Néferefrê

Néferefrê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique.

Il régna aux alentours de -2431 à -2420 [1] et aurait succédé à Chepseskarê et précédé Niouserrê.

Translittération Ranfrf izi
Transcription Néferefrê Isi
Autre orthographe Réneferef

Certains chercheurs localisent sa Pyramide sur le site d’Abousir. Elle aurait porté le nom de "La pyramide qui est divine des esprits ".

Il s’agit d’une pyramide à peine commencée, dont le nom ne repose sur aucune preuve.

Double statue du pharaon Neferefrê/Neouserrê

Règne

Le règne de Néferefrê est trés peu connu en raison de sa briéveté et des rares sources le mentionnant. La pierre de Palerme est muette à son sujet, soit que la réalisation des annales royales qu’elle contient, date d’un des règnes précédents, puisqu’elle s’arràte à celui de Néferirkarê, soit plus probablement au vu de son état fragmentaire, que le comput des ann�es de règnes qui suivirent a été perdu. De ce fait il n’est toujours pas possible de préciser comme pour les pharaons précédents des faits officiels qui nous auraient éclairé sur l’histoire du règne de cet éphémère souverain de la Ve dynastie.

De plus, jusqu’aux découvertes faites en Abousir à la fin du XXe siècle, peu de vestiges au nom du roi étaient disponibles permettant d’attester son existence réelle. On citera principalement :

* Un fragment de bois retrouvé par Ludwig Borchardt [2] lors des fouilles du temple de Néferirkarê Kakaï à la fin du XIXe siècle ;
* Des citations dans les archives de ce même temple funéraire découvertes à la même époque ;
* Un bloc de calcaire trouvé dans le village moderne d’Abousir situé dans la plaine qui jouxte le site antique. Ce fragment de décoration pariétale porte un relief représentant une scène de la famille royale partiellement conservée. On y lit la titulature de Néferirkarê Kakaï, le nom de Khentkaous II ainsi que la représentation d’un prince identifié comme étant le fils aîné du Roi, Neferrê [3].

À ces maigres mentions, s’ajoutent certains noms royaux trouvés dans des mastaba de l’époque et qui peuvent être rapprochés de l’existence fantomatique du roi, mais ne peuvent à elles seules combler le manque de sources pour affirmer qu’il a bien régner, ni quand ce règne doit se placer dans la généalogie de la dynastie. Parmi les dignitaires les plus souvent cités, sans néanmoins être véritablement assuré qu’ils aient vécu sous le règne de ce pharaon, se trouvent :

- Nikaourê, juge et administrateur du palais dont le mastaba a été retrouvé à Saqqarah. Le monument a livré une stèle fausse-porte qui est désormais exposée au Musée du Caire [4].
- Khabaouptah, responsable des coiffeurs du roi, prêtre des cultes de Sahouré, de Neerirkarê Kakaï puis après le règne de Néferefrê du culte de Niouserrê. Il occupait également des fonctions administratives telles que « Chef des secrets divins » et « chef des travaux du roi » ce qui fait de lui l’un des architectes de la dynastie. Son mastaba a été découvert à Saqqarah [5].
- Nimaâtsed, prêtre de et d’Hathor dans le temple solaire de Néferirkarê Kakaï dont le mastaba a été retrouvé à Saqqarah. Il était également prêtre des cultes de Néferirkarê, Néferefrê et Niouserrê et vécut jusque sous le règne de ce dernier [6].
- Néferefrê-ânkh, grand prêtre de Ptah, dont le mastaba a été découvert également à Saqqarah vivait sans aucun doute sous le règne du roi au vu de son nom basiliforme, et poursuivit sa carrière sous celui de Niouserrê [7].
- Ânkhmarê, prêtre des pyramides de Néferefrê et de Menkaouhor, dont le tombeau découvert toujours à Saqqarah a livré une stèle fausse porte donnant ses titres et les cartouches des souverains au service desquels il officiait [8]. Ti, ami unique du roi, chef de la Double-Porte du Palais, personnage célèbre en raison du grand mastaba qu’il possède à Saqqarah. Il vécut jusque sous le règne de Djedkarê Isési et était également prêtre de Rê dans le temple solaire de Néferefrê [9].

L’ensemble de ces indications attestent qu’un culte funéraire était rendu au jeune roi et confirment également l’existence de son temple solaire, nommé Hetep Rê, sanctuaire qui fonctionnait apparemment encore à la fin de la dynastie. Cependant ces mentions sont ténues et confirment probablement que le règne du roi à été court.

Enfin, pour compléter les sources, deux listes royales postérieures datant toutes deux du Nouvel Empire récapitulent les règnes successifs et mentionnent après celui de Néferirkarê un souverain dont le nom diffère selon les documents.

- La table de Saqqarah datant du Nouvel Empire qui porte une succession de cinquante-sept cartouches royaux et indique celui d’un roi nommé Khaneferrê ayant succédé à Chepseskarê [10].
- La liste royale d’Abydos, établie sous les règnes de Séthi Ier et de Ramsès II, mentionne Néferefrê comme ayant régné avant Niouserrê [11].

Seules les fouilles et études récentes du site de la nécropole royale d’Abousir, réalisées par l’équipe d’égyptologues tchèques dirigée par Miroslav Verner, ont permis d’éclairer l’existence de ce pharaon obscur de la Ve dynastie. Les mentions de la pyramide et du temple solaire du roi dans les archives du temple de son père Néferirkarê invitaient à placer son domaine cultuel en Abousir également. Sur ces indications et en dirigeant leurs efforts vers la partie encore inexplorée au sud de la nécropole royale, les égyptologues tchèques ont mis au jour effectivement la pyramide inachevée et le temple funéraire de Néferefrê. Cette découverte inédite livra un grand nombre de documents épigraphiques et des œuvres d’art qui enrichissent le répertoire des figures royales peu abondant jusque-là de la Ve dynastie.

Ainsi douze fragments de statues ont été découverts dans la partie sud-ouest du temple. Ces statues en pierre, dont six portraits royaux, et en bois faisaient parties du mobilier du temple qui comprenait un palais rituel. Un certain nombre d’empreintes de sceaux royaux ont également mis au jour. Ils étaient appliqués sur des bouchons d’argile qui fermaient les jarres de stockage se trouvant dans la partie nord-est du temple. Cette série d’empreintes portait différents cartouches qui permettent de mieux cerner l’époque pendant laquelle le temple fonctionna [12].

- Plusieurs empreintes au nom de Néferefrê, donnant son protocole complet et notamment les différentes graphies concernant son nom de fils de Rê achèvent de démontrer que le sanctuaire est bien le temple funéraire du roi.
- Un sceau au nom de Chepseskarê invite à penser que ce souverain succéda à Néferefrê et procéda à son enterrement, ce qui invaliderait l’ordre de succession établie par la table de Saqqarah[13], mais confirme la proximité des deux règnes.
- Trois autres au nom de Niouserrê qui est le frère de Néferefrê et régna également par la suite.
- Deux sceaux au nom de Djedkarê Isési, dont on sait grâce aux archives découvertes sur le site qu’il réforma les cultes funéraires d’Abousir.
- Quatre sceaux au nom d’Ounas, dernier souverain de la dynastie, viennent clôturer cette liste et indiquent peut-être que le culte du roi ne survécut pas au-delà de ce dernier règne.

Grâce à ces récentes découvertes, le règne de Néferefrê est aujourd’hui un peu plus connu et retrouve ainsi une place jusque là ignorée dans la dynastie.

Statue de Neferefrê trouvée dans son complexe pyramidal d’Abousir

Sépulture

Type Pyramide à faces lisses (inachevée)
Emplacement Abousir
Date de découverte 1976
Découvreur Miroslav Verner
Fouilles 1976 à 1986
Objets découverts Fragments du sarcophage royal en granite rouge, main gauche momifiée du roi, statues royales, archives du temple funéraire

NNéferefrê choisit le site dynastique d’Abousir pour édifier son complexe funéraire. Il le fait bâtir au sud des complexes pyramidaux de ses parents Néferirkarê Kakaï et Khentkaous II. Le projet est ambitieux, la plate-forme dégagée pour le creusement du dispositif souterrain de sa pyramide et l’édification de son temple funéraire dépassant de beaucoup le périmètre de la pyramide de son père.

Mais le décès prématuré du jeune roi laissa l’ensemble inachevé. Au moment de son trépas seules les appartements funéraires souterrains sont achevés et la première assise de sa pyramide en voie d’édification. Le temple funéraire lui-même n’est qu’entamé, le sanctuaire bâti en calcaire mais non décoré...

C’est Niouserrê, le frère du roi qui régnera plus tard, qui achève l’ensemble en transformant la pyramide en un gigantesque mastaba carré, et complétant le temple funéraire en brique crue et en bois. L’ensemble funéraire fonctionne jusque sous le règne de Djedkarê Isési, puis semble être tombé dans l’oubli et s’efface sous les sables du désert et les coups des carriers qui dès l’Antiquité prélevèrent les matériaux de choix aux fins d’autres constructions.

Source : wikipedia.org

Bibliographie

- Auguste Mariette & Gaston Maspero, Les mastabas de l’Ancien Empire - Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d’après le manuscrit de l’auteur, F. Vieweg, librairie-éditeur, Paris, 1889 ;
- Kurt Heinrich Sethe, Urkunden des Alten Reich, vol. 1, J.C. Hinrichs’sche Burchhandlung, Leipzig, 1903 ;
- James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. I The First to the Seventeenth Dynasties, The University of Chicago press, 1906 ;
- Ludwig Borchardt, Das Grabdenkmal des Königs Neferirkara, Leipzig, 1907 ;
- Emmanuel de Rougé, Œuvres diverses, vol. 6, Paris, 1918 [prés. en ligne [archive]] ;
- Paule Posener-Krieger, Les Archives du temple funéraire de Néferirkarê-Kakai (Les Archives d’Abousir), vol. I et II, IFAO, 1976 ;
- Miroslav Verner, « Un roi de la Ve dynastie : Rênéferef ou Rênéfer ? », dans BIFAO, no 85, 1985 ;
- Miroslav Verner, Archaeological Remarks on the 4th and 5th Dynasty Chronology, Archiv Orientální, Volume 69, 2001 ;
- Miroslav Verner, Abusir - Realm of Osiris, American University in Cairo Press, 2002 ;
- Bretislav Vachala, Guide des sites d’Abousir, IFAO, Bibliothèque générale, 2002 ;
- Paule Posener-Krieger, Bretislav Vachala, Hana Vymazalova, Abusir X : The Pyramid Complex of Raneferef, The Papyrus Archive, Czech Institute of Egyptology Charles University, 2007.

[1Selon Allen, von Beckerath.
Autres avis de spécialistes : -2460 à -2455 (Krauss), -2475 à -2474 (Redford), -2418 à -2408 (Malek), -2435 à -2432 (Dodson)

[2Cf. L. Borchardt, p. 68

[3Cf. P. Posener-Krieger volume II, p. 530

[4Cf. A. Mariette p. 313

[5Cf. A. Mariette p. 295 et E. de Rougé, p. 89

[6Cf. A. Mariette p. 329

[7Cf. Ibidem p. 335

[8]Cf. Ibidem p. 283-284

[9E. de Roug�, p. 91

[10Cf. J. H. Breasted à 60, p. 40, note g, où l’auteur précise que Néferefrê n’est attesté que sur la table de Saqqarah. également, son nom n’a pas été rapproché immédiatement avec celui de Néferefrê faute de connaître son protocole entier : cf. E. de Rougé Recherches sur les monuments qu’on peut attribuer aux six premières dynasties, p. 101, 102

[11Cf. J. H. Breasted � 60, p. 40, note f

[12Cf. M. Verner p. 283

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    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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