2660 - 2635 av. J.C.
Si l’on doit en croire son nom et la graphie de sa titulature, Khâsekhemouy semble avoir exprimé l’ambivalence de la personne royale alternativement comparée à Seth et à Horus.
En effet, son nom signifie "Apparition des deux puissants" ; le serekh ou façade de palais est alors surmonté non pas de la seule image du faucon d’Horus, comme cela est courant, mais accompagnée de l’animal fantastique de Seth. Son prédécesseur Peribsen ayant pris Seth pour unique emblème royal, on peut imaginer là une volonté de contenter deux partis religieux adeptes respectivement d’Horus et Seth. Il semble ainsi que le règne de Khâsekhemouy ait représenté une ère nouvelle par un retour à l’unité à la suite d’une lutte de factions ayant divisé le pays. Sans doute cette stabilité politique constitue-t-elle la base sur laquelle s’appuie l’Ancien Empire. La reprise d’expéditions contre les Nubiens et les Libyens est l’image du retour à cette unité. Cet apaisement intérieur paraît conforté par des expéditions contre les Nubiens et les Libyens.
Des progrès technologiques notables font leur apparition dans le domaine de la métallurgie (fonte de statuettes de cuivre) ; l’usage de la pierre tend à se généraliser dans l’architecture avec une maîtrise nouvelle, sans connaître l’aboutissement marqué par le règne de Djéser.
La tombe royale se trouve - caractéristique Thinite - encore à Abydos. Elle est la dernière à y être construite ; elle est cependant la plus grande et sans doute la plus étrange : atteignant près de 70 mètres de long, elle présente une substructure formée d’un long couloir flanqué par 33 chambres-magasins destinées à abriter les offrandes funéraires. Ce corridor conduit à la chambre funéraire dont les murs sont construits en calcaire. Derrière celle-ci s’ouvre un nouveau corridor sur lequel débouchent dix autres magasins.
Non loin de la tombe s’élevait une structure monumentale en brique crue connue sous le nom de Chounet el-Zebib, grenier à raisins secs des Arabes. Le site d’Hiérakonpolis a révélé l’existence d’une structure architecturale semblable abritant deux statues du roi, un jambage de granit inscrit décrivant une cérémonie de fondation de temple, ainsi que des vases de pierre inscrits au nom de Nekhbet. Les deux statues portent les représentations imagées d’ennemis sacrifiés. Celles-ci, si elles font sans doute partie d’une iconographie royale balbutiante, témoignent d’une activité militaire. Une des femmes de Khâsekhemouy, Nymaâthep, devait par la suite recevoir un culte en tant que fondatrice de la IIIe dynastie.