Chaï Le destin implacable

Personnification du concept de destin des l’Ancien Empire, Chaï n’est vraiment populaire que sous le Nouvel Empire, lorsque la vision du monde des égyptiens commence à se modifier.

Son nom viendrait du verbe chaï, qui signifie « ordonner », « déterminer ». Mais ce dieu est tard venu dans le panthéon égyptien, puisqu’il n’apparaît régulièrement qu’à partir du règne d’Akhénaton. Auparavant, ce rôle était donc dévolu à Meskhenet et même à Renenoutet, divinité serpent protectrice des récoltes, mais aussi image de la fortune, à laquelle Chaï sera d’ailleurs étroitement associé par la suite. Akhénaton appelle son dieu Aton « le Chaï vivant qui donne la vie, celui qui ordonne », le « maître du Chaï » ou « celui qui crée le Chaï ».

Ce type d’épithète sera repris plus tard par Amon-. Horus lui-même pouvait influer sur le destin et « précipiter le chaï de celui qu’il hait », c’est-à-dire avancer l’heure de sa mort. Les Égyptiens s’efforçaient d’ailleurs, par divers moyens magiques, d’empêcher « des dieux [de saisir] des gens alors que ce n’est pas [le moment de leur] destin. » D’autres divinités sont bien évidemment associées à Chaï : Isis, Osiris, Ptah, Khnoum-Rê, Khonsou, etc.

Chaï ne prend véritablement de l’importance que sous le Nouvel Empire, en même temps que voit le jour en Égypte le phénomène appelé « émergence de la piété
populaire ». A partir de cette époque, il semble en effet que les relations personnelles d’un individu avec la divinité soient plus étroites. La seule volonté du dieu paraît alors exercer une influence beaucoup plus directe sur le quotidien. Le déterminisme semble ainsi occuper une plus grande part dans la vie : « Si Chaï et Renenoutet viennent, c’est le dieu qui les envoie », disent désormais les Égyptiens.

Chaï, étroitement associé à la mort, comptait surtout les jours d’un homme jusqu’au
terme fixé de sa vie, la mort constituant par excellence le moment du destin (cette
conception trouve d’ailleurs une admirable correspondance dans notre expression
« être frappé par le destin »). Chaï est ainsi présent dans la vignette de la pesée du coeur (la confession négative ou le jugement du mort devant le tribunal d’Osiris) illustrant le chapitre 125 du Livre des Morts dans le papyrus d’Ani. A la Basse Époque, sa personnalité se transformera toutefois un peu. Sous l’influence de sa compagne Renenoutet, il sera souvent considéré comme un dieu serpent et il deviendra de plus en plus un génie protecteur, garant de la prospérité des personnes privées mais aussi du pays tout entier et de ses récoltes.

Les rapports du pharaon avec Chaï sont différents de ceux des autres humains.
Ayant un caractère divin, le roi peut être maître du destin. Ainsi Ramsès II fut qualifié de « maître du chaï ». Les Ptolémées reprendront à leur compte cette image de puissance et de bienveillance puisque, à l’époque lagide, Chaï est surtout un bon génie. Il était alors courant de jurer par le « chaï du roi », expression qui
désigne sans doute l’aspect bénéfique de la personnalité du monarque, évoquant son
pouvoir d’intervenir au quotidien et dans la vie économique et cosmique. Il arrive aussi que certains documents parlent du chaï d’une personne ordinaire. Mais il semble que ce soit quelque chose de différent. Un texte des XXe et XXle dynasties relate l’inquiétude d’un père après le décès de ses deux enfants : « Il demande des nouvelles (...) concernant leur Chaï et leur Renenoutet ».II s’agit à l’évidence de connaître les circonstances et la cause de ces morts prématurées.

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    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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