Les cultes locaux d’Horus

Le dieu Horus est omniprésent en Égypte. Sa présence est attestée dans toutes les villes et bourgades d’importance. Ses rôles sont multiples, défenseur du pays : protecteur des garnisons frontalières, protecteur des défunts et des momies, harponneur des démons et bêtes sauvages, etc.

Basse-Égypte

Thoutmosis IV en adoration devant le Sphinx en son nom de Horus de l’Horizon.

Le dieu Horus a été vénéré dans toutes les régions de l’Égypte pharaonique. Pratiquement chaque lieu de culte a disposé de sa propre forme horienne. En Basse-Égypte, à Athribis (Xe nome), le dieu crocodile Khentykhety est assimilé à Horus sous le nom de Hor-khentykhety (Hor-Khentekhaï). Il apparaît aussi sous l’apparence d’un homme à tête de taureau. Lorsqu’il est rapproché d’Osiris, son épithète est Hor-Ousir-kem-our « Horus-Osiris, grand taureau noir ».

À Chedenou (Horbeit) dans le XIXe nome, à partir de la XXVIe dynastie, un dieu céleste est vénéré sous le nom de Hormerty « Horus des deux yeux ». Ce dieu combatif défait Seth et Apophis en les massacrant.

Dans la région de Memphis, à Gizeh, la statue du Grand Sphinx a été l’objet d’un culte en tant que dieu à part entière sous le nom de Hor-em-Akhet (Harmakhis) c’est-à-dire « Horus dans l’Horizon ». Ce culte prend naissance dans les débuts de la XVIIIe dynastie sans doute après un désensablement entrepris sous Thoutmôsis IV. Cette action pieuse fut entreprise après un songe où le sphinx apparut au pharaon sous le nom de Harmakhis-Khépri-Rê-Atoum. La statue a aussi été désignée sous les noms de Houroun et Harmakhis-Houroun.

Haute-Égypte

Horus harponneur. Bas-relief du temple d’Edfou,
Période ptolémaïque.

En Haute-Égypte, à Aphroditopolis (Atfieh) dans le XXIIe nome, le faucon Hor-Medenou (Harmotès) apparaît en association avec la vache Hésat, le bélier Khnoum et Hathor, la déesse principale de la localité. Quelques inscriptions attestent de son existence à la période saïte. À partir de la XXXe dynastie et jusqu’au IIIe siècle de notre ère, son culte est très populaire dans le Fayoum et à Alexandrie.

Durant la période ptolémaïque, Hor-Nebsekhem ou Nebesekem, le faucon guerrier de Létopolis (capitale du IIe nome de Basse-Égypte), est aussi attesté dans le Sud, à Kôm Ombo et Panopolis (Akhmim). Son culte a perduré jusqu’au Ve siècle. Toujours à Panopolis (IXe nome), le jeune Horus élevé dans les marais est connu sous le nom de Hor-Khebty (Harkhebis) où il est rapproché d’Horus l’Ancien.

À Médamoud, près de Thèbes dans le IVe nome, le couple divin Montou et Râttaouy a pour enfant le jeune Harparê, « Horus le Soleil ». Ses plus anciennes attestations remontent au règne de Taharqa et les plus récentes à l’occupation romaine.

Dans la ville de Hebenou, capitale du XVIe nome, Hor neb Hebenou, « Horus seigneur de Hebenou », est représenté comme un homme hiéracocéphale assis sur un oryx. Cette gazelle blanche est l’emblème du nome et a été considérée comme un animal maléfique et séthien qu’il est nécessaire d’abattre rituellement pour se prémunir des dangers. D’après le mythe, cette ville fut le théâtre d’un grand combat entre Horus et Seth dont le dieu faucon sortit vainqueur.

Défenseur des frontières

En Basse-Égypte, à la lisière du désert Libyque, dans le IIIe nome et plus particulièrement à Kôm el-Hisn, était vénéré Hor-Thehenou « Horus de Libye ». Ce dieu est attesté dès la période thinite (les deux premières dynasties) où il est connu sous l’épithète de « Seigneur du sanctuaire de Basse-Égypte ». Ce dieu guerrier est le défenseur des frontières occidentales de l’Égypte. Sa contrepartie est le dieu faucon Hor Chesemty, « Horus de l’Orient ». Dans le XIIIe nome, ce dernier est assimilé à Horakhty et la déesse Chesmet (une forme locale de la lionne Sekhmet) lui est attribuée comme épouse divine. Hor Chesemty a aussi été rapproché du dieu faucon Sopdou vénéré dans le XXe nome situé à la frontière orientale du Delta.

En tant que défenseur, Horus apparaît à Létopolis sous les traits de Hor Manou « Horus de Manou ». À l’origine, Manou et Bakhou étaient des toponymes qui servaient à désigner les montagnes du désert occidental. Sous le Nouvel Empire, ces lieux sont devenus des contrées mythiques. En tant que synonyme de Libye, Manou est resté une contrée occidentale mais le terme Bakhou s’est déplacé vers l’orient. Ces deux montagnes ont alors servi à désigner les deux extrémités du parcours est-ouest du soleil104. Dans une scène cultuelle gravée à Edfou, le pharaon offre à Horbehedety le sigle hiéroglyphique de l’Horizon constitué par ces deux montagnes. En échange de cette offrande, le dieu accorde au souverain le trône, le palais royal et un long règne.

Dans les marécages du Delta est aussi attestée la présence de Hor-Meseny, « Horus de Mesen », ou Hor-Mesenou, « Horus le Harponneur ». Le terme Mesen est un toponyme qui sert à nommer un endroit où Horus a harponné un hippopotame, incarnation de Seth. Au moins trois villes ont porté le nom de Mesen : l’une à l’ouest, près de Bouto, une deuxième à l’est près d’El Qantara et une troisième, dans le centre mais de localisation inconnue. La deuxième Mesen a eu un grand rôle stratégique en défendant le pays des agressions asiatiques (forteresse de Tjarou). En cette localité, cet Horus apparaît sous les traits d’un féroce lion. À Edfou, il est assimilé à Horbehedety.

Horus le Harponneur dans sa barque.
Bas-relief du temple d’Edfou, période ptolémaïque.

Dieu guérisseur et exorciste

Dès les origines de la civilisation égyptienne, le dieu Horus est perçu comme une divinité capable de guérir les humains de leurs maladies. À partir de la Basse époque, cette fonction se manifeste surtout dans la personne du jeune Harpocrate et par le truchement des Stèles d’Horus (lire plus haut). Durant toute l’histoire égyptienne est attestée la forme divine de Hor-imy-chenout. La traduction de cette épithète pose problème et plusieurs solutions ont été proposées : « Horus des cordes », « Horus de la ville des cordes », « Horus lié par les cordes ». Le terme cheni signifie « exorciser » et le chenou est une sorte de médecin-guérisseur, un exorciste chargé d’éloigner les mauvais esprits et les morts dangereux. Dans la Maison de vie, Horus est le « Prince des Livres », l’assistant de Thot. D’après un papyrus magique de l’époque ramesside, cet Horus se débarrasse de ses ennemis en les grillant dans un brasier. Il peut apparaître sous les divers traits, par exemple comme un crocodile à tête de faucon96.

Lors de la momification des corps, la puissance divine d’Horus est invoquée par les prêtres embaumeurs afin de garantir la pérennité des chairs. Dans le rituel, Horus neb Hebenou offre au défunt des étoffes et des linges funéraires qui, telle une armure, le protégeront du tumulte guerrier fomenté par ses ennemis séthiens. Horbehedety apporte lui aussi des étoffes mais dans le but de garantir les offrandes funéraires. Hormerty traîne quant à lui un filet de pêche afin de rassembler et capturer la cohorte maléfique des ennemis. Horhekenou, « Horus de l’onguent », adoré à Bubastis, symbolise la chaleur brûlante du soleil. Lui aussi pourchasse les démons susceptibles de s’en prendre aux momies.

Source : Wikipedia.org

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