L’art égyptien à la basse époque (de 1070 av. J.-C. à notre ère)

Époque troublée par des luttes intérieures et de nombreux changements de dynasties, appauvrie par les invasions étrangères : Assyriens, Perses, notamment, précédant les Ptolémées et les Césars – mais qui développa des formes d’art très caractéristiques.

Architecture

C’est sous les Nectanébo, derniers souverains indigènes (XXXe dyn.), que renaît la grande tradition architecturale ; dans l’architecture funéraire privée apparaissent les chapelles en forme de temples (tombeau de Pétosiris, à Tounah). Mais ce sont les temples ptolémaïques et romains de Philae, d’Edfou (130 m de côté, 65 m de façade), de Karnak et de Denderah qui sont les derniers grands monuments des Égyptiens : bâtis sur plan traditionnel, mais avec quelques innovations (murs d’entre-colonnement entre les supports du pronaos, chapiteaux végétaux composites) ; le complexe de Philae comprend cinq temples : l’élégant « kiosque » de Trajan est une adaptation originale des édifices périptères du Moyen et du Nouvel Empire.

Statuaire

À partir de la XXVe dynastie, d’origine éthiopienne, l’Égypte connaît une renaissance artistique. Un courant réaliste envahit les ateliers royaux, qui s’appliquent à traduire les particularités physiques des nouveaux souverains et des grands fonctionnaires : leurs traits négroïdes, leur vigueur parfois brutale apparaissent avec vérité (voir, notamment, les portraits de Taharka : Le Caire, Leningrad, Merawi [Soudan]) et les statues du gouverneur de Thèbes, Montouemhat (Le Caire). Dans le même esprit soucieux de vérité, nous devons aux sculpteurs de la XXVIe dynastie (qui expulsa les Éthiopiens et les Assyriens - capitale : Saïs) toute une série de statues de prêtres aux visages admirables : l’originalité de l’expression, l’étude très poussée de l’anatomie de la face témoignent d’une parfaite connaissance du « modèle » et d’une grande virtuosité technique (Boston, Berlin, Louvre). Noter aussi le goût caractéristique pour certains matériaux : basalte ou brèches, pierres noires et dures, permettant un beau poli ; le bronze est couramment employé pour les nombreuses figurines votives des temples. En opposition avec l’école réaliste, d’autres artistes créèrent un type humain conventionnel où, dans le traitement du corps, tout est arrondi et fondu, le visage idéalisé présentant ce sourire figé dont le type sera durable jusque sous les Ptolémées (Nekhtorheb, Louvre).

Arts graphiques

La grande tradition murale de la peinture se perd, avec l’emploi de supports plus petits (stèles de bois, gaines de momies). En revanche, le bas-relief prospère ; souverains saïtes, Ptolémées, Césars furent bâtisseurs de grands temples dont toutes les parois sont incisées de reliefs, qui se rattachent, par leur style, à l’école idéaliste : molle anatomie du corps, boursouflés à l’époque romaine, visages conventionnels.

L’architecture funéraire privée offre des tableaux plus intéressants : reprise des thèmes traditionnels depuis l’Ancien Empire (moisson, concert...) avec des éléments novateurs (noter le manteau macédonien du seigneur écoutant un joueur de harpe [Berlin], celle-ci, trigone, d’origine asiatique, le coq qui participe à la scène ayant été importé par les Perses).

Mais, bientôt, rien qu’à voir le vestibule du tombeau de Pétosiris, on devine une influence de l’art grec : si les principes du graphisme égyptien demeurent, les thèmes s’hellénisent (Réunion de la famille autour du tombeau à l’occasion d’un sacrifice offert au mort héroïsé - Offrande d’un éléphant ) et le style même (Jeune Homme nu du tableau des vignerons - Jeune Femme au coq ). Influence peu durable. Statues romaines plus vigoureuses, mais oeuvres bâtardes, fruit de l’application de principes qui bientôt vont perdre leur raison même d’exister.

Arts mineurs

On a retrouvé des masques royaux précieux (voir le masque d’or du roi Sheshank, à Tanis). Mais objets de toilette, bijoux dégénèrent lentement à partir de la XXVe dynastie.

Art profondément national, d’essence religieuse, l’art égyptien ne pouvait se concilier avec d’autres expressions artistiques, et il ne put survivre au christianisme copte. « L’art égyptien a pour point de départ des intentions utilitaires, pour mission la défense de certains intérêts liés au système politique et social de la monarchie pharaonique et, surtout, à ses croyances religieuses. Détruisez ces croyances, ruinez ce système, tout l’édifice de la symbolique décorative perd sa raison d’être, les architectes, les sculpteurs et les peintres n’ont plus qu’à fermer leurs ateliers ou à changer de style. Ainsi la grammaire élaborée avec tant de science et de goût par les artistes qui rendaient hommage à Amon-Rê ou à Osiris cessa d’être en usage quand ces dieux perdirent leurs derniers fidèles. Inutile, parce qu’inassimilable sur le plan du dogme au moins autant que sur celui de l’art, elle n’a rien transmis de ses secrets aux hommes qui, dans l’Égypte nouvellement convertie, élevèrent et décorèrent les premières églises » (J. Sainte Fare Garnot).

Exemple d’art Copte

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