Les Stèles d’Horus

Stèle du Walters
Art Museum de Baltimore, Basse époque.

Les « Stèles d’Horus », aussi appelées « Cippes d’Horus », sont des pièces archéologiques de tailles variables (de 80 cm à moins de 5 cm) en pierre dure foncée (basalte ou schiste). Leur principale fonction est de protéger magiquement ou de guérir une personne qui a été atteinte par un animal venimeux, l’Égypte étant une contrée infestée par de nombreuses espèces de scorpions et de serpents. Les stèles se caractérisent par une représentation centrale du dieu Harpocrate, nu, vu de face et surmonté du masque hideux du nain Bès. Harpocrate est montré debout sur un ou plusieurs crocodiles. Dans ses mains, il tient des serpents, des lions, des gazelles et des scorpions. Selon la taille et la qualité des stèles, celles-ci étaient soit conservées dans les sanctuaires ou les habitations, soit transportées tels des talismans par des individus durant leurs voyages. Dès les origines de la civilisation égyptienne, les prêtres se sont préoccupés des possibles attaques des reptiles et insectes malfaisants. Dans les pyramides à textes, de nombreuses formules viennent ainsi en aide aux souverains défunts occupés à voyager dans l’au-delà. Les stèles d’Horus sont quant à elles attestées entre le Nouvel Empire et la période romaine et ont été trouvées sur une vaste zone qui dépasse largement les frontières de leur pays d’origine (Italie, Iraq, Liban, Soudan, Éthiopie). Les plus anciens exemplaires remontent à la XIXe dynastie et s’inspirent des stèles dédiées au dieu Shed, « Le Sauveur », que des habitants d’Amarna conservaient dans leur domicile. Quelque quatre-cents stèles d’Horus sont connues et conservées à travers le monde. Le Musée du Louvre en possède une quarantaine, dont la Statue guérisseuse de Padimahès (67 cm de haut) qui figure un prêtre debout, le vêtement couvert d’inscriptions et arborant dans ses mains une petite stèle horienne43.

Stéle d’Horus, Basse époque.
Musée national archéologique d’Athènes.

Parmi les pièces les plus considérables, la Stèle de Metternich est la plus fameuse avec ses deux-cent-quarante représentations et ses deux-cent-cinquante lignes de texte hiéroglyphique. Cet artéfact est à présent exposé au Metropolitan Museum of Art de New York et a été réalisé pour le compte du prêtre-médecin Nestoum sous le règne de Nectanébo Ier (XXXe dynastie). Le procédé d’utilisation de ces objets magiques est simple. Le guérisseur versait de l’eau sur la stèle ; en s’écoulant, le liquide se chargeait de la puissance magique des textes et dessins gravés et le praticien recueillait le liquide magique pour le donner à boire au patient tout en récitant les incantations les plus appropriées. Sur la plupart des exemplaires, le visage du jeune Horus est fortement érodé. De ce fait, il est probable que les patients se devaient aussi de toucher ou de caresser la divine face en signe de piété, de soumission et d’adoration.

Scène centrale de la Stèle de metternich.

Enfance menacée

L’efficacité magique des « Stèles d’Horus » repose sur la mention d’épisodes mythologiques qui mettent en scène le jeune Horus comme la victime des maléfices de son oncle Seth puis comme le bénéficiaire des pouvoirs bénéfiques de sa mère Isis. Dans les formules magiques gravées sur les stèles (ou inscrites sur les pages des grimoires tardifs), Horus est le modèle divin de l’enfant sauvé et sauveur, car en fin de compte invincible. Le guérisseur, en faisant revivre à son patient la maladie puis la guérison d’Horus, le place dans une situation archétypique où les dieux sont appelés à venir en aide à l’un des leurs plongé dans la détresse. Parmi toutes les stèles découvertes à ce jour, les inscriptions magiques gravées sur la Stèle de Metternich sont les plus remarquables. Le texte a été publié pour la première fois en 1877 par le Russe Vladimir Golenichtchev dans une traduction en langue allemande. Depuis lors, le document a été transposé à plusieurs reprises en langue française, notamment par les égyptologues Alexandre Moret (en 1915) et François Lexa (en 1925).

La stèle rapporte ainsi un épisode de l’enfance tumultueuse d’Horus. Après le meurtre d’Osiris, son épouse Isis cache son fils Horus dans les marais de Chemnis situés autour de la ville de Bouto. Le jeune dieu est en effet constamment sous la menace de son oncle Seth qui cherche à l’éliminer physiquement afin de mieux asseoir son pouvoir despotique sur le pays égyptien. Délaissé par sa mère occupée à trouver des moyens de subsistance, Horus est la victime d’une piqûre de scorpion. Le soir, Isis retrouve son fils inanimé proche de la mort. Désespérée, elle cherche de l’aide auprès des Égyptiens. Personne ne parvient à guérir la jeune victime mais les plaintes continuelles d’Isis font accourir Nephtys et Selkis. Cette dernière conseille aussitôt à la mère en détresse de faire appel à Rê. Ému par le désespoir d’Isis, le dieu solaire arrête sa course céleste, s’immobilise dans le ciel et envoie Thot auprès du jeune agonisant. Après de nombreuses paroles incantatoires, Thot réussit à évacuer le poison du corps d’Horus qui aussitôt revient à la vie. Cela fait, Thot ordonne aux habitants de Bouto de veiller constamment sur le jeune dieu en l’absence d’Isis. Il retourne ensuite auprès de Rê dans le ciel et annonce à son maître que la course solaire peut à présent se poursuivre normalement.

Source : Wikipedia.org

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