L’art amarnien au musée de Berlin

Sous la XVIIIe dynastie, le pharaon hérétique Aménophis IV devenu Akhenaton renie le culte d’Amon, instaure une nouvelle religion consacrée à Aton et installe sa capitale en Moyenne Egypte, à Amarna. Les fouilles entreprises sur le site par Ludwig Bochardt et la Deutsche Orient-Gesellschaft révèlent au monde entier un art d’une surprenante beauté. Certaines de ces œuvres magnifiques font aujourd’hui partie des collections du Musée égyptien de Berlin.

L’art amarnien se veut réaliste, vivant, expressif, privilégiant les courbes et la douceur. Criant de vérité, il se dévoile dans les œuvres du musée de Berlin. Parfois excessif, cet art se singularise par de longs visages triangulaires, des yeux en oblique à fleur de tête, des paupières lourdes, des lèvres charnues soigneusement dessinées, des pommettes accentuées, de longs cous, la pré¬sence de rides aux coins des yeux et des corps mous.

Tête en plâtre d’Akhenaton

Ce moulage en plâtre peint a été découvert en 1912 à Amarna dans l’atelier du sculpteur Thoutmès (ou Thoutmosê) à côté d’une vingtaine de modèles de la même œuvre. D’une hauteur de 20 cm, il ne figure que le visage du roi qui portait sans doute la couronne bleue. Il s’agit d’une étude servant de modèle pour la réali¬sation des statues royales. Ce moulage antique a été pris sur un portrait en argile.

Promenade au jardin

Sur un bloc de calcaire de 25 cm de hauteur évolue un couple princier vêtu selon la mode amarnienne : perruque courte bouclée, collier enveloppant les épaules, pagne et robe plissés. La jeune femme tend à son compa¬gnon quelques fleurs. La fluidité des corps un peu mous, le réalisme accentué des visages datent cette œuvre anonyme de l’époque amarnien¬ne. L’hypothèse communément admise de P. E. Newberry voit dans ce couple charmant la représentation de Méritaton, fille de Néfertiti et d’Akhenaton, en compagnie de son époux Semenkharê. D’aucuns avancent cependant qu’il pourrait s’agir de Toutankhamon.

Statuette en bois d’Akhenaton

Cette statuette en bois de 25 cm de hauteur, achetée à Louxor au début du siècle, provient sans doute d’un autel privé d’Amarna. Debout en tenue d’apparat, Pharaon, dans l’attitude de la marche, piétine ses neuf ennemis symboliques. Coiffé de la couronne bleue et vêtu d’un pagne plissé doré, il est en deuil, comme le révèle sa barbe de plusieurs jours.

Portrait de Méritaton

En quartzite, cette tête de 11 cm d’une qualité exceptionnelle présente les traits gracieux de la princesse Méritaton, fille du couple royal. Découverte inachevée dans l’atelier du sculpteur Thoutmès, elle fut sans doute travaillée à partir d’un modèle en plâtre. L’absence d’oreilles et la forme du front laissent supposer qu’elle portait une perruque, aujourd’hui disparue. La douceur des traits du visage classe cette œuvre dans la dernière phase de l’art amarnien.

Profil d’Akhenaton

Sur ce bloc de calcaire de 15 cm de hauteur se détache le profil si caractéristique du pharaon hérétique. Les traits excessivement accentués permettent de dater ce visage du début de l’art amarnien. Le roi portait cer¬tainement la couronne blanche, voire la couronne rouge d’Égypte. Peut-être s’agit-il d’un fragment d’une des stèles-frontières qu’Akhenaton fit graver dans la roche tout autour d’Amarna.

La stèle de Bak

Cette stèle en forme de chapelle, unique dans l’art amarnien, fut achetée à Londres en 1963. Elle appa¬tenait à l’origine à Bak, chef des sculpteurs d’Akhenaton, qui est représenté debout aux côtés de son épouse Taheri. Son somptueux pagne plissé à double volant et sa chemisette à manches plis¬sées contrastent avec la longue robe fourreau de Taheri qui dévoile les formes gracieuses de la jeune femme. Bak au contraire est doté d’un ventre rond proéminent et d’une potrine lourde. Les deux visages sont caractéristiques de l’art amarnien. Bak étant sculpteur, il s’agit peut-être là d’un autoportrait.

Akhenaton devant une stèle

Cette statuette provient d’une maison située en plein centre d’Amarna. Elle ornait sans doute l’autel privé de la demeure. En albâtre, mesurant 12 cm de hauteur, elle présente encore quelques traces de bleu qui laissent penser qu’elle était entièrement peinte à l’origine. Le roi, coiffé de la couronne bleue et vêtu d’un pagne plissé, se tient debout derrière une stèle dressée. Une inscription à l’encre, aujourd’hui disparue, commentait cette scène. Le corps du roi est déjà moins accentué et plus gracieux que dans les premières œuvres d’Amarna.

La belle Néfertiti

Ce magnifique buste fut découvert le 6 décembre 1912 dans l’atelier du sculpteur Thoutmès par l’équipe de la Deutsche Orient-Gesellschaft dirigée par Ludwig Borchardt. Les fouilles étaient financées par un négociant berlinois, James Simon, qui reçut en partage du gouvernement égyptien ce buste ainsi que d’autres modèles retrouvés dans l’atelier. Dès 1913, ces objets furent mis en dépôt au département égyptien des collections royales de Prusse et finalement légués au pays en 1920. Pendant la Seconde Guerre mondiale, « Néfertiti » est mise à l’abri jusqu’à son retour à Berlin. Cette tête en calcaire, dont la polychromie est dans un état de conserva¬tion remarquable, se singularise par l’extrême finesse de ses traits qui correspondent davantage à nos canons esthétiques. La reine est coiffée d’une couronne bleue, qui lui est propre, ceinte d’un ruban orné d’un uraeus. Un large collier ceint sa gorge. Cet¬te tête de 50 cm de hauteur servit probablement de modèle (en effet, l’œil gauche n’a jamais été incrusté). Comme les autres sculptures, elle fut abandonnée sur place quand Amarna fut désertée.

La famille royale

Cette petite plaque en calcaire achetée au Caire en 1898 ornait comme d’autres les autels privés des maisons d’Amarna. D’un style unique dans l’histoire de l’art égyptien, elle présente une scène d’intimité de la famille roya¬le. Celle-ci montre le couple assis en compagnie de trois ; des petites princesses, Méritaton, Méketaton et Ankhesenpaaton, figurées nues. La reine, coiffée de sa couronne particulière, porte une longue robe plissée tandis que son époux, vêtu d’un pagne également plissé, est coiffé de la couronne bleue ornée de longs rubans Le siège du roi est très simple tandis que celui de la reine porte le symbole officiel de l’union des Deux Terres. Le disque solaire Aton leur envoie ses rayons terminés par des mains qui tiennent le signe de vie. Le style excessif des corps aux bustes étroits, aux longs cous et aux cranes exagérément étirés vers l’arrière situe cette œuvre au début de l’époque amarnienne.

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    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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