Aton

Dieu égyptien, identifié au « disque solaire », Aton est au centre de la réforme religieuse instaurée par Aménophis IV, qui régna de 1372 à 1354 environ, et désignée souvent comme l’hérésie amarnienne (du nom actuel - arabe - de la capitale de ce pharaon, Tell-el-Amarna). Les Égyptiens avaient jusqu’alors maintenu la multiplicité des approches des grands principes de la vie, la durée et la force se retrouvant à travers la multiplicité des neterou , selon une doctrine qui, dans sa souplesse, tendait au panthéisme chez les intellectuels et au polythéisme chez les paysans et qui leur permettait aussi d’adorer leurs dieux locaux et de les placer sur le même pied que les grands dieux de l’Empire. Cependant, par réaction contre cet aspect traditionnel de la religion, on en vint à privilégier la simple apparence matérielle du soleil, « le disque », aux dépens des autres aspects, selon une démarche fort éloignée, en réalité, du monothéisme sémitique. Le disque fut divinisé sous Aménophis III, pharaon de la XVIIIe dynastie, qui régna de 1408 à 1372 env. ; cela correspondait peut-être, d’autre part, au souci de trouver un dieu qui pût être adoré aussi bien par les Égyptiens que par les Asiatiques et à une tendance de la religion de l’époque qui, par exemple, faisait perdre peu à peu à Amon son caractère guerrier pour lui conférer un aspect de plus en plus marqué de créateur et de démiurge solaire.

On retrouve dans les fameux hymnes composés par le roi Aménophis IV bien des éléments qui se réfèrent à cette époque. Par ailleurs, dans les grands livres funéraires de la Vallée des Rois, le soleil acquiert un rôle de plus en plus prépondérant et devient le principal personnage de ces ouvrages.
Il fait revivre les défunts lorsqu’il passe dans l’au-delà en traversant les douze heures de la nuit. La théologie amarnienne, d’une part, reprend les thèmes héliopolitains très anciens (le dieu Aton n’est pas défini comme Rê Horakhti et l’architecture amarnienne recourt de nouveau à la vieille tradition solaire caractérisée par les cours à ciel ouvert), d’autre part, s’inscrit dans le mouvement des idées du Nouvel Empire.
On peut se poser à propos de la période amarnienne le problème des origines de ce changement : la puissance des prêtres d’Amon était alors si grande, semble-t-il, qu’elle pouvait porter atteinte à l’absolutisme pharaonique, et la rupture avec eux aurait été un moyen utilisé par le pharaon pour étendre sa domination sur l’ensemble des biens possédés par les différents temples d’Amon ; le souverain, pour cela, se serait appuyé sur l’armée, qui joua un rôle très important durant cette période. Cette explication permet de comprendre aussi la place centrale occupée par le roi dans la conception amarnienne : c’est lui qui définit la norme ; la bonne conduite pour ses sujets consiste à se conformer aux désirs du roi. Le disque, divinisé sous Aménophis III, devint, sous son successeur Aménophis IV, la seule forme d’apparition du divin. Ce dernier pharaon prit le nom d’Akhenaton et fonda une nouvelle capitale, Akhet-Aton, c’est-à-dire l’horizon d’Aton, ville connue également sous le nom de Tell-el-Amarna. La réforme eut de profondes conséquences sur l’art, dans le sens d’une certaine liberté et du réalisme, sur la littérature, avec l’emploi de la langue parlée, et sur la mentalité, en raison de l’accent mis sur le rôle du soleil. Le roi lui-même composa un hymne, qui est à l’origine du psaume biblique 104(103). Mais l’hérésie amarnienne ne survécut pas à son fondateur et Toutankhaton, en prenant le nom de Tout-ankh-Amon, devait rétablir le culte d’Amon.

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