La fête Sed La renaissance de Pharaon

La fête Sed se déroulait en principe au cours de la trentième année du règne de Pharaon. Cette cérémonie donnait au roi vieillissant un regain de puissance, de force physique et spirituelle. Elle pouvait ensuite être renouvelée, à intervalles plus ou moins rapprochés, autant de fois que le souverain le jugeait nécessaire.

Monarque d’essence divine, Pharaon a été couronné selon un rituel très strict qui confirme sa toute-puissance et l’intronise fils de . Chaque année était célébré l’anniversaire du couronnement, lequel était renouvelé, - avec de nouveaux rites - à l’occasion du jubilé, la fête Sed ou Heb Sed.

Cette cérémonie se déroulait en principe après trente ans de règne. Mais, pour réaffirmer leur puissance, certains souverains l’ont célébrée avant d’avoir passé ce laps de temps sur le trône.

Pharaon retrouve force et puissance

Les cérémonies de la fête Sed avaientt pour objet d’assurer au roi l’assentiment des forces divines et de soumettre à son pouvoir le pays tout entier. Elles le confirmaient dans sa fonction d’intermédiaire entre ses sujets et les dieux, et lui apportaient un surcroît d’autorité, de gloire et de prospérité. La fête avait également un caractère magique. A cette occasion, le souverain vieillissant retrouvait sa jeunesse, sa force et sa vigueur. C’était pour lui une renaissance symbolique.

Comme celle du couronnement, cette fête royale trouve ses origines en des temps reculés de la préhistoire. En effet, elle remonte au moins au troisième millénaire avant Jésus-Christ.

Des bas-reliefs retrouvés dans le temple funéraire de Rathurès (Ve dynastie héliopolitaine, vers 2510-2460 avant Jésus-Christ) ou, à Bubastis, dans le temple d’Osorkon 1er (XXII em dynastie, vers 945-715 avant Jésus-Christ) illustrent le déroulement des solennités de la fête Sed.

A l’occasion de ces fastueuses célébrations, on édifiait quatre pavillons (les « maisons de millions d’années ») aux escaliers orientés vers les quatre points cardinaux. Le roi y est représenté assis, coiffé de la double couronne.

Erection du pillier Djed, symbole de stabilité et de continuité

Les cérémonies du jubilé étaient organisées à Memphis, qui était aussi la ville où étaient couronnés les Pharaons. Elles se déroulaient suivant une mise en scène complexe, entre une cour et deux salles, en présence d’une large assistance composée de nombreux dieux et d’une foule de sujets venus de toutes les régions du pays. Les solennités commencaient le premier jour de la saison de pert (la germination), durant laquelle, les eaux du Nil s’étant retirées, les terres émergaient de nouveau. Comme pour le couronnement, la date était déterminée en fonction de la périodicité éternelle qui régit la bonne marche du monde.

Pharaon acquiert des années...par millions !

Le matin de la fête, le souverain est identifié à Osiris au cours de l’érection du pilier Djed, obélisque dressé en l’honneur de Ptah.

Une grande procession est organisée, à laquelle prennent part Pharaon, les statues des dieux, et des laïques désignés parmi les membres les plus prestigieux de la cour. Vient ensuite le renouvellement de l’intronisation. Le souverain est placé successivement dans deux pavillons élevés, auxquels il accède par un escalier, ou tour à tour sur deux trônes. Là, il revêt les insignes de la royauté du Sud et de la royauté du Nord. Il est ensuite transporté dans de grandes corbeilles, les litières royales de Haute-Égypte et de Basse-Égypte.

Enveloppé dans un ample manteau, Pharaon acquiert des « années par millions » et se régénère physiquement. La déesse-vache Sekhat-Hor -« celle qui se souvient d’Horus »- joue un rôle de premier plan. Comme elle a nourri de son lait divin le jeune Horus, elle apparaît comme la nourrice symbolique du roi, dispensatrice de vie et de longévité.

Des offrandes solennelles accompagnent tous les actes religieux importants.

Enchaînant une suite rituelle d’allées et venues, le monarque se rend dans pour célébrer un culte devant les naos des dieux locaux, confectionnés en treillis de roseaux comme aux époques archaïques. Puis les puissants du royaume viennent déposer l’hommage de leur fidélité aux pieds de leur souverain. Entre les différentes étapes des cérémonies de la fête Sed, le roi se rend au palais pour y changer d’insignes, mais aussi pour se reposer.

Un peu plus tard, Pharaon court autour d’un champ en tenant à la main l’imyt-per, sorte de titre de propriété symbolisant la prise de possession du territoire égyptien. Dès l’Ancien Empire, le souverain affirme sa royale puissance en tirant quatre flèches symboliques destinées à repousser les forces du chaos.

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