Nout

, par  GOLVIN Jean-Claude, MARTINEZ Philippe

Déesse du ciel, elle est fille de Shou et Tefnout, et sœur et épouse du dieu Geb de la terre.

De leur union naissent Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Son nom semble être tout simplement un terme archaïque pour désigner le ciel. C’est son corps lui-même qui symbolise la voûte céleste et on peut souvent la voir telle une élégante jeune femme touchant le sol de ses mains et de ses pieds, tout en étendant son long corps gracieux au-dessus de l’Egypte. Elle est souvent représentée comme une jeune femme ailée, coiffée d’un petit pot nou. Ses ailes doivent permettrent de voir en elle un La formule des Textes des Pyramides 782 reconnaît son omniprésence :

"La terre toute entière se trouve sous toi, et toutes les choses sont entre tes bras".

Elle peut parfois prendre la forme d’une bonne vache, ce qui la confond parfois avec une autre déesse céleste, Hathor.

Selon Plutarque, elle aurait aussi donné naissance à Horus et serait ainsi pourvue de cinq enfants. Ne pouvant leur donner le jour durant aucun des 360 jours de l’année (voir calendrier ), elle se vit aidée par Thot qui fournit cinq jours supplémentaires de lumière. Les cinq jours épagomènes sont donc perçus comme les jours anniversaires de ses cinq enfants divins.
Déesse du ciel, elle est tout d’abord le lieu que parcourent les étoiles qui parsèment son corps et sa robe. Elle est leur maîtresse et règle leur marche ; il semble qu’elle ait d’ailleurs été mise en relation elle-même avec une constellation particulière. Elle avale les étoiles au matin avant de leur redonner naissance au soir. Elle est aussi celle qui avale le soir le soleil, étoile lui-même, à l’occident avant de lui redonner naissance à l’orient au matin. Il disparaît entre les bras de Nout au soir avant de réapparaître entre ses cuisses. Elle est "celle qui donne naissance aux dieux". Elle vomit en revanche le serpent chaotique Apophis. Elle est de ce fait précisément orientée : "Tes fesses sont à l’est, ta tête à l’occident" (Osirieion de Séthi Ier à Abydos). Pourvue de tant d’enfants, elle est souvent perçue comme une truie allaitante.

Cette possibilité de régénérer le soleil défunt quotidiennement lui a permis de devenir une divinité funéraire de premier ordre. Tout comme elle assume la régénérescence du soleil, elle assure celle du cadavre royal, en enveloppant le corps du roi. Le roi, dans les Textes des Pyramides (785 et 823), prie ainsi de mettre Nout enceinte afin de pouvoir se manifester lui-même comme la semence dans l’utérus de la déesse. Cette symbolique voit en elle le couvercle du sarcophage et dès l’ Ancien Empire, ce dernier est appelé "Mout", "la Mère". Le mort devient alors légitimement Osiris, fils de Nout. De ce fait, les soixante-dix jours qui voient la préparation de la momie sont perçus comme les soixante-dix jours d’invisibilité de certaines étoiles qui subissent elles-aussi une lente régénération dans le ventre de Nout. A partir du Nouvel Empire, elle est souvent représentée nue à l’intérieur du couvercle du sarcophage, étendant son corps au-dessus de celui du défunt. Le défunt peut ainsi retourner à l’intérieur de l’utérus maternel tout en accomplissant le voyage nocturne du soleil.

Nout assume la protection magique du défunt. Elle le protège contre les forces du chaos. Elle entoure la tombe et le sarcophage de ses bras. Elle apparaît au plafond du caveau ou sur le couvercle du sarcophage, tous deux souvent parsemés d’étoiles. Elle entoure le mort de ses bras, de la même façon qu’elle accueille Rê au soir. Tout comme le sarcophage maintient ou recrée l’intégrité du corps, Nout en est responsable. "Elle lui donne la tête, elle unit les os, elle ramène le cœur dans le corps". Mère, elle ne se contente pas de lui donner naissance. Elle lui apporte dans le domaine des morts nourriture et boissons ainsi que souffles d’air frais. Elle est alors souvent représentée sous la forme d’une déesse dans l’arbre.
Des cuillers à fard représentant une nageuse poussant devant elle une oie ou un canard étaient jusqu’alors perçu comme de simples objets d’agrément, tout en incluant certainement une forme de symbolique érotique liée à la régénérescence. Des études récentes tendent à voir dans la belle nageuse, Nout, alors que l’oie serait alors l’animal sacré de Geb . Ces cuillers seraient alors des rébus tridimensionnels liés au couple divin et leur découverte dans un contexte funéraire devrait permettre de leur attacher une symbolique magique puissante bien éloignée de la réalité futile des charmantes cuillers à fards.

Nout fut perçue par les Grecs comme une émanation de la déesse Rhéa, la déesse mère originelle.

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