires avec leurs tombes rupestres, des mastabas, des temples et des pyramides, sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette inscription date de 1979.

Source : Wikipedia.org

[1Temple de Ptah (Memphis)#Le grand colosse de Ramsès II|grand colosse couché de Ramsès II

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