Isis-Néféret

Isis-Néféret [1] est une reine d’Égypte de la XIXe dynastie, épouse de Ramsès II. On ne sait pas grand-chose sur elle si ce n’est qu’elle va réussir à imposer sa présence dans l’ombre du souverain.

Ses origines sont pratiquement inconnues et encore aujourd’hui très débattues. Certains spécialistes avancent qu’elle serait Syrienne, rapport au nom de sa fille aînée Bentanat Ire [2] et qu’elle aurait été donnée en mariage lors du règne de Séthi Ier au jeune corégent Ramsès II. D’autres pensent qu’elle est peut-être descendante du pharaon Horemheb. Ils reposent leur proposition sur le texte d’un ouchebti découvert, par Geoffrey Thorndike Martin, dans le puits I de la tombe de ce souverain, à Saqqarah. D’autres encore la donnent comme la fille d’un dignitaire de la cour du pharaon Séthi Ier. Il est presque évident qu’elle n’est pas d’origine royale car on n’a jamais retrouvé pour elle le titre de Fille du Roi (s3t-nswt) ou de Noble Dame (rpatt), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’était pas Égyptienne. Elle est l’une des grandes épouses royales de Ramsès II.

Stèle de Ramsès II accompagné d’Isisnofret et de leurs enfants - Assouan

Elle donne naissance au moins à deux filles, dont Bentanat, et à trois fils : le futur général Ramsès, Khaemouaset et Mérenptah, qui succédera au grand pharaon. Isis-Nofret était Hemet Nesout Ouret, c’est-à-dire Grande épouse royale, au même titre que Néfertari. Toutefois, Néfertari eut toujours la préséance sur la seconde Grande épouse royale : c’est elle qui portait le titre de Maîtresse de Haute et de Basse-Égypte et de Maîtresse des Deux Terres. C’est à elle que s’adresse la reine hittite Poudoukhépa après la conclusion du traité de paix avec l’Égypte.

Isis-Néféret n’est pas représentée sur les temples jubilaires de son royal époux, notamment au Ramesséum. À Abou Simbel, ce sont ses enfants seuls qui apparaissent en bonne place entre les jambes et de chaque côté des colosses qui flanquent l’entrée du temple. Ici comme partout ailleurs en Haute-Égypte, elle est absente des monuments de Ramsès II. C’est pourquoi, d’après Christiane Desroches Noblecourt :

« certains ont imaginé (…) l’éviction d’Isis-Néféret. D’autres l’ont fait mourir avant l’âge ! Il est une autre raison, sans doute essentielle, dont il faut avant tout tenir compte : Nofrétari avait mis au monde le fils aîné, prince héritier, Amonherouenemef [3]. »

Il se peut aussi que, du vivant de Néfertari, l’influence de la seconde Grande épouse royale ait été confinée à la Basse-Égypte, à Memphis ou à Pi-Ramsès, pour ne pas porter ombrage à l’épouse préférée. Une statue colossale d’Isis-Nofret datée de cette époque et retrouvée récemment à Bubastis en apporterait la preuve, et ce serait l’état des sites de Basse-Égypte qui expliquerait pourquoi la statuaire à son effigie est rarissime. Cette quasi-absence dans la documentation avant la mort de Néfertari serait par conséquent davantage le résultat de la mauvaise conservation des sites dans cette région d’Égypte plutôt que la conséquence d’une disgrâce que seule la place de son fils en tant qu’héritier du trône aurait levée.

Quoi qu’il en soit, après la mort de Néfertari, vers l’an 25 du règne, Isis-Nofret apparaît dans l’iconographie : sur une stèle de la région d’Assouan, en compagnie de Bentanat et de Mérenptah, puis, vers la même époque, dans une grotte du Gebel Silsileh [4]. D’après Christiane Desroches Noblecourt, « faute de mieux comprendre », la mise à l’écart antérieure s’expliquerait donc par le fait que « l’accent ait porté, jusqu’à sa mort, sur Nofrétari, celle qui avait enfanté le premier fils [5] ».

Sépulture

Le tombeau d’Isis-Néféret n’a jamais été retrouvé. Certaines hypothèses partant du postulat d’un « partage du pays » entre les deux Grandes épouses royales placent sa tombe à Saqqarah. Mérenptah, son fils, accorda d’ailleurs beaucoup d’importance aux sites de la région memphite et du delta.

Cependant, aucune découverte archéologique n’est venue confirmer cette théorie. Sans doute faudrait-il plutôt situer la tombe dans la vallée des reines, dans un hypogée qui reste à découvrir ; en effet, la rive occidentale de Thèbes était la nécropole royale des Ramessides.

Source : Wikipedi.org

[1Orthographié également selon les langues, Isis-Nofret, Iset-Nofret, Isisnéfret, Iset-Nofret, Isetnofret ou Isisnofret

[2Orthographié également Bint-Anath, Bintanath ou Bentanath, nom syrien signifiant Fille de la Déesse Anat

[3Ramsès II, p. 237-238

[4op. cit., p. 309

[5op. cit., p. 310

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