Bouhen

, par  Jean-Luc

La citadelle de Bouhen

Elevée sur le site du Ouadi Halfa, la citadelle protégeait la partie navigable du Nil au nord de la Deuxième Cataracte. Elle constituait le centre administratif de cette région fortifiée. Les marchandises venues du pays de Ouaouat devaient être débarquées en amont de la citadelle en un lieu nommé aujourd’hui Batn el-Haggar [1], et porté à dos d’ânes pour franchir à pieds secs la cataracte. Elles étaient ensuite rechargées sur d’autres navires pour gagner le Nord. Bouhen n’était dons pas seulement une place forte militaire mais aussi un poste d’échange et de vente d’une grande importance pour l’économie du Double Pays.

Vestiges de la citadelle, fortifications face au désert libyen

La surface de la forteresse était sensiblement rectangulaire, elle mesurait 106 800 m². Les remparts extérieur devaient atteindre une hauteur de 11 mètres pour une épaisseur d’environ 5 mètres. La muraille était surmonté de tours crénelées saillantes de forme carré. A la base un rempart pavé de briques et protégé par un parapet dominait un fossé de 8 mètres 40 de large sur r 6 mètre 50 de profondeur. La contrescarpe était surmontée d’un chemin étroit pavé de briques. Les tourelles supérieures possédaient des meurtrières permettant de tirer des flèches suivant trois directions différentes. L’impressionnante porte fortifié de l’ouest était construite en "barbacane" ; deux sections intérieures assuraient une sécurité exemplaire pour l’époque, renforcée par un pont-levis.

Reconstitution de la porte occidentale(W. Emery).
Plan de la citadelle de Bouhen

Le temple nord de Bouhen

On trouve très peu de temple dédié à la Grande Isis en Egypte au début du Nouvel Empire. Par contre le premier sanctuaire que l’on rencontre en pays Ouaouat a été consacré à la mère divine, patronne de la Nubie par Ahmosis au début de la XVIIIem dynastie.

Ce fait est attesté par une des rares images conservées sur un montant d’une porte du temple qui représente Ahmosis et son mère Ahhotep [2]. C’est la une attention que nul autre Pharaon ne reprit sur les murs des temples jusqu’à Aménophis III. Plus tard Ramsès II étendra cet hommage aux principales femmes de la famille royale.

Le sanctuaire a été reconstruit en grande partie par Aménophis II. Il est orienté vers l’est. Il comprend une avant-cour, une cour, une vestibule et un Naos flanqué de deux chapelles latérales. C’est un plan classique pour un bâtiment de culte dont on retrouvera les éléments essentiels dans la fondation d’Amada. Il fut vraisemblablement élevé sur les ruines d’un sanctuaire datant de Sésostris Ier.

Le temple sud de Bouhen

Dédié à Horus, ce temple a lui aussi été édifié sur les fondations d’un bâtiment datant du Moyen Empire. Il s’élève sur une éminence artificielle, présentant un plan particulièrement harmonieux. C’est un petit édifice par rapport au temple nord possédant des colonnes protodoriques. Une grande cour bordée de colonnes donne accès au corps du bâtiment composé de trois chapelles tout en longueur dont celle qui occupe le centre communique avec le salle situé sur le flanc sud qui donne accès à une cinquième salle qui occupe tout le fond de l’édifice.

Plan de Bouhen sud

On pense que l’on doit ce temple à Senenmout, grand architecte d’Hatchepsout qui consacra ce sanctuaire à l’Horus de Bouhen, forme locale du soleil, incarné par la "pharaone". On retrouve dans les formes de ce temple la préférence pour les colonnades légères et harmonieuses des constructeurs de Deir el-Bahari.

Le décor mural a été semble-t-il, repris ou complété par Thoutmosis II et Thoutmosis III mais les fresques des murs extérieurs nord et sud montrent une convergence entre les offrandes et le culte exercé par Thoutmosis II, son épouse et le successeur d’Hatchepsout. On retrouve aussi ce parallélisme entre Thoutmosis III et Aménophis II sur le site d’Amada..

L’Horus de Bouhen est représenté sur les murs entouré d’un cour divine ou apparaissent Amon-Ré, Isis, Isis-Selkis, Anouket, Satet, Thot, Monthou, la triade Isis-Osiris-Horus, Neith, Séshat, le bélier de Mendès et la déesse Miket.

On peut voir sur les murs, les traditionnelles scènes d’offrande au dieux dont l’apport d’un taureau et de deux vaches à l’Horus de Bouhen, l’offrande de la "clepsydre" à la déesse Miket et l’offrande du temple lui-même par Thoutmosis III et son Ka.

Y figure aussi Hatchepsout d’abord représenté dans les bras d’un dieu, puis introduite dans le temple par les dieux et déesses. Cette image fut remplacé par la suite par celle de Thoutmosis II.

Sur le mur extérieur sud est représenté la course de Thoutmosis II avec rame et Hep devant Neïth et celle d’Hatchepsout tenant un vase hes qu’elle présente à Satet. Cette image a été remplacé par celle de Thoutmosis Ier.

Sur les murs de la salle centrale est représenté Thoutmosis II devant le socle de la barque sacrée, image malheureusement très détériorée.

Le temple est orienté approximativement vers le sud. On peut noter la présence d’un défile de génies de l’Inondation porteurs de leur table d’offrandes.

Source : Le secret des temples de la Nubie par Christiane Desroches Noblecourt, éditions Stock/Pernoud ©1999

[1ventre de pierre

[2Voir à ce sujet la trilogie de Christian Jacq : Ahhotep, la reine liberté

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