Neith

La déesse égyptienne Neith, identifiée par les Grecs à Athéna, était la déesse de la ville de Saïs dans le delta occidental. L’arc et la flèche lui sont attribués. Déesse-mère, elle est parfois regardée comme créatrice du monde ; elle est alors assimilée à la vache qui mit au monde le démiurge. Déesse de la couronne rouge, couronne du delta, elle a un aspect guerrier qui a été utilisé par les Égyptiens pour se protéger des génies, émissaires qu’elle éloigne grâce à ses flèches. Sa théologie complexe fait d’elle à la fois la protectrice du désert et des vases canopes, la mère de Chou et de Tefnout, ainsi que celle de Sobek. Océan primordial, Neith, en vertu d’un jeu de mot sur son nom, est à la fois mâle et femelle. Enfin, elle est aussi la déesse du tissage et des onguents. Sa faveur fut particulièrement grande sous la XXVIe dynastie, en raison de l’ascension des princes de Saïs.

Origines

Son nom et son culte sont attestés dès les débuts de l’histoire du pays grâce à des témoignages des rois des premières dynasties qui effectuèrent des visites régulières à son sanctuaire de Saïs, pèlerinages qui semblent avoir une signification particulières dans les rites liés au couronnement du souverain ou encore à son jubilé.

Relief du temple de Louxor représentant la déesse Neith, maîtresse de Saïs

Représentations et hypostases

Sur les parois des temples et des tombeaux, elle est représentée sous les traits d’une femme portant la couronne rouge (symbole de la Haute-Égypte) et, avec la déesse Ouadjit de Bouto, elle est l’une des gardiennes de cette coiffe royale.

C’est également coiffée de la couronne de Basse-Égypte qu’elle est représentée debout munie d’un arc et de flèches, affichant un caractère guerrier. Elle avait pour emblème deux flèches entrecroisées sur un bouclier. On l’associe ainsi aux victoires militaires du pharaon. C’est sous cet aspect que les grecs l’assimilèrent plus tard à leur déesse Athéna.

Elle est également représentée sous la forme d’une déesse portant sur sa coiffe le symbole que l’on retrouve dans son nom et qui est parfois placé à la verticale parfois à l’horizontale, symbole ovoïde représentant la navette que les tisserands égyptiens utilisaient dans leurs métiers. Elle personnifie ainsi la protectrice de tous ceux qui travaillaient et produisaient les tissus, étoffes et bandelettes nécessaires pour les rites de momification.

Hérodote signale un culte rendu à la déesse sous la forme d’une vache couchée la tête dorée et portant un disque d’or entre ses cornes. Comme beaucoup de déesse égyptienne Neith pouvait être assimilée à Hathor, la grande vache céleste qui supporte sur son dos la course du dieu solaire .

Statuette en bronze de la déesse Neith - Musée du Louvre

Développement du culte

Dans un tout autre registre, elle est également une déesse primordiale et créatrice asexuée ou androgyne faisant ainsi partie du cercle très restreint des démiurges du panthéon égyptien. Dans ce rôle, elle est fécondée par le Verbe et engendre le Soleil. Elle tisse le monde et en fixe les limites avec sept tissus, puis elle crée les sept paroles justes qui la font maîtresse de l’univers. Elle est mère de Sobek qui engendre au matin et le dévore au soir.

Elle fait aussi partie du mythe osirien en tant que la « Grande de sagesse » qui jugea le combat entre Seth et Horus et proposa au tribunal divin que Horus devienne roi du monde végétal et Seth du désertique, mais pour ne pas favoriser Horus elle offre à Seth les déesses étrangères.

Une de ses fonctions à dater du Nouvel Empire est de protéger les viscères du roi en compagnie d’Isis, de Serket et de Nephthys. Elle est en charge du vase canope contenant l’estomac du défunt. Placé à l’est, il était fermé par un bouchon représentant le génie Douamoutef à tête de chacal. Par la suite elle est parfois considérée comme l’épouse de Khnoum ou, dans le Fayoum, et en tant que parèdre de Seth elle est la mère de Sobek. Elle est aussi parfois assimilée à la déesse Nout, la voûte céleste.

 l’époque gréco-romaine elle sera assimilée à Isis et par ce biais transmettra une partie de son caractère de démiurge à la divinité égyptienne dont le culte se répandra dans tout l’Empire se confondant avec celui de la grande déesse Cybèle.

Lieux de cultes principaux

Son culte culmina aux alentours de la XXVIe dynastie (VIIe siècle avant notre ère) dont les pharaons sont originaires de Saïs. À dater de cette époque son clergé devient aussi puissant que celui d’autres dieux célèbres et son grand temple du delta est réputé avoir l’une des bibliothèques les plus riches du pays ainsi qu’une école de médecine célèbre dans tout le pays. On retrouve le culte de Neith dans les grands centres religieux suivants :

- Saïs dont elle est la déesse principale et qui est son lieu de culte principal et où elle est à l’origine du monde.
- Memphis où elle reçoit un culte sous l’appellation de Neith au nord du Mur et est associée à la cosmogonie parfois considérée comme la contrepartie féminine du dieu Ptah, dieu créateur qui par le Verbe donne naissance à toute chose.
- Esna où elle intervient au sein d’une cosmogonie complexe et remplie le rôle de parèdre du dieu Khnoum, dieu créateur qui forme le corps des hommes sur son tour de potier divin.

Neith reçoit également un culte dans la ville de l’oasis occidentale de Kellis l’actuelle Ismant el-Kharab dans l’oasis de Khargeh, où elle partage un sanctuaire avec la déesse Tapsaïs à l’époque romaine.

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