Le plus grand champ de cratères de météorites au monde découvert en Egypte

Le plus grand champ de cratères d’impacts de météorites actuellement identifié sur Terre a été découvert dans le désert libyque et pourrait indiquer qu’une pluie de météorites s’est abattue sur cette région du sud-ouest de l’Egypte il y a quelque 50 millions d’années, a annoncé mardi le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Ce champ de cratères, ou astroblèmes, a été localisé dans le Gilf Kebir et s’étend sur 5.000 kilomètres carrés. Fruit d’une mission franco-égyptienne (CNRS-Université du Caire), cette découverte, révélée dans le numéro d’octobre du Journal du CNRS, fera prochainement l’objet d’une publication dans les comptes rendus Géosciences de l’Académie des Sciences.

Une centaine d’impacts de 20 mètres à un kilomètre de diamètre et d’une profondeur allant jusqu’à 80 m ont déjà été repérés par cette équipe conduite par Philippe Paillou, de l’Observatoire de Bordeaux, et treize ont été étudiés en détail lors d’une première mission, début 2004.

Philippe Paillou travaille à la mise au point de radars pour l’exploration planétaire. Pour choisir les sites d’essais de ses prototypes, il utilise des images radar acquises par le satellite japonais JERS-1 entre 1996 et 1999. Après avoir remarqué, un jour, des structures géologiques circulaires partiellement cachées sous le sable, le planétologue a eu l’idée d’utiliser ces données pour rechercher des traces d’astroblèmes et a choisi des zones désertiques peu explorées, dans le Sahara.

En avril 2003, en Libye, Philippe Paillou détecte puis confirme sur le terrain deux cratères météoritiques datés de 140 millions d’années, ce qui porte à six le nombre d’astroblèmes situés dans le Sahara oriental. Quelques mois plus tard, le chercheur repère sur les images du satellite JERS-1 plusieurs sites prometteurs.

Naît alors un nouveau projet, qui consiste à passer par le Gilf Kebir. En février 2004, Philippe Paillou et ses collègues sont sur ce plateau méconnu, pour une mission de deux semaines.

Après les visites infructueuses de deux sites, l’équipe trouve enfin, sur un troisième, ses premières brèches d’impact, une sorte de "pudding de roches" rassemblées au bord d’un cratère, ainsi que des "cônes de percussion" (structures rocheuses spécifiques des impacts). Rapidement, la découverte apparaît beaucoup plus importante que prévu : des dizaines de cratères, au diamètre variant de un demi à deux kilomètres, sur une zone de plus de 5.000 km2.

L’équipe a pu identifier treize de ces astroblèmes, sur la centaine estimée. Les premiers échantillons, analysés en laboratoire, ont confirmé qu’il s’agissait bien d’impacts météoritiques.

"Jusqu’alors, on ne connaissait qu’une dizaine de champs d’impacts météoritiques dans le monde, dont le plus grand, en Argentine, ne couvre que 60 km2, explique le chercheur. Dans tous ces cas, il s’agit des conséquences d’un astéroïde unique qui se fragmente en pénétrant dans l’atmosphère terrestre : les fragments s’écartent et vont percuter le sol sur (...) quelques dizaines de kilomètres carrés au maximum."

Pour couvrir 5.000 km2, suppose Philippe Paillou, plusieurs météorites, et non une seule, ont dû se fragmenter à leur entrée dans l’atmosphère, ce qui constituerait une première. Une nouvelle mission, en décembre, devrait permettre de dater le site, de cartographier plus précisément le champ d’impacts et, peut-être, de retrouver dans les petits cratères des fragments des météorites elles-mêmes.

Voir en ligne : www.tv5.org

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    L’enquête est confié à un jeune Medjaï de la police de Pharaon, qui aidé par une praticienne d’origine libyenne va bien vite mettre la main sur un suspect. Mais les apparences sont parfois trompeuse...