Né au alentour de 365 Av J.C., mort environ en 282 Av J.C.), général d’Alexandre le Grand, satrape ( 323- 305) puis Pharaon d’Égypte d’Égypte ( 305- 282), Ptolémée Ier Sôter, fils de Lagos, est le fondateur de la dynastie macédonienne des Ptolémées, ou Lagides, qui gouverne l’Égypte jusqu’à la conquête romaine (août 30). L’un des sept somatophylaques ("gardes de corps") d’Alexandre le Grand, il devient un de ses diadoques après la mort d’Alexandre ( 323) ; il prend alors, en tant que satrape, le pouvoir en Égypte, écartant Cléomène de Naucratis qui a réussi à accaparer le gouvernement de cette province de l’empire des Achéménides, conquise par Alexandre ( 332). Maître de l’Égypte, il s’empare aussi de la Cyrénaïque ( 322) et octroie à Cyrène, vraisemblablement vers la fin de 321, une "charte" (diagramma ), connue par une inscription publiée en 1925. Rattachée à l’Égypte sous le protectorat des Lagides, Cyrène fournira à ceux-ci de nombreux soldats, tout en leur causant parfois quelques soucis ; elle donnera aussi à l’Égypte le poète Callimaque et le géographe Ératosthène. En 321, Ptolémée défait Perdiccas, un autre général d’Alexandre et régent de son empire depuis 323. L’assassinat de Perdiccas donne l’occasion aux diadoques de signer un accord ( 321) : Ptolémée refuse prudemment la régence, obtenant en revanche la reconnaissance de ses droits sur l’Égypte et la Cyrénaïque ; le pacte est scellé par le mariage de Ptolémée avec Euridice, fille d’Antipater, nouveau régent de l’empire. Mais les guerres entre les diadoques reprennent dès la mort d’Antipater, deux ans après la conclusion de l’accord, et se poursuivent pendant quarante ans.
Elles permettent à Ptolémée d’annexer la Palestine et la Cœlésyrie, d’occuper Chypre, diverses îles de la mer Égée, plusieurs cités en Crète et quelques-unes en Asie Mineure, conquêtes qui seront de durée variable. En novembre 305, suivant l’exemple d’Antigonos le Borgne, gouverneur d’Asie Mineure qui prétend réunir sous son autorité l’empire d’Alexandre et se proclame roi, Ptolémée prend le titre royal (basileus ) ; le surnom Sôter ("Sauveur"), qui lui est donné pour la première fois par les Rhodiens, n’est qu’une épithète cultuelle ; Ptolémée lui-même ne s’en est jamais servi. Il se joint à la coalition des diadoques contre Antigonos, mais est absent à la bataille d’Ipsos ( 301) qui se termine par la défaite et la mort d’Antigonos, et aboutit à la dislocation définitive de l’empire d’Alexandre. Ptolémée associe au pouvoir royal son fils cadet, futur Ptolémée II, au détriment de l’aîné, Ptolémée Céraunos, qu’il écarte au début de 284. Ils régneront ensemble pendant environ deux ans, jusqu’à la mort de Ptolémée Ier survenue au cours de la première moitié de 282. Ptolémée Ier a mis en place une administration nouvelle, alliant l’héritage de la tradition locale au rationalisme grec ; elle sera perfectionnée par Ptolémée II. L’Égypte ptolémaïque lui doit également la fondation d’une cité grecque dans la Thébaïde, Ptolémaïs, la propagation dans les milieux grecs du culte de Sarapis, ainsi que l’initiative de deux grands établissements qui feront la gloire de la civilisation hellénistique : le Musée et la Bibliothèque d’Alexandrie. Il passe aussi pour avoir écrit la meilleure Histoire d’Alexandre dont s’inspirera largement Arrien dans son Anabase , au début du IIe siècle.