La belle fête de la Vallée

, par  Jean-Luc

Cette fête représentant le cycle du voyage d’Amon vers l’occident de Thèbes se déroulait au deuxième mois (shemou) de la saison chaude.

Cette fête solennelle célébré lors de la nouvelle lune, donnait lieu à des scènes de liesse populaire pendant douze jours. Elle est présidé par Pharaon, qui invite le dieu à se rendre sur la rive gauche du Nil pour régénérer ses ancêtres et renouveler le pacte entre le roi et sa force divine.

Elle fut instauré par les Montouhotep sous la XIe dynastie. Elle célébrait alors le premier temple de million d’années construit dans le cirque de Deir el-Bahari. Au fil du temps, la fête se transforme peu à peu en une rencontre régénératrice entre le pharaon vivant et les forces divines qui le guident sur terre. En ce rendant dans le "bel occident", c’est à dire le monde des morts, sur la rive gauche du Nil, le souverain célèbre la mémoire de ses ancêtres qui, à travers les fastueux monuments qu’ils ont bâtis, perpétuent leur association avec le monde divin. C’est une façon symbolique de conforter les principes royaux dont il a hérité. La statue d’Amon reste sur la rive gauche, à l’ouest ou le soleil se régénère, pendant toute la durée des festivités. Ces douze jours représentent les douze heures de la nuit, avant qu’Amon- ne se lève de nouveau à l’est.

Le premier jour, Pharaon sort de son palais et se rend au grand temple de Karnak. La statue d’Amon est alors installé sur son palanquin en forme de temple, fermé par des draperies qui le soustraient aux regards indiscrets. Cette cabine est ensuite placée au centre de la grande barque d’apparat ouserhat. Pharaon et toute sa famille montent ensuite dans la nef royale. la barque du démiurge ouvre le chemin de la flottille, devançant celles de Mout et de Khonsou, les deux autres membres de la triade thébaine.

La procession, suivit par une foule immense agglutiné sur les quais et tout au long du trajet ,suit le Nil jusqu’à Louxor avant d’obliquer vers l’ouest, "terre de vie" ou le soleil se couche. Elle emprunte alors le canal qui relit la nécropole thébaine au fleuve.

Procession de la barque divine d’Amon, Karnak

Sublimation du pharaon

La belle fête de la vallée prend une ampleur jamais atteinte sous les Ramessides. Le cortège s’arrête une première fois devant le Ramaesséum ou un prêtre lit un texte panégyrique d’Amon destiné au roi : "O toi, mon fils bien-aimé, mon coeur est rempli de joie pour l’amour que tu me portes. Je m’allie à ta beauté, en vie et en force (...) Je fais que ton renom soit grand et grandes tes victoires (...) Je fait que ton nom soit florissant à l’égal de la Région supérieure, tant que tu dureras, durera le ciel, pour un temps infini, car tu es mon fils bien-aimé, qui demeures sur mon trône..."

Au coeur du Ramaesséum, Amon reçoit les hommages des autres dieux de la nécropole présent par l’intermédiaire de leur statues. Cette assemblé divine est destiné à redonner vie à tous les défunts enterrés aux alentours. Tous les temples de million d’années sont ensuite visités un à un. L’étape finale est constituée par le temple de Deir el-Bahari et la terrasse du dieu conçue par Hatshepsout.

Tous les habitants de Thèbes, dignitaires et paysans, hommes, femmes et enfants, participent à ses jours sacrés. Ce ne sont alors que danses, chants, rires et bombances au son des sistres et des tambourins, pendant que sur les braseros, cuisent des oies ou des canards. Les chapelles sont ouvertes et l’on procède à des fumigations d’encens ou de myrrhe. Les autels sont décorés de fleurs et d’offrandes de toutes sortes.

Les habitants de la région thébaine vivent ces journées comme une immense profession de foie au souvenir de leurs ancêtres. Tout cela s’en empêcher la belle fête de la Vallée de se dérouler dans un climat de joie et de bonne humeur.

Le dernier jour de fête

A la veille du dernier jour de festivité, marqué par le retour d’Amon à Karnak, se déroule le rituel de la torche. A Deir el-Bahari, les prêtres donnent le signal en allumant le feu nouveau du premier jour de l’an. Une immense procession, éclairée par des milliers de torches traverse alors le Nil. Il s’agit de familles qui vont rendre hommage à leur parents défunts. Ce cortège illuminé est un spectacle unique, où vivants et morts se rejoignent dans une même lueur régénératrice. Ce rituel, repris dans toute la nécropole, la transforme en un gigantesque brasier parsemé de points lumineux. Les thébains, installés devant leur hôtel familial, boivent alors de la bière et du vin jusqu’à plus soif à la santé du dieu, de Pharaon et de leur parents. Le lendemain, seuls les dieux refont sur leurs barques d’apparat, le chemin inverse, quittant ainsi la "terre de vie" pour rejoindre leurs temples respectifs à Karnak, au sud pour Mout et Khonsou, à l’est, symbole du lever du soleil, pour Amon. Le cycle s’achève jusqu’à l’année d’après.

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