La Vallée des rois

Nécropole des pharaons égyptiens au cours du Nouvel Empire (1580-1085 av. J.-C., XVIIIe à XXe dynastie) située au Nord-Ouest de sa capitale, l’ancienne Thèbes. Située sur la rive ouest du Nil, elle fait face à la ville moderne de Louxor. Bien qu’elle ne se trouve qu’à quelques kilomètres du fleuve, la vallée en est séparée par de hautes falaises et une longue voie tortueuse. Avant le Nouvel Empire, les pharaons étaient enterrés dans des complexes funéraires : tombes-pyramides et temples funéraires. Le pharaon de la XVIIIe dynastie, Aménophis Ier (de 1551 à 1524 av. J.-C.), abandonna cette tradition et construisit son temple plus près du fleuve, tout en cachant sa tombe, dans les falaises au nord-ouest. Ses successeurs l’imitèrent et installèrent leurs tombes dans la vallée. Bien qu’elles ne fussent plus constituées d’une pyramide faite de millions de blocs taillés, les tombes se trouvaient néanmoins au pied d’une montagne pyramidale aujourd’hui appelée Al Qurn (« !la corne ! »).

L’ensemble des nécropoles de Thèbes était placée sous la protection, d’Ahmôsis, Amenophis Ier, Ahmès Nefertari divinisés. Leur tombe se trouvait dans le secteur de Dra Aboul’Nagga en bordure de la vallée, celui de la nécropole des Antef derniers princes de la XVIIème dynastie.
Les tombes royales se situèrent par la suite à quatre kilomètres de là dans la Vallée de rois à quatre kilomètres plus à l’ouest dans les premiers replis rocheux du désert occidental. Plus d’une soixantaine de tombes y ont été retrouvées. Ces sépultures sont celles de la plupart des souverains qui ont régné du début de la XVIIIème dynastie à la fin de la XXIème ainsi que celles de princes et de certains personnages importants. Aucune n’est de façon certaine antérieure à Hatchepsout. On doit exclure en outre, le cas particulier d’Amenophis IV dont la tombe fut réalisée à Tell-el-Amarna. Un ouadi secondaire (la Vallée de l’ouest, encore appelée Vallée des singes) abrite un certain nombre de tombes mais la plupart se trouvent dans le ouadi principal de la Vallée de Rois dominé par la pyramide naturelle très imposante de la cime thébaine. Le lieu était aussi désert à l’époque pharaonique qu’aujourd’hui. Cependant cette vallée où les souverains creusaient leur tombeau en vue d’assurer leur renaissance dans l’au-delà n’était pas comme son nom l’indique un lieu de désespérance dans l’antiquité : il s’appelait Sekhet-âat "la grande prairie". Les tombes furent installées dans cette zone retirée pour être soustraites aux regards et ainsi mieux protégées. La nécropole était surveillée par les medjaï
(policiers du désert).

Mais cela n’a guère empêché de graves pillages dès le règne de Ramsès IX ainsi qu’à la XXIème dynastie. La richesse du mobilier contenu dans les tombes suscitait les convoitises et, dans ces périodes d’affaiblissement du pouvoir, le manque de surveillance et la corruption encouragèrent les vols. Ainsi de nombreuses momies royales enlevées de tombes profanées durent-elles être réinhumées pieusement mais à la hâte et sans luxe, toutes ensemble et dans d’autres tombeaux à la XXIème dynastie. La tombe d’Amenophis II dans la Vallée des Rois et une tombe voisine du temple de Montouhotep (appelée pour cela "cachette de Deir-el-Bahari) servirent à cet effet. Après cette période, la nécropole royale pillée, mal gardée éloignée de la résidence royale, fut abandonnée au profit de la nouvelle capitale : Tanis.

Une tombe installée dans la vallée des rois se trouve donc nettement séparée du temple de "millions d’années" correspondant. Sur le plan religieux cependant, le lien entre temple et tombe était, bien entendu, assuré. Tel est le cas des tombes et des temples de millions d’années de Ramsès II (le Ramesseum) et de Ramsès III (Medinet Habou) par exemple. La décoration des parois des tombes royales reproduit, d’un exemple à l’autre, différents textes sacrés : "Livre de ce qu’il y a dans la Daouat", Litanies de , Livre des Portes, Livre du jour et de la nuit, Livre des cavernes, Livre de la terre. Le roi accompagnant les dieux auxquels il s’assimilait triomphait ainsi de tous les obstacles.
Une tombe royale comprend un corridor d’accès et diverses autres salles situées sur le parcours d’un couloir axial descendant jusqu’à la salle du sarcophage (dite Salle de l’or). La décoration des tombes de Thoutmosis III et d’Amenophis II, très stylisée, apparaît comme une transposition directe sur les parois de textes écrits sur papyrus. L’ampleur de la tombe, sa complexité ou les coudes qu’effectuent le couloir central varient d’un exemple à l’autre. La première tombe de dimensions importantes
(celle d’Amenophis III située dans la Vallée de l’Ouest) est le prototype de toutes les grandes tombes royales réalisées par la suite. On peut voir notamment aujourd’hui, celles d’Horemheb, Séthi I, Ramsès VI, Ramsès III, Ramsès IX (celle de Ramsès II très abîmée n’est pas visitable). Dans ces grands hypogées royaux dont la longueur dépasse une centaine de mètres, la décoration des parois sculptée et peinte est très soignée. La salle du sarcophage comporte un plafond taillé parfois en forme de voûte et comporte des représentations dites "astronomiques" : évocation des constellations, des étoiles, des divinités du ciel. Dans celle de Ramsès VI est représentée la déesse du ciel, Nout. Symboliquement, le défunt, tel le soleil figuré sous la forme d’un disque, parcourait le corps de Nout pour renaître chaque matin. Aucune de ces représentations n’était destinée à être vue, une fois la tombe refermée, après l’accomplissement des cérémonies accompagnant l’inhumation du roi qui étaient assurées par son successeur.

Tombe de Toutankhamon

Ces scènes et textes avaient une valeur religieuse et jouaient leur rôle pour aider le défunt à triompher de tous les obstacles au cours du long et difficile parcours menant à la renaissance. Le roi défunt passait de l’état latent et sombre d’Osiris à la lumière éclatante de .
La petitesse de certaines tombes est due à la brièveté du règne. Cependant, malgré ses faibles dimensions, celle de Thoutânkhamon est exceptionnelle. Découverte en 1922, elle révèle la richesse extraordinaire du mobilier funéraire qui accompagnait un souverain dans l’au-delà. Le roi était entouré de tout les objets qui lui étaient utiles de son vivant : lits, sièges, chars, vases. Il disposait même d’aliments et de nombreux ouchebtis étaient à son service. Deux gardiens se trouvaient à l’entrée de la chambre funéraire où reposait la momie placée à l’intérieur de plusieurs cercueils et coffres emboîtés les uns dans les autres et entièrement plaqués d’or. Substance lumineuse et impérissable, l’or était la chair divine. La richesse du mobilier de Thoutankhamon laisse deviner quelle devait être l’ampleur des trésors qui furent dérobés dans les plus grandes sépultures.

Tombe de Thoutmôsis IV

Trente-quatre tombes furent découvertes sur ce site, la première fut celle de Séthi Ier, découverte par l’explorateur italien G.B. Belzoni en 1817. La momie de Séthos et 39 autres momies royales déplacées de leurs tombes originelles furent découvertes en 1881 dans une grande chambre funèbre creusée dans les falaises tournées vers le Nil. La plupart des tombes de la vallée des Rois furent taillées dans le roc et comprenaient une multitude de chambres, dont les murs étaient recouverts de textes hiéroglyphiques peints et sculptés et de scènes symboliques et magiques. La dernière tombe découverte (1922) fut celle de Toutankhamon, un pharaon de la XVIIIe dynastie. Elle fut la seule à ne pas avoir été totalement pillée au cours de l’Antiquité. Bien qu’elle ait été visitée deux fois par les pillards, elle contenait encore plus de 5 000 objets enterrés avec le jeune monarque. À l’exception de la femme de Thoutmosis II, Hatchepsout, qui régna elle-même, les femmes des pharaons furent enterrées à plusieurs kilomètres au sud de cette nécropole, dans la vallée des Reines

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    Thèbes au Nouvel Empire, des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans l’ancienne capitale de l’Égypte.
    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...

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