Néfertiti la belle revient séjourner dans l’île aux musées de Berlin

Après un périple de plus d’un demi-siècle, le buste de la reine égyptienne Néfertiti est à nouveau exposé samedi dans "l’Ile aux musées", située dans le centre historique de Berlin et classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Le buste de Néfertiti, vieux de plus de 3 300 ans, et fleuron des collections égyptiennes de la capitale allemande est le clou de l’exposition archéologique qui s’ouvre samedi à l’Altes Museum et marque ainsi un temps fort de la 175e année du musée. Cette exposition est l’avant-dernière étape d’un long parcours qui s’achèvera seulement en octobre 2009 lorsque la réhabilitation du Neues Museum -lui aussi situé dans l’île et qui abritera Néfertiti- sera terminée.

La restructuration du Neues Museum suit actuellement les plans controversés de l’architecte anglais en vogue David Chipperfield qui prévoit d’intégrer les ruines actuelles du musée dans le bâtiment rénové, en mettant en évidence la différence entre les parties originelles, porteuses de "leurs propres histoire et signification", et les nouvelles. Néfertiti aura une place de choix dans ce nouvel ensemble. Il faut dire qu’avant la guerre la reine avait déjà séjourné dans cette île sur la Spree, au coeur de la capitale, sur laquelle a été construit entre 1830 et 1930 un ensemble de musées, "asile des Arts et de la Science". Néfertiti, dont le nom signifie "la belle est venue", est la première épouse d’Akhenaton (Aménophis IV), pharaon de 1353 à 1336 avant JC. Elle a appuyé la révolution religieuse accomplie par son époux, substituant au polythéisme traditionnel de la religion égyptienne le culte unique du Dieu soleil Aton. Akhénaton abandonna Thèbes et fit construire en plein désert une nouvelle capitale à Tell-el-Amarna (sud de l’Egypte). C’est dans ses ruines que le buste de la reine a été découvert en 1912 par un archéologue allemand Ludwig Borchardt et un mécène passionné, James Simon. Celui-ci le ramena à Berlin et l’intégra dans sa collection privée. En 1920, il en fit cadeau au Musée égyptien de Berlin. Vite connue et admirée des spécialistes comme du grand public, elle devint la "Mona Lisa" des musées de Berlin. Tant et si bien qu’Hitler la destinait à occuper la place d’honneur dans un nouveau musée égyptien de sa future "capitale mondiale Germania". L’Histoire en décida autrement et l’Egyptienne connut une succession de refuges précaires — le Trésor de la banque du Reich et un bunker anti-aérien — pendant la Seconde guerre mondiale pour finalement être retrouvée dans une galerie d’une mine de sel de Thuringe (centre-est de l’Allemagne). En raison de la division politique de Berlin, elle fut transférée en 1956 à l’ouest de la ville. Elle a alors été exposée pendant plusieurs décennies au musée égyptien de Charlottenburg.
En juin 2003, elle avait été l’objet d’une demande de restitution à l’Allemagne par les autorités égyptiennes lorsqu’avait été annoncé le projet du musée de Berlin d’ajouter un corps nu en bronze à son buste. Les Egyptiens y voyaient un "crime à l’égard du patrimoine humain et de la civilisation égyptienne", défigurant "la plus belle des reines de l’Egypte pharaonique" selon le journal gouvernemental égyptien al-Akhbar. Elle a définitivement quitté en février 2005 le musée de Charlottenburg -qui a fermé depuis-pour un séjour de quelques mois au Kulturforum (forum de la culture), le grand musée proche de la Potsdamer Platz, autrefois traversée par le Mur de Berlin.

Voir en ligne : Soure : La Nouvelle République

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