Pinedjem Ier

Pinedjem Ier est le fils de Piânkh et Hereret, il hérite d’abord de son père en -1070 de la charge de premier grand prêtre d’Amon à Karnak et de généralissime ; à cette époque Smendès Ier est pharaon à Tanis ; puis vers -1054 il devient le dirigeant de facto de la Haute-Égypte.

C’est sous son règne que les momies des rois du Nouvel Empire égyptien sont entreposées dans la cache de Deir el-Bahari (tombe DB320).

Pectoral au nom de Pinedjem Ier

Pinedjem Ier est le fils de Piankh et Hereret, il hérite d’abord de son père en -1070 de la charge de premier grand prêtre d’Amon à Karnak et de généralissime ; à cette époque Smendès Ier est pharaon à Tanis ; puis vers -1054 il devient le dirigeant de facto de la Haute-Égypte.

C’est sous son règne que les momies des rois du Nouvel Empire égyptien sont entreposées dans la cache de Deir el-Bahari (tombe DB320).

Il a trois épouses : Tenetnabekhenou , Isetemkheb II et Henouittaoui Ire qui est soit une fille de Ramsès XI, soit de Smendès Ier. Il a six enfants : sa fille Maâtkarê est la première divine adoratrice d’Amon, Psousennès Ier qui lui succède comme pharaon et épouse sa sœur Moutnedjmet, Masaharta, Djedkhonsouefânkh et Menkheperrê qui lui succèdent comme grands prêtres à Thèbes.

Pinedjem se fait couronner co-pharaon de -1054 à -1032 d’abord avec Smendès Ier, puis avec Amenemnesout qui lui succède à Tanis, puis enfin avec son fils Psousennès Ier. Grâce à cet état de co-régence et aux liens familiaux étroits qui le fonde, il va garder de bonnes relations avec les souverains du Nord bien qu’en réalité il consomme la séparation entre Haute et Basse-Égypte, séparation qui se transformera en rivalité annonçant l’anarchie qui suivra à la dynastie suivante.

Ouchebtis en faïence bleue de différends fils et filles de Pinedjem
Retrouvés dans la cachette royale de Deir el-Bahari Paris, musée du Louvre

Cependant au début tout semble coexister en paix. Il épouse Henouittaoui Ire une princesse royale probablement fille du roi de Tanis et c’est au nom de Smendès Ier qu’il assure un programme architectural essentiellement concentré sur la consolidation des édifices et de leurs enceintes à Karnak, Louxor et Médinet Habou [1]. Selon Arno Egberts, c’est également sous cette corégence que se déroulent les faits du récit d’Ounamon [2]. Ce prêtre est envoyé à Byblos pour chercher du cèdre du Liban pour refaire la grande barque sacrée du dieu de Thèbes. Les mésaventures qu’il subit tout au long de ce périple permettent de comprendre que l’Égypte avait complètement perdu son autorité et son influence sur les cités et royaumes du Moyen-Orient.

Devant une insécurité grandissante dans la région thébaine Pinedjem entreprend une nouvelle sauvegarde des momies royales des ancêtres du Nouvel Empire. Les dépouilles sacrées dont il avait la garde en tant que grand prêtre de Thèbes, sont rassemblées dans des cachettes après avoir été réinstallée dans des sarcophages épargnés lors des pillages des tombes royales. Ces faits sont datés de l’an 6 et de l’an 15 de Smendès Ier [3], et la tombe d’Amenhotep II devient l’ultime sépulture d’illustres pharaons tels Thoutmôsis IV, Mérenptah ou Ramsès IV. La tombe de la reine Inhâpy située à l’écart de la vallée et des nécropoles connues à Deir el Bahari est choisie comme autre cachette et reçoit elle, d’autres illustres pharaons tels que Ramsès II, Thoutmôsis III ou Ahmosis le célèbre fondateur de la XVIIIe dynastie.

À partir de l’an 16 de Smendès Ier il adopte une titulature royale et date les monuments et les faits officiels à partir de son propre règne et non plus en référence à la royauté du nord qui ne contrôle plus qu’une partie du pays. À Karnak devant le second pylône du grand temple d’Amon- qui à cette époque était l’entrée principale de l’enceinte, il fait ériger un grand colosse de granit, statue probablement plus ancienne qu’il fait réinscrire à son nom et s’approprie également le dromos de sphinx qui bordent la voie menant au grand temple [4]. Il intervient également au temple de Khonsou dont il poursuit la décoration et achève probablement la construction du pylône

Au nord il fortifie durablement sa frontière avec la monarchie tanite en faisant édifier une grande forteresse à El Hibeh [5] dont il confie le contrôle à son fils Masaharta qui lui succède en tant que grand prêtre d’Amon à la tête du clergé du dieu de Thèbes, donc de l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers détenus par les temples à travers toute la Haute-Égypte.

Puis à Tanis les événements changent progressivement l’équilibre des forces. Smendès meurt au bout d’un règne de vingt-sept années et c’est Amenemnesout dont l’origine n’est pas claire qui monte sur le trône. Certains égyptologues pensent qu’il est un descendant d’Hérihor et donc un rival de la famille de Pinedjem. La situation n’aurait donc plus été aussi cordiale et on conçoit aisément la nécessité de renforcer la frontière septentrionale du domaine d’Amon. Quoiqu’il en soit le danger est rapidement écarté car Pinedjem impose au roi tanite son fils Psousennès comme corégent et ce dernier monte sur le trône après le règne éphémère de Néferkarê Amenemnesout qui n’est resté sur le trône tanite que trois ou quatre ans. Cette reprise en main de la royauté de Basse-Égypte, rétablit un semblant d’unité des deux royaumes encore davantage liés par les relations familiales qui les unis. Psousennès commence donc son long règne en parallèle avec celui de son père.

Pinedjem meurt après un règne de de vingt-deux ans, et son autre fils Menkheperrê qui lui succède sur le trône de Haute-Égypte et poursuivra l’œuvre de son père.

Source : Wikipedia.org

Bibliographie

- Cyril Aldred, L’Égypte du crépuscule, Larousse, 1980 ;
- Nicolas Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne [détail des éditions], « Smendès et Pinedjem » ;
- Arno Egberts, « The Chronology of The Report of Wenamun. », dans Journal of Egyptian Archæology, no 77, 1991 ;
- Sydney Aufrère & Jean Claude Golvin, L’Égypte restituée - Tome III - Sites, temples et pyramides de Moyenne et Basse Égypte, Éd. Errance, 1997.

[1N. Grimal, p. 406

[2Cf. A. Egberts, p. 57-67

[3Cf. N. Grimal, p. 405

[4Cf. C. Aldred, Ch. II Statuaire, § 2. L’époque libyenne, p. 122

[5Cf. S. Aufrère, § El-Hiba (Ankyronpolis) et El-Sisîrîya p. 221

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