Assouan

, par  Jean-Luc
Statue monumentale abandonné dans les carrières d’Assouan

Assouan ou Syène en grec était appelé Soun par les Egyptiens. Soun était le faubourg commercial d’Eléphantine, le lieu ou arrivait tous les produits de la Nubie, débarqué à hauteur de l’île de Philae pour contourner par voie terrestre la première cataracte, protégé par des murailles renforcées à l’époque romaine par la présence de garnisons.

Si le nom du site apparaît souvent dans les papyrus et sur les murs des tombes et des temples, les vestiges existants sont plutôt rares sur le terrain. On ne connaît par exemple qu’un petit temple consacré à Isis par Ptolémée III Evergète, censé être responsable de la prospérité de la cité et renforçant la présence divine déjà vénérée sur l’île de Philae.

On trouvait au sud de la ville des carrières de granit gris et rose d’où étaient extraits par exemple les fameux obélisques. C’est ces carrières plus que le commerce avec la Nubie qui enrichirent la ville car tous les pharaons commandèrent qui un obélisque, qui des monolithes pour orner leurs temples ou leurs palais, sans oublier les sarcophages royaux ou ceux des hauts dignitaires du régime. L’un de ces obélisque, long de 36m gît toujours inachevé dans sa gaine de granit au cœur des carrières. Une fissure ayant interrompu les travaux avant leur terme. Mais bien d’autres obélisques quittèrent les berges d’Assouan pour participer à la magie des temples égyptiens, puis de la gagner les quatre coins du globe et célébrer à tout jamais la gloire de Pharaon dans l’éternité.

De nos jours Assouan évoque plutôt le haut barrage, l’œuvre pharaonique elle aussi de Nasser et son gigantesque lac artificiel sous lequel repose à jamais l’ancienne Nubie.

Assouan vue du Nil

Climat

Assouan bénéficie d’un climat propre au domaine hyper-aride avec des précipitations annuelles nulles. Les températures connaissent d’importantes variations diurnes et saisonnières. En hiver les nuits sont fraîches tandis qu’en été la chaleur est torride dans la journée.

Économie

L’une des richesses d’Assouan venait du Nil qui fournissait, outre ses sédiments, son poisson, avant que le barrage d’Assouan ne perturbe l’écologie du fleuve.

Une autre des richesses d’Assouan dès l’Antiquité fut l’exploitation des carrières de granit, qui pouvait être transporté par le Nil. L’obélisque inachevé en est un vestige.

Assouan possède un aéroport (code AITA : ASW).

Tourisme

La ville tire une bonne partie de son activité économique du tourisme, notamment des croisières sur le fleuve depuis Louxor ou sur le lac Nasser.

C’était la ville préférée de François Mitterrand qui y passait Noël chaque année. La légende veut que ce soit dans cette ville — dont il appréciait la « sérénité » — qu’il ait pris la décision de se représenter à l’élection présidentielle de 19883. Le président français séjournait au Old Cataract, palais royal reconverti en hôtel de luxe, situé en face des ruines des temples de l’île Éléphantine et à proximité du musée de la Nubie. Il y passa son dernier réveillon du nouvel an, en 1995. Winston Churchill séjourna également dans ces murs. Ce même hôtel reçut la visite d’Agatha Christie, qui y écrivit une partie de son roman Mort sur le Nil, et dont l’adaptation cinématographique fut tournée sur les lieux. L’écrivain en donne la description suivante dans son roman :

« Le fleuve offrait un aspect sauvage. Des deux côtés, des masses rocheuses, dénudées, descendaient jusqu’au bord de l’eau. Çà et là, quelques vestiges d’habitations abandonnées et minées par les inondations. Panorama mélancolique, presque sinistre. »

L’écrivain Amelia Edwards, dans A Thousand Miles Up the Nile (1877), décrit les berges du fleuve où elle a vu « de grands paquets de peau de lion et de léopard, des balles de coton, des sacs de feuilles de henné et des défenses d’éléphants ». Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp y commencent leur voyage en Égypte. L’écrivain et photographe Hervé Guibert consacrera à la ville une partie de son récit de voyage Lettres d’Égypte : du Caire à Assouan [1].

Culture

Porte du royaume de Nubie, l’ancienne Syène renoue depuis quelques années avec cette culture. Le musée de la Nubie, inauguré en 1997, accueille les vestiges d’une civilisation dont les terres ont été englouties par le lac Nasser. Il s’attache à présenter ses aspects anthropologiques et sociaux, tout en exposant des statues et des objets pharaoniques sauvés des eaux.

Sport

La ville possède une équipe de football, l’Assouan Sporting Club.

Divers

Sous le nom de Zzuéné ou Zzeuene, c’était le dernier article de l’Encyclopédie de Denis Diderot et Jean d’Alembert.

Source : Wikipedia.org

[1Hervé Guibert et Hans Georg Berger, Lettres d’Égypte : du Caire à Assouan, Arles, Actes Sud, 1995

Navigation

AgendaTous les événements

juillet 2020 :

Rien pour ce mois

juin 2020 | août 2020

Annonces

  • Le masque d’Anubis enfin disponible.

    Le masque d’Anubis est maintenant disponible en version ebook au format Kindle chez Amazon

    La Couverture

    La version papier est disponible sur Lulu.com

    Le pitch :

    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

Brèves Toutes les brèves