Horus

Dans la mythologie égyptienne, dieu du Ciel, de la Lumière et de la Bonté. Horus était le fils d’Isis, déesse de la Nature et d’Osiris, dieu du Monde souterrain.

Horus (de l’égyptien Hor / Horou) est l’une des plus anciennes divinités égyptiennes. Les représentations les plus communes le dépeignent comme un faucon couronné du pschent ou comme un homme hiéracocéphale. Son nom signifie « le Lointain » en référence au vol majestueux du rapace. Son culte remonte à la préhistoire égyptienne. La plus ancienne cité à s’être placée sous son patronage semble être Nekhen, la « Ville du Faucon » (Hiérakonpolis). Dès les origines, Horus se trouve étroitement associé à la monarchie pharaonique en tant que dieu protecteur et dynastique. Les Suivants d’Horus sont ainsi les premiers souverains à s’être placés sous son obédience. Aux débuts de l’époque historique, le faucon sacré figure sur la palette du roi Narmer et, dès lors, sera constamment associé au pouvoir royal.

Dans le mythe le plus archaïque, Horus forme avec Seth un binôme divin caractérisé par la rivalité, chacun blessant l’autre. De cet affrontement est issu Thot, le dieu lunaire, considéré comme leur fils commun. Vers la fin de l’Ancien Empire, ce mythe est réinterprété par les prêtres d’Héliopolis en intégrant le personnage d’Osiris, l’archétype du pharaon défunt divinisé. Cette nouvelle théologie marque l’apparition du mythe osirien où Horus est présenté comme le fils posthume d’Osiris né des œuvres magiques d’Isis, sa mère. Dans ce cadre, Horus joue un rôle majeur. En tant que fils attentionné, il combat son oncle Seth, le meurtrier de son père, le défait et le capture. Seth humilié, Horus est couronné pharaon d’Égypte et son père intronisé roi de l’au-delà. Cependant, avant de pouvoir combattre vigoureusement son oncle, Horus n’est qu’un être chétif. En tant que dieu-enfant (Harpocrate), Horus est l’archétype du bambin soumis à tous les dangers de la vie. Frôlant la mort à plusieurs reprises, il est aussi l’enfant qui, toujours, surmonte les difficultés de l’existence. À ce titre, il est un dieu guérisseur et sauveur très efficace contre les forces hostiles.

Outre ses traits dynastiques et royaux, Horus est une divinité cosmique, un être fabuleux dont les deux yeux sont le Soleil et la Lune. L’œil gauche d’Horus, ou Œil oudjat, est un puissant symbole associé aux offrandes funéraires, à Thot, à la Lune et à ses phases. Cet œil, blessé par Seth et guéri par Thot, est l’astre nocturne qui constamment disparaît et réapparaît dans le ciel. Sans cesse régénérée, la lune est l’espoir pour tous les défunts égyptiens d’une possible renaissance.

Sous ses multiples aspects, Horus est vénéré dans toutes les régions égyptiennes. À Edfou, un des plus beaux temples ptolémaïques, le dieu reçoit la visite annuelle de la statue de la déesse Hathor de Dendérah et forme, avec Harsomtous, une triade divine. À Kôm Ombo, Horus l’Ancien est associé à Sobek, le dieu crocodile. Fort de cette renommée, le culte d’Horus s’est exporté hors d’Égypte, plus particulièrement en Nubie. À partir de la Basse époque, grâce aux cultes isiaques, la figure d’Harpocrate s’est largement popularisée à travers tout le bassin méditerranéen sous influence hellénistique puis romaine.

Présentation

Dieu faucon

Horus est l’une des plus anciennes divinités égyptiennes. Ses origines se perdent dans les brumes de la préhistoire africaine. À l’instar des autres principales déités du panthéon égyptien, il est présent dans l’iconographie dès le quatrième millénaire avant notre ère. La dénomination contemporaine d’Horus est issue du théonyme grec Ὧρος (Hōros) élaboré au cours du premier millénaire avant notre ère au moment de la rencontre des cultures égyptienne et grecque. Ce théonyme est lui-même issu de l’égyptien ancien Hor qui étymologiquement signifie « le lointain », « le supérieur ». L’écriture hiéroglyphique ne restituant pas les voyelles, l’exacte prononciation égyptienne n’est plus connue, probablement Horou ou Hârou. Dans la langue proto-égyptienne, Horus devait désigner le faucon d’où son idéogramme. Dès la période protodynastique (aux alentours de 3300 avant notre ère), le hiéroglyphe du faucon Hor désigne aussi le souverain, qu’il soit en exercice ou défunt, et peut même équivaloir au mot netjer, « dieu », avec toutefois une connotation de souveraineté. Dans les Textes des pyramides, l’expression Hor em iakhou, « Horus dans le rayonnement », désigne ainsi le roi défunt, devenu un dieu parmi les dieux à son entrée dans l’au-delà.

En Égypte antique, plusieurs espèces de faucons ont coexisté. Les représentations de l’oiseau d’Horus étant le plus souvent très stylisées, il est assez difficile de l’identifier formellement à une espèce en particulier. Il semble toutefois que l’on puisse y voir une image du faucon pèlerin (Falco peregrinus). Ce rapace de taille moyenne et au cri perçant est réputé pour sa rapidité en piqué lorsque, du haut du ciel, il fond sur ses petites proies terrestres. Ce faucon présente aussi la particularité d’avoir des plumes sombres sous les yeux (la « moustache » selon les ornithologues) qui dessinent une sorte de croissant. Cette marque distinctive n’est pas sans rappeler le graphisme de l’œil oudjat associé à Horus et aux autres dieux Hiéracocéphales.

Iconographie

La divinité d’Horus se manifeste dans l’iconographie de multiples façons. Dans la plupart des cas, il est représenté comme un faucon, comme un homme à tête de faucon ou, pour évoquer sa jeunesse, comme un jeune enfant nu et chauve. La forme animale est la plus ancienne. Jusqu’à la fin de la période protodynastique, les animaux, dont le faucon, apparaissent comme étant bien plus efficaces et bien supérieurs aux hommes. De ce fait, les puissances divines sont alors exclusivement figurées sous une forme animale. Le faucon et son majestueux vol planant dans le ciel ont été manifestement interprétés comme la marque ou le symbole du Soleil, son nom « le Lointain » faisant référence à l’astre diurne. Vers la fin de la Ire dynastie, aux alentours de -2800, en parallèle au développement de la civilisation égyptienne (diffusion de l’agriculture, de l’irrigation et de l’urbanisme), la mentalité religieuse s’infléchit et les forces divines commencent à s’humaniser. À cette époque apparaissent les premiers dieux entièrement anthropomorphes et momiformes (Min et Ptah). Concernant Horus, durant les deux premières dynasties, la forme animale reste la règle. Les premières formes composites (hommes à tête animale) font leur apparition à la fin de la IIe dynastie et, en l’état des connaissances, la plus ancienne représentation connue d’Horus en homme hiéracocéphale date de la IIIe dynastie. Elle figure sur une stèle à présent conservée au Musée du Louvren où le dieu est montré en compagnie du roi Houni-Qahedjet.).

Parmi les plus célèbres représentations figure un fragment d’une statue conservée au Musée égyptien du Caire et montrant Khéphren assis sur son trône (IVe dynastie). Le faucon est debout sur le dossier du siège et ses deux ailes ouvertes enveloppent la nuque royale afin de signifier sa protection. Dans le même musée est conservée la statue en or de l’Horus de Nekhen. Sa datation est discutée : VIe ou XIIe dynastie . Il ne subsiste plus que la tête du falconidé coiffée d’une couronne constituée de deux hautes plumes stylisées. Ses yeux en pierre d’obsidienne imitent le regard perçant de l’oiseau vivant. Le Musée du Louvre présente à l’entrée de ses collections égyptiennes une statue d’Horus d’environ un mètre de haut, datée de la Troisième Période intermédiaire. Le Metropolitan Museum of Art de New York possède quant à lui une statuette où le roi Nectanébo II de la XXXe dynastie, dernier pharaon de l’Égypte indépendante, est montré petit et debout entre les pattes d’un majestueux faucon couronné du pschent.

Un dieu complexe

Le panthéon égyptien compte un grand nombre de dieux faucons ; Sokar, Sopdou, Hemen, Houroun, Dédoun, Hormerty. Horus et ses multiples formes occupent toutefois la première place. Dieu à multiples facettes, les mythes qui le concernent s’enchevêtrent. Il est toutefois possible de distinguer deux aspects principaux : une forme juvénile et une forme adulte. Dans sa pleine puissance guerrière et sa maturité sexuelle, Horus est Horakhty, le soleil au zénith. À Héliopolis, en tant que tel, il est vénéré concurremment avec Rê. Dans les Textes des pyramides, le pharaon défunt ressuscite sous cette apparence de faucon solaire. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, Horakhty fusionne avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty. À Edfou, il est Horbehedety, le soleil ailé des temps primordiaux. À Kôm Ombo, il est Horus l’Ancien (Haroëris), un dieu céleste imaginé comme un immense faucon dont les yeux sont le Soleil et la Lune. Quand ces astres sont absents du ciel, cet Horus est dit aveugle. À Nekhen (Hiérakonpolis), la capitale des tout premiers pharaons, ce faucon céleste est Hor-Nekheny, dont les aspects guerriers et royaux sont très prononcés.

Le jeune Horus apparaît lui aussi sous de multiples formes. Dans le mythe osirien, Horus est le fils d’Osiris et d’Isis. Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d’une union charnelle, grâce aux efforts conjugués d’Isis et de Nephtys. C’est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, (Harpocrate), aussi dénommé Harsiesis, (Horus fils d’Isis) et Hornedjitef (Horus qui prend soin de son père). Sous ce dernier aspect, pour venger la mort de son père, Horus affronte son oncle Seth. Après moult péripéties, il gagne le combat et reçoit le trône d’Égypte en héritage. La vaillance et la fidélité familiale d’Horus font de ce dieu l’archétype du pharaon. Cependant, sa légitimité est sans cesse contestée par Seth. Lors d’un combat qui l’oppose à son rival, Horus perd son œil gauche, qui est reconstitué par Thot. Appelé Oudjat ou œil d’Horus, cet œil, que les Égyptiens ont porté sur eux sous forme d’amulette, possède des vertus magiques et prophylactiques. Cet œil gauche reconstitué morceau par morceau par Thot représente la lune qui jour après jour s’accroît. À l’opposé de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle ; cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de dans son combat nocturne contre le serpent Apophis. Bien et mal sont des aspects complémentaires de la création, tous deux présents en toute divinité.

Mythe archaïque

Dès les origines de l’État pharaonique, Horus est la divinité protectrice de la monarchie. Le dieu faucon, plus particulièrement celui adoré à Nekhen, est la puissance à laquelle Pharaon s’identifie en se voyant comme son successeur et son héritier. Avant même la création du mythe osirien, le combat d’Horus et Seth est à la base de l’idéologie royale. La réconciliation des deux divinités rivales en la personne du roi en exercice est lourde de signification et transparaît notamment lors des cérémonies d’investiture.

Origines de l’État pharaonique

Pouvoir pharaonique

Le pouvoir pharaonique apparaît vers 3300 avant notre ère, ce qui fait de l’Égypte antique le premier État connu au monde. Sa durée couvre plus de trente-cinq siècles et, durant toute cette période, le faucon Horus est le dieu protecteur des pharaons. Depuis l’historien Manéthon, un Égyptien hellénisé au service de Ptolémée II, la chronologie des règnes est découpée en trente dynasties, des origines jusqu’à la conquête du pays par Alexandre le Grand en -322. Le premier nom de cette liste royale est celui du pharaon Ménès, « Celui qui fonde » ou « Celui qui établit l’État ». L’identité de ce personnage reste problématique ; il s’agit soit d’un personnage mythique, soit d’un souverain réel, Narmer ou Aha selon les propositions communément avancées. L’émergence d’une autorité unique sur le territoire égyptien résulte de multiples facteurs (géographie, économie, politique, etc.). Les détails de ce processus d’unification restent encore nébuleux. Il s’est peut-être d’abord produit une agrégation des populations dans le sud de la vallée du Nil, en Haute-Égypte autour de deux ou plusieurs chefs puis d’un seul (victoire de la ville de Nekhen sur Noubt). Puis, soumission de la Basse-Égypte par Ménès et ses successeurs. Dès les origines, le mythe de la victoire d’Horus le faucon sur Seth, la créature du désert, sert à symboliser le pouvoir du pharaon. Les actions royales, qu’elles soient guerrières ou pacifiques, s’inscrivent dans des rituels politico-religieux où le roi, considéré comme le successeur d’Horus, est capable d’influer sur les cycles naturels (crue du Nil, courses du soleil et de la lune) afin de satisfaire aux besoins matériels de ses sujets. La Palette de Narmer inaugure une scène rituelle qui perdure jusqu’à la fin de la civilisation égyptienne : le massacre des ennemis, dont la tête est fracassée par une massue vigoureusement brandie par Pharaon. Sur la palette, Narmer debout et coiffé de la couronne blanche assomme un ennemi agenouillé qu’il maintient immobile en l’empoignant par les cheveux. Au-dessus de la victime, la présence et l’approbation d’Horus se manifestent sous la forme d’un faucon qui maintient enchaîné un fourré de papyrus muni d’une tête, symbole probable de la victoire du Sud sur le Nord.

Suivants d’Horus

D’après les fouilles archéologiques menées dans la haute vallée du Nil, il semble qu’aux alentours de -3500, les deux villes dominantes aient été Nekhen et Noubt, respectivement patronnées par Horus et Seth. Après la victoire de la première sur la seconde, les rois de Nekhen ont réalisé l’unification politique de l’Égypte. Avant le règne du pharaon Narmer-Ménès (vers -3100), le premier représentant de la Ire dynastie, une douzaine de roitelets se sont succédé à Nekhen (dynastie 0). Ces dynastes se sont tous placés sous la protection du dieu faucon en adoptant un « Nom d’Horus » (Hor, Ny-Hor, Hat-Hor, Pe-Hor, etc.). À des degrés divers, tous ont joué un rôle éminent dans la formation du pays. Dans la pensée religieuse égyptienne, le souvenir de ces roitelets a perduré sous l’expression des « Suivants d’Horus ». Dans le Papyrus de Turin, ces Suivants sont magnifiés et idéalisés en voyant placée leur lignée entre la dynastie de dieux de l’Ennéade et celles des pharaons humains historiques. Les Textes des pyramides, les plus anciens textes religieux égyptiens, accordent très naturellement une place importante au dieu faucon de Nekhen adoré par les Suivants d’Horus. On le trouve désigné sous différentes expressions « Horus de Nekhen », « Taureau de Nekhen », « Horus du Sud », « Horus, seigneur de l’élite », « Horus qui réside dans la Grande Cour », « Horus qui est dans la Grande Cour », etc.

Nekhen (Hiérakonpolis)

Connue des Grecs sous le toponyme de Hiérakonpolis, la « Ville des Faucons », Nekhen est une très antique cité aujourd’hui identifiée aux ruines arasées du Kôm el-Ahmar, la « Butte Rouge ». Fondée à la Préhistoire, vers la fin du quatrième millénaire, Nekhen est durant la période prédynastique la capitale de la Haute-Égypte. Par la suite, durant la période pharaonique, Nekhen sur la rive gauche du Nil et Nekheb sur la rive droite forment la capitale du IIIe nome de Haute-Égypte. Dès sa fondation, Nekhen dispose d’une forte enceinte en briques crues large de dix mètres qui enserre un espace de sept hectares. D’après les secteurs fouillés, la ville s’organise en des rues quasi-rectilignes se coupant à angle droit. Le centre est occupé par un bâtiment officiel, sans doute un palais résidentiel muni de sa propre enceinte afin de l’isoler du reste de la ville. Le temple d’Horus, souvent remanié, occupait l’angle sud-ouest mais ses vestiges ne se signalent plus que par une butte artificielle vaguement circulaire.

En 1897, deux fouilleurs anglais, James Edward Quibell et Frederick William Green, explorent le site du temple de Nekhen et découvrent un « trésor » de pièces archéologiques (une tête de faucon d’or, des objets en ivoire, des vases, des palettes, des étiquettes commémoratives, des statuettes humaines et animales). Ces reliques de la période prédynastique, conservées par les premiers pharaons memphites, ont probablement été confiées, pour préservation, aux prêtres de l’Horus de Nekhen. Il est tentant d’imaginer que ce don pieux soit l’œuvre de Pépy Ier (VIe dynastie), une statue en cuivre grandeur nature le représentant avec son fils Mérenrê ayant été découverte près du dépôt principal.

Dieu dynastique

Les Deux Combattants

Dans la mythologie égyptienne, Horus est surtout connu pour être le fils d’Osiris et le neveu de Seth ainsi que l’assassin de ce dernier. Si les déités Horus et Seth sont très anciennement attestées — dès la période prédynastique —, la figure d’Osiris est apparue bien plus tardivement, au tournant des IVe et Ve dynasties. L’intégration d’Osiris, au cours du XXVe siècle, dans le mythe d’Horus et Seth est par conséquent le résultat d’une reformulation théologique (qualifiée par l’égyptologue français Bernard Mathieu de « Réforme osirienne »). Les Textes des pyramides sont les plus anciens écrits religieux disponibles. Ces formules magiques et religieuses apparaissent gravées sur les murs des chambres funéraires à la fin de l’Ancien Empire. Leur élaboration est cependant bien plus primitive et certaines strates rédactionnelles semblent remonter à la période thinite (Ire et IIe dynasties). Là, certains passages mentionnent un conflit entre Horus et Seth sans que n’intervienne la personne d’Osiris. Ces données peuvent être interprétées comme les traces ténues d’un mythe archaïque pré-osirien. Plusieurs expressions lient Horus et Seth en un binôme en les appelant les « Deux Dieux », les « Deux Seigneurs », les « Deux Hommes », les « Deux Rivaux » ou les « Deux Combattants ». Leur mythe n’est pas exposé en un récit suivi mais seulement évoqué, çà et là, au moyen d’allusions éparses qui mentionnent qu’Horus et Seth se chamaillent et se blessent l’un l’autre ; le premier perdant son œil, le second ses testicules15 :

  • « Horus est tombé à cause de son œil, Seth a souffert à cause de ses testicules. (§ 594a) »
  • « Horus est tombé à cause de son œil, le Taureau a filé à cause de ses testicules. (§ 418a) »
  • « pour qu’Horus se purifie de ce que lui a fait son frère Seth,
  • pour que Seth se purifie de ce que lui a fait son frère Horus (§ *1944d-*1945a) »

— Textes des pyramides (extraits). Traduction de Bernard Mathieu.

Horus ou la victoire sur la confusion

En son temps, l’égyptologue allemand Kurt Sethe a postulé que le mythe du conflit d’Horus et Seth trouve son élaboration dans la rivalité entre les deux royaumes primitifs rivaux de la Basse et de la Haute-Égypte. Cette hypothèse est maintenant rejetée et le consensus se porte sur la rivalité archaïque entre les villes de Nekhen et Noubt. Cette idée a été avancée en 1960 par John Gwyn Griffiths dans son ouvrage The Conlict of Horus and Seth. Dès les plus anciennes attestations écrites, le faucon Horus est lié à la ville de Nekhen (Hiérakonpolis) et son rival Seth à la ville de Noubt (Ombos). À la fin de la période protohistorique, ces deux cités de Haute-Égypte jouent un rôle politico-économique essentiel et des tensions tribales existent alors entre les deux villes concurrentes. La lutte des « Deux Combattants » pourrait symboliser les guerres menées par les fidèles d’Horus contre ceux de Seth. Sous le roi Narmer, probablement le légendaire Ménès, ce conflit s’est soldé par la victoire de Nekhen. D’autres universitaires comme Henri Frankfort et Adriaan de Buck ont minoré cette théorie en considérant que les Égyptiens, à l’instar d’autres peuplades antiques ou primitives, appréhendent l’univers selon des termes dualistes fondés sur des paires contraires mais complémentaires : homme / femme ; rouge / blanc ; ciel / terre ; ordre / désordre ; Sud / Nord, etc. Dans ce cadre, Horus et Seth sont les parfaits antagonistes. Leur lutte symbolise tous les conflits et toutes les disputes où finalement l’ordre incarné par Horus doit soumettre le désordre personnifié par Seth. En 1967, Herman te Velde abonde dans ce sens dans Seth, God of Confusion, une monographie consacrée au turbulent Seth. Il estime que le mythe archaïque de l’affrontement d’Horus et Seth ne peut avoir été entièrement inspiré d’événements guerriers survenus à l’aube de la civilisation pharaonique. Les origines du mythe se perdent dans les brumes des traditions religieuses de la préhistoire. Les mythes ne sont jamais inventés de toutes pièces mais résultent de reformulations successives professées des croyants inspirés. Les maigres données archéologiques qui nous sont parvenues de cette lointaine époque sont d’interprétation délicate et ne peuvent guère aider à reconstituer la genèse de ce mythe. Contrairement à Horus qui incarne l’ordre pharaonique, Seth est un dieu sans limites, irrégulier et confus qui veut avoir des relations tantôt hétérosexuelles, tantôt homosexuelles. Les testicules de Seth symbolisent tant les aspects déchaînés du cosmos (tempête, bourrasques, tonnerre) que ceux de la vie sociale (cruauté, colère, crise, violence). D’un point de vue rituel, l’Œil d’Horus symbolise les offrandes offertes aux dieux et a pour contrepartie les testicules de Seth. Pour que l’harmonie puisse advenir, Horus et Seth doivent être en paix et départagés. Une fois vaincu, Seth forme avec Horus un couple pacifié, symbole de la bonne marche du monde. Lorsque le pharaon est identifié à ces deux divinités, il les incarne donc comme un couple de contraires en équilibre.

Investiture pharaonique

Le couronnement de pharaon est un enchaînement complexe de rituels variés dont l’ordonnancement exact n’est pas encore bien reconstitué. Le papyrus dramatique du Ramesséum, très fragmentaire, semble être un guide ou un commentaire illustré du rituel mis en place pour l’avènement de Sésostris Ier (XIIe dynastie). L’interprétation de ce document difficile à comprendre est encore débattue. Selon l’Allemand Kurt Sethe et le Français Étienne Drioton, l’investiture pharaonique est une sorte de spectacle sacré avec le nouveau souverain pour principal acteur. L’action est centrée sur les dieux Osiris et Horus et son déroulement s’inspire du mythe archaïque de l’affrontement d’Horus et Seth augmenté de l’épisode plus récent d’Horus condamnant Seth à porter la momie d’Osiris. L’Égypte antique a fondé sa civilisation sur le concept de la dualité. Le pays est ainsi perçu comme l’union des « Deux Terres ». Principal symbole de la royauté, la couronne Pschent, « les Deux Puissances », est la fusion de la couronne rouge de Basse-Égypte avec la couronne blanche de Haute-Égypte. Le pharaon incarne dans sa personne les « Deux Combattants », à savoir Horus de Nekhen et Seth de Noubt. Le second est toutefois subordonné au premier et, dans les textes, la préséance est toujours accordée à Horus. Emblème de l’unification rituelle du pays, Horus et Seth désignent l’autorité monarchique. Dès la Ire dynastie, le roi en exercice est un « Horus-Seth » comme l’indique une stèle datée du roi Djer où la reine est « Celle qui voit Horus, sceptre hétes d’Horus, celle qui épaule Seth ». Plus tard, sous Khéops, ce titre est simplifié et la reine est « Celle qui voit Horus-Seth ». Sous la IIe dynastie, le faucon d’Horus et le canidé de Seth surmontent conjointement le Serekh du roi Khâsekhemoui. Dès l’Ancien Empire, l’iconographie royale montre le binôme Horus et Seth en train de couronner le pharaon ou sous le Moyen Empire en train d’unir le papyrus et le lotus, les plantes héraldiques des deux royaumes, dans les scènes du Sema-taouy ou rite de la « Réunion des Deux-Terres ».

Horus et la titulature royale

La titulature du pharaon avait une grande importance et était chargée d’une puissance magique considérable. Elle s’enrichit et se développe à partir de la Ire dynastie et parvient à son aboutissement — cinq noms différents mis ensemble — sous la Ve dynastie. L’assemblage des cinq composantes constitue le ren-maâ ou « nom authentique » par lequel pharaon définit sa nature divine. La titulature est établie lors du couronnement mais est susceptible d’évoluer au cours du règne selon les circonstances politiques et les évolutions religieuses du moment. Toute modification signale ainsi des inflexions dans les intentions royales ou des désirs divins nouveaux imposés au souverain. Quels que soient son aspect et son rôle — faucon céleste, dieu créateur ou fils d’Osiris — Horus est le dieu dynastique par excellence. Aussi la première composante de la titulature royale est-elle le Nom d’Horus, déjà porté par les souverains de la Dynastie 0, à savoir les prédécesseurs de Narmer, considéré dans l’historiographie comme le premier des pharaons.

Dès les origines, le nom d’Horus s’est inscrit dans le Serekh, un rectangle toujours surmonté du faucon sacré. Le registre inférieur représente la façade stylisée du palais royal vue de face tandis que l’espace où est inscrit le nom est le palais vu en plan. La signification du Serekh est évidente : le roi dans son palais est l’Horus terrestre, à la fois l’incarnation du dieu faucon et son successeur légitime sur le trône d’Égypte. Sous la Ire dynastie, se mettent en place le Nom de Nesout-bity, symbole de l’union des Deux-Terres, et le Nom de Nebty patronné par les déesses Ouadjet et Nekhbet. Plus tard, sous la IVe dynastie s’ajoute le Hor Noubt ou « Nom de l’Horus d’Or », dont l’interprétation est incertaine ; sous l’Ancien Empire, il semble qu’il ait été perçu comme l’union des dieux Horus et Seth réconciliés en la personne royale. Finalement, sous le règne de Djédefrê apparaît le cinquième nom, le Nom de Sa-Rê ou « Fils de Rê » qui place le pharaon sous la filiation spirituelle de Rê, autre dieu faucon aux aspects céleste et solaire.

Horus dans le mythe osirien

En tant que fils d’Osiris, Horus occupe une grande place dans le mythe osirien. Adulte, le dieu faucon est le défenseur acharné des droits régaliens de son père défunt. Encore enfant, ses années de jeunesse sont troublées par de nombreux aléas. Constamment proche de la mort en raison des attaques de scorpions et de serpents, le jeune Horus, toujours sauvé par Isis, est devenu dans la croyance populaire un dieu sauveur et guérisseur.

Horus, protecteur d’Osiris

Horus, fils d’Osiris

Selon l’égyptologue français Bernard Mathieu, l’apparition d’Osiris au tournant des IVe et Ve dynasties est le résultat d’une réforme religieuse de grande ampleur menée par les théologiens d’Héliopolis. Le mythe osirien provient d’un processus de reformulation où le très archaïque Horus, archétype du dieu-souverain, a d’abord été assimilé aux dieux Atoum-Rê et Geb puis s’est vu doté d’un aspect purement funéraire sous les traits d’Osiris, chef des esprits défunts. La réforme conduit à la création d’une lignée de neuf divinités, l’Ennéade d’Héliopolis composée d’Atoum, Shou, Tefnout, Geb, Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Dans ce mythe renouvelé, Horus devient le fils du couple Osiris-Isis et le neveu de Seth. Ce dernier tue Osiris qui ressuscite grâce à l’intervention d’Isis. Les Textes des pyramides attestent des nouveaux liens familiaux attribués à Horus. L’expression Hor sa Ousir « Horus fils d’Osiris » apparaît dans de nombreux passages. Dans une moindre mesure, on rencontre les appellations Hor renpi « Horus le jeune » et Hor khered nechen « Horus l’enfant nourrisson », préfigurations du théonyme tardif de Hor pa khered « Horus l’enfant » (Harpocrate) seulement forgé après la fin du Nouvel Empire. L’expression Hor sa Aset « Horus fils d’Isis » (Horsaïsé) n’apparaît qu’au sortir de la Première Période intermédiaire. Les Textes des pyramides n’ignorent toutefois la filiation par la mère, dont témoignent les expressions « son Horus à elle », « son Horus » en parlant d’Isis.

Osiris, le dieu assassiné

Osiris est le plus célèbre des dieux funéraires égyptiens. Avec Isis, son épouse, sa popularité ira croissante durant toute l’histoire religieuse égyptienne. À la Basse époque puis durant la période gréco-romaine, le dieu bénéficie d’une ou plusieurs chapelles dans les principaux temples du pays. Là, durant le mois de Khoiak, s’exercent les cérémoniels des Mystères d’Osiris qui sont la réactualisation du mythe par la grâce du rite. L’histoire de son assassinat et de son accès à la vie éternelle a fait sa gloire, chaque individu en Égypte s’identifiant à son sort. Les sources égyptiennes sont assez elliptiques à propos du meurtre d’Osiris. Les grandes lignes du mythe ont été exposées pour la première fois par le Grec Plutarque au IIe siècle. Seth, jaloux de son frère, assassine le roi Osiris en l’enfermant dans un coffre et en jetant celui-ci dans le fleuve. Après de longues recherches, Isis retrouve la dépouille à Byblos, la ramène au pays et la cache dans les marais du Delta. Au cours d’une partie de chasse, Seth découvre le corps et, fou furieux, démembre Osiris en quatorze morceaux qu’il jette au loin. Après une longue quête, Isis retrouve les membres épars et reconstitue le corps en le momifiant. Transformé en oiseau-rapace, Isis s’accouple avec son défunt mari et conçoit Horus, un fils prématuré et malingre. Devenu adulte, Horus entre en lutte contre Seth. Après plusieurs combats, Horus défait son rival et se fait proclamer roi d’Égypte (Sur Isis et Osiris, § 13-19).

Harendotès ou la solidarité familiale

Connu en égyptien comme Hor-nedj-itef « Horus le défenseur de son père » ou « Horus qui prend soin de son père », Harendotès est la forme d’Horus sous l’apparence du fils attentionné. En Égypte antique, l’amour du fils envers le père est une des plus hautes valeurs morales. Cet amour filial est tout aussi important que l’amour qui doit régner au sein du couple homme-femme incarné par la relation Osiris-Isis. Bien que fils posthume, Horus est le défenseur pugnace des droits de son père usurpés par Seth. Après son assassinat, Osiris se trouve retranché de la communauté des dieux et privé de son statut royal. Devenu adulte, Horus ne poursuit qu’un seul but : rétablir Osiris dans sa dignité et son honneur de roi. Dès les Textes des pyramides, nombre de textes affirment qu’Horus a rendu à son père ses couronnes et qu’il a fait de lui le roi des dieux et le souverain de l’empire des morts. Le rétablissement social d’Osiris s’incarne dans deux images constamment rappelées dans les liturgies funéraires : celle du redressement de la momie (Osiris ne gît plus, mais est debout) et celle de l’humiliation de Seth, l’assassin étant condamné par Horus à porter la lourde momie d’Osiris vers son tombeau30 :

« Ô Osiris (roi) ! Horus t’a mis à la tête des dieux, il a fait en sorte que tu prennes possession de la couronne blanche, de la dame (ou tout ce qui est tien). Horus t’a trouvé, et c’est heureux pour lui. Sors contre ton ennemi ! Tu es plus grand que lui en ton nom de « grand sanctuaire ». Horus a fait en sorte de te soulever en ton nom de « grand soulèvement », il t’a arraché à ton ennemi, il t’a protégé en son temps. Geb a vu ta forme et t’a mis sur ton trône. Horus a étendu pour toi ton ennemi sous toi, tu es plus ancien que lui. Tu es le père d’Horus, son géniteur en ton nom de « géniteur ». Le cœur d’Horus occupe une place prééminente auprès de toi en ton nom de Khentimenty. »

— Textes des pyramides, chap. 371. Traduction de Jan Assmann1.

Jugement du mort

Bien plus que les Textes des pyramides et les Textes des sarcophages, assez méconnus des contemporains, le Livre des Morts, du fait de ses riches illustrations, bénéficie d’une grande notoriété auprès du grand public. Parmi les illustrations les plus fameuses figure la scène du jugement de l’âme (chapitres 33B et 125). Le cœur du mort est posé sur l’un des deux plateaux d’une grande balance à fléau, tandis que la déesse Maât (Harmonie), sur l’autre plateau, sert de poids de référence. La mise en image de cette pesée ne remonte pas au-delà du règne d’Amenhotep II (début de la XVIIIe dynastie) mais sera inlassablement reproduite durant seize siècles jusqu’à la période romaine. Selon les exemplaires du Livre des Morts, Horus sous son aspect d’homme hiéracocéphale est amené à jouer deux rôles différents. Il peut apparaître près de la balance comme le « maître de la pesée ». Il maintient à l’horizontale le fléau afin que le cœur et la Maât se trouvent à l’équilibre. Le défunt est considéré comme exempt de fautes et se voit proclamé « Juste de voix », c’est-à-dire admis dans la suite d’Osiris. À la fin de la XVIIIe dynastie ce rôle de contrôleur est le plus souvent confié à Anubis. Horus apparaît alors dans le rôle d’« accompagnateur du mort ». Après la pesée, le mort est conduit devant Osiris assis sur son trône et accompagné d’Isis et Nephtys, les deux sœurs debout derrière lui. Dans quelques exemplaires, le rôle d’accompagnateur est dévolu à Thot mais, le plus souvent, c’est à Horus que revient cette charge. D’une main, Horus salue son père et de l’autre, il tient la main du défunt, qui, en signe de respect, s’incline devant le roi de l’au-delà. Reçu en audience, le défunt s’assoit devant Osiris. Le chapitre 173 du Livre des Morts indique les paroles prononcées lors de cette entrevue. Le défunt s’approprie l’identité d’Horus et, dans une longue récitation, énumère une quarantaine de bonnes actions qu’un fils attentionné se doit d’effectuer pour son père défunt dans le cadre d’un culte funéraire efficace :

Paroles à dire : « Je te fais adoration, maître des dieux,
dieu unique qui vit de la vérité, de la part de ton fils Horus.
Je suis venu à toi pour te saluer ; je t’apporte la vérité, là où est ton ennéade ;
fais que je sois parmi elle, parmi tes suivants, et que je renverse tous tes ennemis !
J’ai perpétué tes galettes d’offrande sur terre, éternellement et éternellement.

Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu te saluer, mon père Osiris.
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu renverser tes ennemis.
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu chasser tout mal de toi.
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu abattre ta souffrance. (...)
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu alimenter pour toi tes autels. (...)
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu te consacrer les veaux-qehhout.
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu égorger pour toi les oies, les canards.
Ô Osiris, je suis ton fils Horus. Je suis venu prendre au lasso pour toi tes ennemis dans leurs liens. (...)

— Paul Barguet, Livre des Morts, extraits du chap. 173

Horus l’Enfant

Conception posthume d’Horus

D’après le mythe osirien rapporté par Plutarque au IIe siècle av. J.-C., le jeune Horus est le fils posthume d’Osiris, conçu par Isis lors de son union avec la momie de son époux. Cet enfant serait né prématuré et imparfait car faible des membres inférieurs . Dans la pensée pharaonique, les années bénéfiques du règne d’Osiris ne sont qu’une sorte de prélude destiné à justifier la proclamation d’Horus en tant que juste possesseur du trône. La transmission de la royauté depuis Osiris le père assassiné, via Seth le frère usurpateur, vers Horus le fils attentionné, n’est possible que grâce à l’action efficace de la rusée Isis, une magicienne hors norme. Après l’assassinat et le démembrement de son époux, Isis retrouve les membres épars et reconstitue le corps dépecé en le momifiant. Grâce à son pouvoir magique, la déesse parvient à revivifier la dépouille du dieu défunt, juste le temps d’avoir une relation sexuelle avec lui, afin de concevoir Horus. Selon Plutarque, la seule partie du corps d’Osiris qu’Isis ne parvint pas à retrouver est le membre viril car jeté dans le fleuve et dévoré par les poissons pagres, lépidotesn et oxyrhynques. Pour le remplacer, elle en fit une imitation . Cette affirmation n’est cependant pas confirmée par les écrits égyptiens pour qui le membre fut retrouvé à Mendès.

L’accouplement mystique d’Osiris et Isis est déjà connu des Textes des pyramides où il s’intègre dans une dimension astrale. Osiris est identifié à la constellation Sah (Orion), Isis à la constellation Sopedet (Grand Chien) et Horus à l’étoile Soped (Sirius). Dans l’iconographie, le moment de l’accouplement posthume n’apparaît qu’au Nouvel Empire. La scène figure gravée sur les parois de la chapelle de Sokar dans le [1] en Abydos. Sur l’un des bas-reliefs, Osiris est montré éveillé et couché sur un lit funéraire. À l’image d’Atoum lorsqu’il émergea des eaux primordiales afin de concevoir l’universn 4, Osiris stimule manuellement son pénis en érection afin de provoquer une éjaculation. Sur la paroi d’en face, un second bas-relief montre Osiris, en érection, s’accouplant avec Isis transformée en oiseau rapace et voletant au-dessus du phallus. La déesse est figurée une seconde fois, à la tête du lit funéraire tandis qu’Horus est lui aussi déjà présent, aux pieds de son père, sous l’apparence d’un homme hiéracocéphale. Les deux divinités étendent leurs bras au-dessus d’Osiris en guise de protection. Dans ces deux fresques mythologiques qui se déroulent à l’intérieur même du tombeau d’Osiris, présent et futur se confondent en montrant l’accouplement et en anticipant la réalisation de la future triade divine par la présence conjointe d’Osiris, Isis et Horus.

Horus contre Seth

Deux épisodes majeurs ponctuent le mythe de la lutte d’Horus et Seth. Le premier est la naissance de Thot, le dieu lunaire, né de la semence d’Horus et issu du front de Seth. Le second est la perte momentanée de l’œil gauche d’Horus, endommagé par Seth. Cet œil est le symbole du cycle lunaire et des rituels destinés à revivifier les défunts.

Aventures d’Horus et Seth

Papyrus Chester Beatty I

Le mythe de l’affrontement d’Horus et Seth est attesté dans les plus anciens écrits égyptiens que sont les Textes des pyramides. Cet ensemble de formules magiques et d’hymnes religieux se trouve gravé dans les chambres funéraires des derniers pharaons de l’Ancien Empire. Il ne s’agit toutefois là que d’allusions éparses, ces écrits étant des liturgies destinées à la survie post mortem et non pas des récits mythologiques. Par la suite, ce conflit est évoqué tout aussi allusivement dans les Textes des sarcophages et le Livre des Morts. Dans l’état actuel des connaissances égyptologiques, il faut attendre la fin du Nouvel Empire et la Période ramesside (XIIe siècle) pour voir rédigé un véritable récit suivi des péripéties des deux divinités rivalesn 6. Le mythe est consigné sur un papyrus en écriture hiératique trouvé à Deir el-Médineh (Thèbes) dans les restes d’une bibliothèque familiale. Après sa découverte, le papyrus intègre la collection de l’industriel millionnaire Alfred Chester Beatty et demeure depuis conservé à la Bibliothèque Chester Beatty à Dublin. Son premier traducteur est l’égyptologue britannique Alan Henderson Gardiner publié en 1931 par l’Oxford University Press. Depuis lors ce récit est connu sous le titre des Aventures d’Horus et Seth (en anglais The Contendings of Horus and Seth). Ce savant a porté un regard assez condescendant sur ce récit qu’il jugeait appartenir à la littérature populaire et ribaude, sa morale puritaine désapprouvant certains épisodes comme les mutilations d’Isis et Horus (décapitation, amputation, énucléation) ou les penchants homosexuels de Seth. Depuis cette date, les Aventures ont été maintes fois traduites en langue française ; la première étant celle de Gustave Lefebvre en 1949. Dans les travaux égyptologiques récents, on peut se borner à citer la traduction livrée en 1996 par Michèle Broze. Cette analyse poussée a démontré la richesse littéraire et la cohérence subtile d’une œuvre élaborée par un scribe érudit, très habile dans une narration non dénuée d’humour.

Résumé du mythe

Après la disparition d’Osiris, la couronne d’Égypte revient de droit au jeune Horus, son fils et héritier. Mais son oncle Seth, le jugeant trop inexpérimenté, désire ardemment se faire proclamer roi par l’assemblée des dieux. Horus, appuyé de sa mère Isis, fait convoquer le tribunal des dieux à toute fin de régler ce contentieux. Rê préside, tandis que Thot tient le rôle du greffier. Quatre-vingts ans s’écoulent sans que le débat progresse. Le tribunal est partagé entre les tenants de la royauté légitime (revenant à Horus), et Rê qui voit en Seth son perpétuel défenseur contre Apophis (le monstrueux serpent des origines). Les débats tournent en rond et nécessitent un avis extérieur. C’est donc à Neith, déesse de Saïs, réputée pour son infinie sagesse, que Thot adresse une missive. La réponse de la déesse est sans ambiguïté : la couronne doit revenir à Horus. Cependant, pour ne pas pénaliser Seth, Neith propose de lui offrir les déesses Anat et Astarté comme épouses.

Le tribunal se réjouit de cette solution, mais Rê, lui, reste sceptique. Horus ne serait-il pas un peu jeune pour assumer la direction du royaume ? Après quelques heurts entre les deux parties et excédé par tant de tergiversations, Rê ordonne le déplacement des débats vers l’Île-du-Milieu. Furieux contre Isis, Seth demande que les débats se poursuivent en son absence. La requête est acceptée par Rê qui ordonne à Anti d’en interdire l’accès à toute femme.

Mais c’était compter sans la ténacité de la déesse. Elle soudoie Anti et se réintroduit dans l’enceinte du tribunal sous les traits d’une belle jeune femme. Rapidement, elle ne manque pas d’attirer l’attention de Seth. Tous deux finissent par converser et, troublé par tant de beauté, Seth s’égare dans des propos compromettants en reconnaissant sous cape la légitimité filiale d’Horus ! La rusée Isis se dévoile alors. Le coup de théâtre laisse Seth sans voix. Quant à Rê, il ne peut que juger de l’imprudence de Seth qui s’est confié, sans prendre garde, à une inconnue. Dépité, il ordonne le couronnement d’Horus et punit Anti pour s’être laissé corrompre par Isis.

Mais le colérique Seth n’est pas décidé à en rester là. Il propose à Horus une épreuve aquatique où les deux dieux se transforment en hippopotames. Celui qui restera le plus longtemps sous l’eau pourra devenir roi. Mais Isis, qui suit de près les mésaventures de son fils, perturbe la partie. Elle s’attire finalement le mécontentement d’Horus qui fou de rage la décapite et la transforme en statue de pierre. Mais Thot lui redonne la vie en lui fixant au cou une tête de vache. Après son méfait, Horus, prend la fuite vers le désert. Mais, poursuivi par Seth il est rapidement rattrapé. Prestement, Seth jette Horus à terre et lui arrache les deux yeux qu’il enterre. La déesse Hathor, émue par le triste sort d’Horus, le guérit grâce à un remède de lait d’antilope.

Apprenant cette histoire et lassé de ces sempiternelles chamailleries, Rê ordonne la réconciliation des deux belligérants autour d’un banquet. Mais une fois encore, Seth décide de troubler la situation. Il invite son neveu à passer la soirée chez lui, ce que ce dernier accepte. La nuit, Seth s’essaye à féminiser Horus lors d’une relation homosexuelle afin de le rendre indigne du pouvoir royal. Toutefois, Horus parvient à éviter l’assaut et recueille la semence de son oncle entre ses mains. Le jeune dieu accourt vers sa mère. Horrifiée, elle coupe les mains de son fils et les jette dans le fleuve pour les purifier. Par la suite, elle masturbe son fils, recueille sa semence et la dépose sur une laitue du jardin de Seth. Insouciant, Seth mange la laitue et se trouve engrossé. Devant tous les dieux, il donne naissance au disque lunaire qui s’élance hors de son front. Seth veut le fracasser à terre mais Thot s’en saisit et se l’approprie.

Après une ultime épreuve aquatique, proposée par Seth et remportée par Horus, Osiris, resté jusqu’alors silencieux, intervient depuis l’au-delà et met directement en cause le tribunal qu’il juge trop laxiste. En tant que dieu de la végétation, il menace de couper les vivres à l’Égypte et de décimer la population par la maladie. Les dieux, bousculés par tant d’autorité, ne tardent pas à rendre un verdict favorable à Horus. Mais Seth n’est pas oublié. Placé aux côtés de Rê, il devient « celui qui hurle dans le ciel », le très respecté dieu de l’orage.

Mythe de l’Œil d’Horus

Horus aveuglé par Seth

Dans le papyrus des Aventures d’Horus, Seth pour se départager d’Horus propose qu’ils se transforment tous deux en hippopotames et qu’ils plongent en apnée dans les eaux du fleuve. Celui qui remonte avant trois mois révolus, ne sera pas couronné. Les deux rivaux se jettent dans le Nil. Mais Isis, craignant pour la vie de son fils, décide d’intervenir. Elle confectionne une lance magique afin de harponner Seth pour l’obliger à émerger hors des eaux. Elle lance son harpon mais celui-ci touche malheureusement Horus. Sans s’interrompre, la déesse lance une seconde fois son harpon et touche Seth. Ce dernier l’implore piteusement de lui retirer l’arme hors son corps ; ce qu’elle fait. En constatant cette clémence, Horus se met en colère et décapite sa mère. Aussitôt, Isis se transforme en statue de pierre acéphale :

« Rê-Harakhty poussa un grand cri et dit à l’Ennéade : « Hâtons-nous et infligeons-lui un grand châtiment ». L’Ennéade grimpa dans les montagnes pour rechercher Horus, le fils d’Isis. Or, Horus était couché sous un arbre au pays de l’oasis. Seth le découvrit et s’empara de lui, le jeta sur le dos sur la montagne, arracha ses deux yeux Oudjat de leur place, les enterra dans la montagne pour qu’ils éclairassent la terre (...) Hathor, Dame du sycomore du sud, s’en alla et elle trouva Horus, alors qu’il était effondré en larmes dans le désert. Elle s’empara d’une gazelle, lui prit du lait et dit à Horus : « Ouvre les yeux, que j’y mette du lait ». Il ouvrit les yeux, et elle y mit le lait (elle en plaça dans le droit, elle en plaça dans le gauche, et (...) elle le trouva rétabli. »

— Aventures d’Horus et Seth (extraits). Traduction de Michèle Broze

Durant la période gréco-romaine, soit plus d’un millénaire après la rédaction des Aventures d’Horus et Seth, le Papyrus Jumilhac, une monographie consacrée aux légendes anubiennes de la Cynopolitaine, ne manque pas d’évoquer le mythe de la perte des yeux d’Horus. Seth ayant appris que les yeux étaient enfermés dans deux lourds coffrets en pierre ordonne à des complices de les voler. Une fois en ses mains, il charge les coffrets sur son dos, les dépose au sommet d’une montagne et se transforme en gigantesque crocodile pour les surveiller. Mais Anubis transformé en serpent se glisse auprès des coffrets, prend possession des yeux et les dépose dans deux nouveaux coffrets en papyrus. Après les avoir enterrés plus au nord, Anubis s’en retourne auprès de Seth afin de le consumer. À l’endroit où Anubis enterra les yeux émergea un vignoble sacré où Isis établit une chapelle pour rester au plus près d’eux.

Bibliographie

Architecture

  • Nathalie Baum, le Temple d’Edfou : À la découverte du Grand Siège de Rê-Harakhty, Monaco, le Rocher, coll. « Champollion », 2007, 366 p. (ISBN 9782268057958)
  • S. Aufrère, J.-Cl. Golvin, J.-Cl Goyon, L’Égypte restituée : Tome 1, Sites et temples de Haute Égypte, Paris, Errance, 1991, 270 p. (ISBN 2-87772-063-2)
  • Daniel Soulié, Villes et citadins au temps des pharaons, Paris, Perrin, 2002, 286 p. (ISBN 2702870384)

Généralités

  • Jan Assmann, Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne, Monaco, Éditions du Rocher, 2003, 685 p. (ISBN 2-268-04358-4)
  • Sylvie Cauville, L’offrande aux dieux dans le temple égyptien, Paris-Leuven (Belgique), Peeters, 2011, 291 p. (ISBN 978-90-429-2568-7)
  • Jean-Pierre Corteggiani (ill. Laïla Ménassa), L’Égypte ancienne et ses dieux, dictionnaire illustré, Paris, éditions Fayard, 2007, 589 p. (ISBN 978-2-213-62739-7)
  • Maurizio Damiano-Appia, L’Égypte. Dictionnaire encyclopédique de l’Ancienne Égypte et des civilisations nubiennes, Paris, Gründ, 1999, 295 p. (ISBN 2700021436)
  • Christiane Desroches Noblecourt, Le fabuleux héritage de l’Égypte, Paris, SW-Télémaque, 2004, 319 p. (ISBN 228600627X)
  • Étienne Drioton, Pages d’égyptologie, Le Caire, Éditions de la Revue du Caire, 1957, 385 p.
  • Françoise Dunand, Roger Lichtenberg et Alain Charron, Des animaux et des hommes : Une symbiose égyptienne, Monaco, Le Rocher, 2005, 271 p. (ISBN 2268052958)
  • Annie Gasse, Les stèles d’Horus sur les crocodiles, Paris, RNM, 2004, 182 p. (ISBN 9782711847839)
  • Annie Gasse, « La stèle Brügger, une stèle d’Isis sur les crocodiles », ENIM 7, Montpellier,‎ 2014, p. 125-143
  • François-Xavier Héry et Thierry Enel, L’Égypte, mère du monde, Paris, GLM, 233 p.
  • Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne, Paris, Pygmalion, 1994, 360 p. (ISBN 2857044151)
  • Bernadette Menu, Recherches sur l’histoire juridique, économique et sociale de l’ancienne Égypte. II, Le Caire, IFAO, 2008, 423 p. (ISBN 9782724702170), chap. 5 (« Naissance du pouvoir pharaonique »), p. 65-98
  • Ruth Schumann et Stéphane Rossini, Dictionnaire illustré des dieux de l’Égypte, Monaco, coll. « Champollion », 2003, 580 p. (ISBN 2268047938)

Mythologie

  • Paul Barguet, Le Livre des Morts des Anciens Égyptiens, Paris, Éditions du Cerf, 1967, 307 p. (ISBN 2-20401354-4)
  • André Barucq, « Les textes cosmogoniques d’Edfou d’après les manuscrits laissés par Maurice Alliot », BIFAO, Le Caire, vol. 64,‎ 1966, p. 125-167 (lire en ligne [archive])
  • Philippe Derchain, « Mythes et dieux lunaires en Égypte », La lune, mythes et rites, Paris, Éditions du Seuil, série Sources orientales, vol. 5,‎ 1962, p. 17-68
  • Étienne Drioton, « Variantes dans les légendes d’Osiris et d’Horus », BSFE 30, Paris,‎ 1959
  • Annie Forgeau, Horus-fils-d’Isis. La jeunesse d’un dieu, Le Caire, IFAO, 2010, 529 p. (ISBN 9782724705171)
  • Henri Frankfort (trad. Jacques Marty et Paule Krieger), La royauté et les dieux : Intégration de la société à la nature dans la religion de l’ancien Proche Orient, Paris, Payot, 1951, 436 p.
  • Jean-Claude Goyon, Les dieux-gardiens et la genèse des temples (d’après les textes égyptiens de l’époque gréco-romaine) : Les 60 d’Edfou et les 77 dieux de Pharbaethos, Le Caire, IFAO, coll. « BiEtud 93 », 1985 (ISBN 2724700155)
  • Erik Hornung, Les Dieux de l’Égypte : Le un et le multiple, Monaco, Le Rocher, 1986, 309 p. (ISBN 2-268-01893-8)
  • Bernard Mathieu, « Les Enfants d’Horus, théologie et astronomie (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 1) », ENiM 1, Montpellier,‎ 2008, p. 7-14 (lire en ligne [archive])
  • Bernard Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique sous le linceul de la religion (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 3) », ENiM 3, Montpellier,‎ 2010, p. 77-107 (lire en ligne [archive])
  • Bernard Mathieu, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l’auxiliaire (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 4) », ENiM 4, Montpellier,‎ 2011, p. 137-158 (lire en ligne [archive])
  • Bernard Mathieu, « Horus : polysémie et métamorphoses (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 5) », ENiM 6, Montpellier,‎ 2013, p. 1-26 (lire en ligne [archive])
  • Dimitri Meeks, Mythes et légendes du Delta d’après le papyrus Brooklyn 47.218.84, Le Caire, IFAO, 2008 (ISBN 9782724704273)
  • Alexandre Moret, « Horus sauveur », Revue de l’histoire des religions, Paris, Armand Colin, t. 72,‎ 1915, p. 213-287 (JSTOR 23663050)
  • Herman te Velde (trad. Christian Bégaint), Seth, ou la divine confusion : Une étude de son rôle dans la mythologie et la religion égyptienne, Scribd, 2011, 172 p. (lire en ligne [archive])

Traductions

  • Paul Barguet, Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, Paris, Éditions du Cerf, 1986, 725 p. (ISBN 2204023329)
  • André Barucq et François Daumas, Hymnes et prières de l’Égypte ancienne, Paris, Le Cerf, 1980 (ISBN 2204013374)
  • Raphaël Bertrand, Les Textes de la Pyramide d’Ounas, Paris, ANOUP éditions, 2004 (ISBN 2950751512)
  • Michèle Broze, Mythe et roman en Égypte ancienne. Les aventures d’Horus et Seth dans le Papyrus Chester Beatty I, Louvain, Peeters, 1996
  • Claude Carrier, Textes des Pyramides de l’Égypte ancienne : Tome I, Textes des pyramide d’Ounas et de Téti, Paris, Cybèle, 2009 (ISBN 9782915840100), p. 1 à 423.
  • François Lexa, La magie dans l’Égypte antique de l’Ancien Empire jusqu’à l’époque copte, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1925
  • Plutarque (trad. Mario Meunier), Isis et Osiris, Paris, Guy Trédaniel Éditeur, 2001, 237 p. (ISBN 2857070454)
  • Jacques Vandier, Le Papyrus Jumilhac, Paris, CNRS, 1961, 349 p.

Source : Wikipedia.org

[1Temple funéraire de Séthi Ier (Abydos)|Temple funéraire de Séthi Ier

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