Les textes religieux

Les premières grandes Oeuvres littéraires égyptiennes furent composées dans une intention essentiellement magico-religieuse. Tel est le cas des Textes des pyramides , amalgame d’incantations liturgiques et de formules funéraires, gravées en longues colonnes d’hiéroglyphes très soignés dans les chambres sépulcrales et les couloirs des pyramides des pharaons de la fin de la Ve et de la VIe dynastie (2400-2200 av. J.-C.).

Certains « passages » décrivent le rituel des funérailles et des offrandes, indispensable pour assurer la résurrection du roi et son entrée dans le monde des dieux ; d’autres sont des formules de protection contre les serpents et les animaux maléfiques ; nombre de sentences, d’une poésie fulgurante mais obscure pour nous, font des emprunts aux doctrines solaires élaborées par le clergé d’Héliopolis ou comportent des éléments de la légende osirienne. Ce recueil de textes, généralement courts, n’était pas fixé de façon stricte : d’une pyramide à l’autre, on note de nombreuses variantes, additions et suppressions. D’autres recueils, comme le Livre de l’Amdouat , le Livre des portes , le Livre des cavernes , servent aussi de guides funéraires et décrivent la course nocturne du soleil.

Les traités théologiques composés à diverses époques par les prêtres des centres religieux majeurs (Héliopolis, Hermopolis) avaient un caractère plus technique que littéraire. La transcription des mythes (cosmogonies, grandes légendes divines telles que la geste d’Osiris) répond, elle aussi, à des besoins doctrinaux et pratiques. En revanche, certains hymnes divins sont d’une haute qualité artistique : ils glorifient le roi-dieu, le Nil (Hapy),Osiris, Amon, Min ou Sobek. Les plus extraordinaires furent composés en l’honneur du disque solaire par Akhenaton, le pharaon "hérétique" qui, au cœur de la XVIIIe dynastie (1372-1354 av. J.-C.), voulut remplacer la religion traditionnelle par le culte d’un seul dieu, Aton ; cette tentative monothéiste fut un échec ; on possède néanmoins les admirables hymnes solaires dans lesquels le roi-poète exalte la gloire d’Aton, louant dans la création son créateur :

Tu te lèves beau dans l’horizon du ciel,
Ô vivant Aton, qui vis depuis l’origine.
Quand tu resplendis dans l’horizon de l’Est,
Tu remplis chaque pays de ta beauté.
Tu es beau, tu es grand, tu étincelles.
[...] Combien multiples sont tes oeuvres, mystérieuses à nos yeux !
Seul Dieu, toi qui n’as pas de semblable,
Tu as créé la terre selon ton coeur.

Bien moins connus sont les hymnes des temples ptolémaïques (un peu avant notre ère) ; certains sont pourtant d’une poésie intense et d’une fraîcheur émouvante, tels les hymnes à Hathor, la déesse « dorée » de Dendarah :

Viens, ô Dorée, qui te nourris de chants !
Car l’aliment de ton coeur, c’est la danse,
Toi qui brilles de liesse au moment de te fortifier,
Toi que la danse apaise au milieu de la nuit.

À ces accents dionysiaques répondent ceux de la piété la plus personnelle, spiritualité figée dans la pierre des statues et des reliefs figurés

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