Le Sérapéum La nécropole des taureaux Apis

Depuis la découverte en décembre 1851, du dromos qui mène à l’entrée du Sérapéum par Auguste Mariette, la nécropole a révélé la présence d’un gigantesque complexe souterrain construit en l’honneur du dieu Apis sur le site de Saqqarah.

Apis considéré comme l’incarnation terrestre du dieu Ptah, protecteur de la veille de Memphis, symbole de la fertilité, fait l’objet d’un culte particulièrement fervent chez les Egyptiens. Son sanctuaire, le Sérapéum était connu avant l’arrivé de Mariette par des papyrus datant de l’époque ptolémaïque. Ils décrivaient un immense complexe funéraire dont le Sérapéum était le centre. Une véritable cité comprenant des dépendances pour les prêtres, des écoles, des quartiers civils, des bureaux de police et même des auberges pour recevoir les pèlerins, sans oublier plusieurs temples, dont deux - relié par un dromos - furent édifié par Nectanébo Ier et Nectanébo II.

Malheureusement la plus grande parties des indications fournies par les papyrus ne sont plus vérifiables sur le terrain. Des ruines et de simples traces sur le sol sont les seuls témoins de cette nécropole. Heureusement, des objets, des momies et surtout des souterrains nous apportent la preuve de cette magnificence passée. Mariette a ainsi découvert de nombreux tombeaux de toutes époques en dégageant l’allée de sphinx. C’est là également qu’il a mis à jour la statue du scribe accroupi, un des joyaux de la collection égyptienne du musée du Louvre.

L’entrée des catacombes

La tombe inviolée du fils de Ramsès II

Au centre de l’enceint de la nécropole, Mariette découvre la porte d’accès des catacombes ou sont conservées les momies de taureaux Apis. Derrière un escalier aboutit à trois galeries. La première date de la XVIIIe dynastie, elle est due à Aménophis III. La deuxième, construite successivement par les pharaons de le XIXe et XXIIe dynastie, contient des sarcophages en bois, dont celui inviolé, de Khâmouas, fils de Ramsès II, qui a livré des bijoux d’une grande beauté, aujourd’hui exposé au Louvre. La troisième galerie, longue de 200 m, abrite 24 sarcophages de granit rose, de basalte ou de calcaires, remontant à la période qui va de la XXVIe dynastie à la fin de l’époque ptolémaïque. Seuls trois d’entre eux portent des hiéroglyphes.

On peut ainsi y lire les noms d’Amasis, pharaon de la XXVIe dynastie, de Cambyse, conquérant perse et fondateur de la XXVIIe dynastie et de Khababch, qui lutta contre les Perses avant la conquête de l’Egypte par Alexandre le Grand.

La chambre, une fois « habitée » par la momie du taureau Apis, était murée et recouverte de stèles commémoratives encastrées dans le mur. Ces stèles provenant de particulier indiquaient leur nom et la date de la demande de protection au dieu. On a retrouvé plus de mille de ces stèles qui constituent une mine d’information sur l’Egypte au temps des Lagides.

Stèle en calcaire au nom d’Hormès

Les momies d’Apis

Sous le règne du pharaon Aménophis III, chaque taureau Apis à son propre tombeau surmonté d’une chapelle funéraire. A l’époque de Ramsès II, on les ensevelit dans des sépultures communes à cause des nombreux pillages de tombe. Mariette a ainsi découvert, dans un souterrain secondaire, vingt-huit momies d’Apis intactes dans leurs sarcophages de bois.

Sarcophage de taureau Apis. 4 m de long, 2 m de large, 3 m de haut, 60 à 70 tonnes

Les taureaux Apis, sélectionnés suivant des critères très précis par les prêtres, sont reconnaissables à leur pelage blanc et noir, à la tache triangulaire blanche qu’ils portent sur le front et au croissant de lune qui marque leurs flancs. Les poils de leur queue doivent être fourchus et un scarabée doit être dessiné sous leur langue.

Ces taureaux font l’objet de toutes les attentions et coulent des jours paisibles. Le décès de l’un d’entre eux est un évènement aussi important que la mort d’un pharaon et ces funérailles n’ont rien à envier à celle du souverain. La momification du taureau Apis suit les mêmes règles que pour un être humain. Des vases canopes, haut de plus d’un mètre contiennent ses viscères, des ouchebtis à corps humain et tête de taureau l’accompagnent dans l’au-delà.

Momie de taureau Apis

Apis, Sérapis et le songe de Ptolémée

Le nom de Sérapéum donné par les Ptolémées à la nécropole du dieu Apis vient de Sérapis, une divinité grecque introduite en Egypte sous le règne de Ptolémée II Philadelphe. La légende rapporte que ce pharaon a rencontré en songe Sérapis, qui lui aurait ordonné de ramener sa statue de Sinope en Grèce, d’où il est originaire, en Egypte. L’historien Manéthon a qui le roi demanda l’explication de ce rêve lui confirma que Sérapis et Apis ne font qu’un dieu taureau qui après sa mort se transforme en Osiris-Apis. Sérapis est alors vénéré à la fois par les Grecs et par les Egyptiens. Ce syncrétisme, que l’on retrouve pour d’autre divinité, ne pouvant que raffermir le pouvoir d’un pharaon d’origine étrangère sur le peuple égyptien.

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