El Gouna : une autre Egypte sur les bords de la mer Rouge

, par   Jean-Paul COMBE

La vallée du Nil est si riche que la vie touristique égyptienne semble se réduire à cet étroit ruban déroulé d’Alexandrie à Assouan. Incontournable, certes, cette vallée est une pure merveille. Elle attire, à elle seule, le plus grand nombre de visiteurs. Ce qui semble occulter les autres destinations comme le delta, les oasis, le lac Nasser, le Sinaï, la mer Rouge...

Cependant, depuis quelques années, cette mer Rouge est une des régions qui connaît le plus fort taux de développement urbanistique .Hôtels, résidences, ressorts, poussent comme des champignons. A l’origine de ce succès : des plages et des fonds sous marins exceptionnels.

Plongée dans le succès

Longtemps plaque tournante de la contrebande et de trafics en tous genres, ce lieu est devenu la Mecque de la plongée. Il faut dire que cette mer possède beaucoup d’atouts : transparence et clarté, flore et faune, température de l’eau. Avec un simple équipement on peut déjà se sentir dans un vaste aquarium au milieu des poissons et des coraux.

Equipés de bouteilles les plongeurs les plus avertis descendront plus bas. Ils pourront même aller à la recherche d’épaves englouties. "Les plus beaux fonds marins sont là" aimait dire Cousteau. Et il savait de quoi il parlait.

Ainsi depuis une bonne vingtaine d’années, les villages de pêcheurs se transforment en stations balnéaires et centres de plongée : Quseir, Mara Alam, Hamata, Hurghada, Safaga, El Gouna...

Une station née d’un rêve

L’une de ces places se distingue : El Gouna. Elle est sortie du rêve d’un milliardaire copte du Caire, Sameh Sawiris. Fin des années 80, il cherche un ancrage pour son bateau. A quelques encablures d’Hurghada il découvre El Gouna, "la lagune", un lieu quasiment désert où sont posées quelques cabanes de pêcheurs.

Loin de la grouillante capitale et de la vallée des rois cet endroit de la côte orientale d’Egypte n’a pas vu grand monde depuis que Moïse et ses compagnons l’ont traversé pour rejoindre le Sinaï de l’autre côté.

C’est là que Sameh décide de construire sa maison avec une petite jetée. Sans le savoir et à cause de tracas administratifs il réalise une miracle quelques millénaires après le prophète.

Il bâtit sa villa sans se douter qu’il pose la première pierre d’un colossale chantier .Séduits ses amis le suivent puis l’administration s’en mêle. Elle lui rappelle que cette zone est destinée à des aménagements touristiques et que pour 30 villas il faut construire 60 chambres.

Qu’à cela ne tienne !

Ainsi est lancée la construction du premier complexe hôtelier. D’autres suivent, des villas et des résidences haut de gamme aussi. Aujourd’hui El Gouna est une ville de 10 000 habitants dont de nombreux occidentaux.

Avec 10 kilomètres de plage , ses allées et canaux La petite Venise de la mer Rouge, compte aujourd’hui une quinzaine d’hôtels, plusieurs dizaines de restaurants, un golf de 18 trous, un Casino, des galeries commerciales. Là, les propriétaires ont obtenu leurs licences à condition de s’engager à ne jamais racoler le chaland. Ce qui est parfaitement respecté. Sinon gare au cahier des charges.

El Gouna a aussi ses centrales électriques, ses usines de désalinisation, de mise en bouteille d’eaux minérales, une brasserie de bière, une école internationale, un hôpital moderne avec caissons de décompression.

Fait notable, la ville recycle tous ses déchets qui sont notamment transformés en compost, sacs d’emballage, pavés plastiques pour les rues. La ville a grandi, et pousse encore, dans une totale cohérence. Son père fondateur est aujourd’hui propriétaire de millions de mètres carrés très convoités. Mais Sameh Sawiris veille et impose le respect des règles strictes d’urbanisme.

Contrairement à certaines de ses voisines El Gouna a été construite avec soin et cohérence. Le béton se fait discret. Les couleurs pastels s’intègrent parfaitement aux tons turquoise de la mer et ocre des montagnes.

Station et de repos El Gouna se prête aussi à toutes les activités nautiques : ski, wake-board, voile, kit surf et bien évidemment plongée. Les loisirs terrestres ne sont pas en reste avec le quad, le karting, les balades à dos de chameau. De là on peut aussi envisager des excursions vers Louxor ou Le Caire.

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