La pyramide

, par  LAUER Jean-Philippe

Ce type de monument d’origine purement égyptienne, fut, au moins sous l’Ancien Empire (env. 2700 à 2200 av. J.-C.), essentiellement la tombe d’un roi et parfois d’une reine, les dimensions étant en ce dernier cas beaucoup plus modestes. Près d’une quarantaine de pyramides de rois de la IIIe à la XIIIe dynastie, période couvrant un millénaire, ont été identifiées ou repérées. La forme pyramidale même est issue de celle des grands monuments en gradins appelés par analogie « pyramides à degrés », que l’on édifia sous la IIIe dynastie ; celles-ci figuraient sans doute l’escalier que, dans les Textes des pyramides , il est demandé que l’on dresse afin de faciliter l’ascension de l’âme du roi décédé vers son père , le Soleil. Le passage de la pyramide primitive à degrés à la pyramide véritable s’effectua à l’avènement de Snéfrou, fondateur de la IVe dynastie, lorsque l’architecte eut l’idée de matérialiser dans la pierre le tracé triangulaire où s’inscrivait auparavant le profil à degrés du monument. Cette forme nouvelle plus pure, rappelant celle du benben , la pierre sacrée d’Héliopolis, pouvait aussi bien permettre l’ascension de l’âme royale le long de ses pentes pointant directement vers le ciel que les gigantesques degrés construits jusqu’alors.

Simultanément, un second symbolisme se superposa au premier : les théologiens, comparant la forme triangulaire de la pyramide au large faisceau de rayons que le soleil darde sous les nuées, virent en elle une pétrification de ces rayons bénéfiques assurant désormais la protection de la tombe du roi.
La pyramide ne constituait pas en elle-même un tout ; elle était la partie dominante d’un important complexe monumental comprenant en outre, au moins dès la fin de la IIIe dynastie, deux temples reliés entre eux par une chaussée privée, généralement couverte et ornée de bas-reliefs comme les salles principales de ces temples : le temple haut, où se rendait le culte funéraire, était disposé, en principe, sur la face orientale de la pyramide ; le temple bas, où se faisait la réception des cortèges, se situait en lisière de la vallée et comportait un bassin d’accostage pour les bateaux. Une enceinte entourait la pyramide et, à partir de la Ve dynastie, en partie son temple haut. Enfin, de très grandes barques de bois déposées dans des caveaux, ou parfois des simulacres de barques en pierre analogues, pouvaient être réparties à côté de l’enceinte ou de la chaussée.

L’origine du mot de pyramide est encore discutée entre les partisans d’une racine égyptienne hellénisée et ceux d’une origine purement grecque. Alors que dans les textes égyptiens la pyramide est toujours désignée par le vocable mer , Hérodote emploiera le mot puramiv, qui désignait aussi un gâteau de miel et de farine. Néanmoins, comme on trouve ce mot appliqué peu après à la figure géométrique matérialisée par ces tombeaux, il semble plausible que les mathématiciens grecs, qui, tel Pythagore, s’étaient rendus en Égypte dès avant Hérodote, aient retenu pour nommer aussi bien ces édifices que leur figure géométrique un terme revenant fréquemment lorsqu’il en était question ; Maspero avait ainsi songé à celui de pr-m-ous , utilisé par les géomètres égyptiens pour désigner l’une des lignes déterminantes de la pyramide.

La pyramide de Sahouré

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