Clépoatre - 1963

Cléopâtre (Cleopatra) est un film américain réalisé par Joseph L. Mankiewicz et sorti en 1963.

Synopsis

48 avant J.-C. Jules César tombe amoureux de Cléopâtre, lui fait un fils et la rétablit sur son trône d’Égypte. Quatre ans plus tard, après l’assassinat de Jules César, c’est au tour de Marc Antoine de tomber amoureux de la belle.



Fiche technique

- Titre : Cléopâtre
- Titre original : Cleopatra
- Réalisation : Joseph L. Mankiewicz
- Scénario : J.L. Mankiewicz, Ranald MacDougall, Sidney Buchman, d’après Plutarque, Suétone, Appien et The Life and Times of Cleopatra de C.M. Franzero
- Producteur : Walter Wanger et Peter Levathes (producteur exécutif, non crédité)
- Société de production : Twentieth Century Fox, MCL Films S.A. et Walwa Films S.A.
- Photo : Leon Shamroy et Jack Hildyard (non crédité)
- Musique : Alex North
- Décors : John De Cuir
- Costumes : Irene Sharaff (costumes d’Elizabeth Taylor), Vittorio Nino Novarese, Renie
- Chorégraphe : Hermes Pan
- Montage : Dorothy Spencer et Elmo Williams (non crédité)
- Pays d’origine : États-Unis
- Genre : Film historique, péplum
- Format : couleur par Deluxe :

  • Version 35 mm — 2.35:1 Scope — son stéréo 4 pistes
  • Version 70 mm — 2.20:1 Todd-AO — son stéréo 6 pistes

- Durées :

  • Première : 243 minutes (4 h 3)
  • Standard : 192 minutes (3 h 12)
  • Director’s cut : 320 minutes (5 h 20)
  • Restaurée : 248 minutes (4 h 8)

- Dates de sortie :

  • États-Unis 31 juillet 1963
  • France 25 octobre 1963


Distribution

- Elizabeth Taylor (VF : Claude Winter) : Cléopâtre
- Richard Burton (VF Jean-Claude Michel) : Marc Antoine
- Rex Harrison (VF : Roger Tréville) : Jules César
- Roddy McDowall (VF : Jean-Louis Jemma) : Octave
- Pamela Brown (VF : Marie Francey) : La grande Prêtresse
- Hume Cronyn : Sosigène
- Martin Benson (VF : Roland Menard) : Ramos
- Andrew Keir (VF : Claude Bertrand) : Agrippa
- Martin Landau (VF : Roger Rudel) : Rufio
- Kenneth Haigh (VF : Serge Lhorca) : Brutus
- Michael Gwynn (VF : Michel Gudin) : Cimber
- Andrew Faulds (VF : Gerald Castrix) : Canidius
- Richard O’Sullivan : Pharaon Ptolémée XIII
- Marne Maitland : Euphranor
- Francesca Annis : Eiras
- Marina Berti (non-créditée) : La reine de Tarsus

Autour du film

C’est le film de tous les superlatifs : un monument de quatre heures, au tournage titanesque et rocambolesque, qui mit son studio au bord de la faillite, avec moyens énormes, distribution de têtes d’affiches, caprices de stars, multiples reconstructions de décors, projet de cinq ans et tournage étalé sur deux ans, interrompu de nombreuses fois, etc. Malgré tout, le film a également marqué par la puissance du traitement du sujet et par son interprétation, dépassant les considérations personnelles et sentimentales chères à Hollywood dans ce genre de film, en les inscrivant cette fois dans une perspective politique et historique. L’ampleur de la mise en scène est ici mise au service et en contrepoint de l’art du dialogue, personnage principal de tous les films de Mankiewicz.



Une épopée intime

« Les gens ont tendances à croire qu’un film qui a coûté autant d’argent et dont on a tant parlé ne peut être qu’une gigantesque plaisanterie. Mais ce n’est pas le cas. Cléopâtre est une tentative sérieuse de faire la lumière sur l’une des plus grandes histoires de tous les temps. » - Rex Harrison

Histoire ancienne

Le 30 septembre 1960, le producteur Walter Wanger rencontre pour la première fois le président de la 20th Century Fox, Spyros Skouras, à propos d’un film sur la vie de la reine d’Égypte, Cléopâtre. Il ne sait pas encore que ce film lui prendra cinq ans de sa vie et qu’il deviendra l’un des plus chers de l’histoire d’Hollywood. Il ignore également que la star du film, Elizabeth Taylor, souffrira de problème de santé durant toute la production, qu’elle devra être opérée d’urgence et que son mariage avec le crooner Eddie Fisher tombera à l’eau lorsqu’elle s’éprendra de Richard Burton. Wanger ne peut pas non plus deviner que son premier réalisateur, le grand Rouben Mamoulian, ne résistera pas à la pression. Il ne sait pas que le remplaçant de Mamoulian, le tout aussi brillant Joseph L. Mankiewicz aura si peu de temps pour se préparer qu’il devra tourner la journée et écrire toute la nuit.

Lors de cette première réunion, Skouras, un Grec imposant à l’accent prononcé et au large sourire, demande à sa secrétaire de lui apporter le script de la version muette de Cléopâtre, réalisée par le studio en 1917. « Cléopâtre est le meilleur film que nous avons fait », a dit Skouras. « Faites la même chose et nous gagnerons beaucoup d’argent. Il a juste besoin d’être réécrit un peu. » Quand Wanger regarde le script de Skouras, qui ne faisait que quelques pages, il n’y trouve que les dialogues pour intertitres et les mouvements de caméra. Heureusement Wanger a déjà mis une option sur le livre intitulé The Life and Times of Cleopatra de C.M. Franzero.

Il s’agit ensuite de trouver l’actrice qui incarnera à l’écran la reine du Nil. Chez Fox, on pensait que n’importe quelle actrice à 100 dollars la semaine ferait l’affaire. L’une des premières sur la liste est la jeune Joan Collins. Wanger, lui, rêve d’Elizabeth Taylor. Lorsqu’il lui propose le rôle, l’actrice lui demande un million de dollars. À la surprise générale, le studio accepte. À l’occasion de ce film, Elizabeth Taylor fut la première actrice à toucher un cachet d’un million de dollars. Dans ce film, elle porta pas moins de 65 robes différentes.



Il est alors temps de trouver un réalisateur, mais aussi les acteurs pour les rôles de César et de Marc-Antoine. Mamoulian est choisi très vite pour réaliser le film. Mais le casting s’avère plus compliqué. Les premiers choix de Wanger se portent sur Lawrence Olivier pour César et Richard Burton pour Marc-Antoine. Mais Olivier décline l’offre et le studio ne veut pas de Burton. Il est finalement décidé que Peter Finch jouerait César et Stephen Boyd serait Antoine. Le romancier britannique Nigel Balchin est engagé pour écrire un scénario et John de Cuir travaille sur les décors. Il était prévu de tourner à Rome en 1960.

Mais les Jeux olympiques d’été qui ont lieu dans la capitale italienne cette année-là, rendent le tournage impossible, d’autant que le studio choisi par Mamoulian ne peut être insonorisé à temps. On décide alors d’un tournage en Angleterre. Malheureusement, le climat anglais de ce mois de septembre 1960 rend le travail impossible. Le brouillard épais et la pluie incessante font de l’Angleterre une pâle imitation d’Alexandrie ! « C’était de la folie, » se souvient Mamoulian. « La pluie, la boue, la neige fondue, le brouillard... Même quand il faisait à peu près beau, dès que l’on prononçait un mot, on voyait de la buée sortir de la bouche des acteurs ! »
La reine tombe malade[modifier]

L’automne anglais fait aussi des ravages sur la santé fragile de Taylor. En octobre, elle souffre de méningite. Puisqu’elle est dans presque toutes les scènes du film le tournage est interrompu. En attendant son rétablissement, Wanger et Mamoulian décident de faire quelques corrections sur le scénario, dont ils n’étaient pas satisfaits Ils demandent conseil à l’écrivain Lawrence Durrell (qui connaît bien le sujet, via sa série Le Quatuor d’Alexandrie), et au réputé Paddy Chayefsky. Mais Mamoulian n’est toujours pas satisfait. En janvier, le tournage n’a toujours pas commencé (seules dix minutes ont été tournées), Mamoulian perd patience et démissionne.



Joe Mankiewicz n’est pas a priori, un choix évident pour ce projet. Connu pour son intelligence acide et pour avoir réalisé des chefs-d’œuvre d’ironie tels que Ève (avec Bette Davis), rien ne laisse présager qu’il est le meilleur choix pour réaliser une épopée. Néanmoins, plusieurs choses jouent en sa faveur. En plus d’être réalisateur, il est un écrivain accompli, et on attend de lui qu’il mette un point final au scénario. Il a dirigé Taylor dans Soudain l’été dernier, et les deux s’entendent à merveille. Dès qu’il est engagé, Mankiewick retravaille le script. La production accepte de reporter le tournage de quelques semaines encore.

Les semaines deviennent des mois, et en mars, Taylor est victime d’une pneumonie. Une trachéotomie d’urgence doit être effectuée pour lui sauver la vie. Aux États-Unis, la presse fait circuler une rumeur selon laquelle l’actrice serait morte, à la grande frayeur de Skouras. Mais même si Taylor récupère vite, le début du tournage est reporté en septembre 1961 à Rome. Mankiewicz passe l’été à remanier le scénario. Il choisit de nouveaux acteurs pour jouer César et Marc-Antoine : Rex Harrison, avec qui il a déjà travaillé plusieurs fois, et Richard Burton, qui jouait à Brodway dans Camelot. Bien que Skouras désapprouve les deux choix, il ne peut pas se permettre de perdre Mankiewick. Les deux acteurs sont donc engagés.

Dans un article du 9 mais 1963, Mankiewick dit au New York Times : « J’ai eu l’intention d’écrire une pièce sur ces personnages depuis que j’ai tourné Jules César, Marc-Antoine m’a toujours fasciné. C’est un jeune garçon sous sa façade de guerrier. Il devient le bras droit de César, l’homme fort, et plus tard, il le copie dans ses batailles. Je voulais montrer une Cléopâtre qui a éveillé beaucoup d’ambitions chez César et pas la sirène traditionnelle. La première partie (entre Cléopâtre et César) utilise le style de la comédie sophistiquée. Le mot « amour » n’est jamais mentionné. La deuxième partie, qui implique Marc-Antoine, est plus luxuriante et romantique. Au niveau de la technique, je suis délibérément passé d’un style réaliste à un concept de prophétie, à travers la déesse Isis. Par exemple, lorsque Cléopâtre regarde l’assassinat de César, elle le voit à travers les flammes d’un rituel dans un temple. »



Le tournage commence finalement en septembre, bien que le scénario de Mankiewick ne soit qu’à moitié écrit. Les emplois du temps relèvent alors d’un véritable marathon. « Je me levais à 5 h 30 ou 6 heures du matin, et je prenais un Dexedrine », explique-t-il. « On me faisait une injection après le déjeuner pour que je tienne le coup l’après-midi. Puis on me faisait une injection le soir, pour que je puisse écrire jusqu’à 2 heures du matin, et une dernière injection à 2 heures pour que je puisse dormir. » C’est ainsi que le tournage a continué, interrompu régulièrement à cause de la santé de Taylor et dans la lutte constante pour réduire le budget sans cesse grandissant.
Les amants[modifier]

Mais il y avait bien sur d’autres sujets de distractions sur le tournage de Cléopâtre. Durant l’automne 1961, Taylor et Burton, qui étaient tous deux mariés, tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Alors que des rumeurs sortent des murs des studios, la presse s’empare du sujet. Pour alimenter ces rumeurs, un journal italien déclare que c’est Mankiewicz et Taylor qui ont une aventure, et que Burton sert seulement de couverture. Burton réplique en lançant à Mankiewicz : « Euh... Monsieur Mankiewicz, est-ce que je dois encore coucher avec elle ce soir ? » Mais Mankiewicz qui n’était pas en reste affirme : « La vérité, c’est que Richard Burton et moi sommes amants. Elisabeth Taylor nous sert de façade. », avant d’embrasser Burton sur la bouche.



Un nouvel empereur

Alors que le tournage s’achève enfin en été 1962, Skouras, le président de Fox, démissionne. Le studio a perdu plus de 40 millions de dollars en 1961, en grande partie à cause de Cléopâtre. Le budget initial de Wanger était de 2 millions, mais à ce moment-là, il dépassait déjà les 35 millions. Cléopâtre est devenu l’un des films les plus chers (en tenant compte de l’inflation, de 2005, soit 270 millions de dollars) de l’histoire du cinéma. Skouras est remplacé par Darryl F. Zanuck qui souhaite que Cléopâtre soit terminé le plus tôt possible. Mankiewicz pense qu’il a trop de matériel pour un seul film et propose de le diviser en deux films de 3 heures. Zanuck n’est pas d’accord. Il s’empare des bobines et fait faire un montage d’environ 4 heures.

Le 12 juin 1963, Cléopâtre sort sur les écrans. Les critiques sont mauvaises. Elizabeth Taylor est la cible de leur mépris, tandis qu’Harrison ressort avec les honneurs et hérite d’une nomination aux Oscars pour sa performance. Le film reçoit quatre oscars en tout : meilleure photographie, meilleure direction artistique, meilleures costumes et meilleurs effets spéciaux. Il a également été nommé pour l’Oscar du meilleur film. Rétrospectivement, il est facile de voir les vertus du film : le scénario de Mankiewicz et ses dialogues aiguisés révèlent l’ampleur de ces trois grandes figures historiques. Il a atteint le but qui était de réaliser une « épopée intime ».

Dans les années qui ont suivi, Mankiewicz, déçu par la version tronquée de Cléopâtre (le film est réduit de 20 minutes pour son exploitation commerciale), essaie de persuader Fox de lui restituer les images coupées. Mais toutes ses tentatives pour remettre la main sur les bobines sont restées vaines.



Récompenses et nominations

Oscars 1964 :

- Oscar de la meilleure photographie (couleur) pour Leon Shamroy
- Oscar de la meilleure direction artistique pour John DeCuir, Jack Martin Smith, Hilyard Brown, Herman Blumenthal, Elven Webb, Maurice Pelling, Boris Juraga, Walter M. Scott, Paul S. Fox, Ray Moyer
- Oscar de la meilleure création de costumes pour Irene Sharaff, Vittorio Nino Novarese, Renie Conley
- Oscar des meilleurs effets visuels
- 5 nominations : meilleur film, meilleur acteur (Rex Harrison), meilleure musique de film, meilleur montage et meilleur son.


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