Eléphantine

, par  Jean-Luc

Cette cité correspond à la ville de l’éléphant, Abou. L’étude de nombreux textes permet d’imaginer qu’elle était un centre de commerce de l’ivoire originaire d’Afrique bien après que les éléphants eurent disparus de la vallée du Nil.

L’île d’Eléphantine est situé au point d’arrivé de la première cataracte, marquant la frontière entre la Nubie et l’Egypte. C’est un lieu d’échange économique, politique et spirituel très important entre les deux contrées. C’est aussi d’elle que dépendent les carrières orientales de granit gris ou rose qui seront employé un peu partout en Egypte.

Tout au long de l’Ancien et du Moyen Empire la ville fournit l’essentiel des contingents expéditionnaires qui se rendirent en Nubie. Eléphantine jouait le même rôle de tête de pont au Sud que Coptos à l’Est. Elle est le départ des places fortes nubiennes érigées sous la XIIem dynastie entre les deux premières cataractes. Elle permettait aussi le passage des cataractes aux embarcations se rendant ou venant de Nubie lors des hautes eaux.
Bien que peu étendu, le premier nôme jouait un rôle commercial bien plus important qu’Assouan.

La divinité majeure d’Eléphantine était Khnoum dont le temple assisté de deux parèdres, Anoukis et Satis marque au niveau architectural l’importance. Les prêtres de Khnoum firent gravé une stèle sur l’île de Sehel, situé en amont de la ville, donnant à leur clergé toutes les richesses du Dodéchashène (les 12 régions en amont) en vertu de l’importance du bélier divin sous le règne de Djeser, une famine ayant ravagé l’Egypte suite à de mauvaises périodes d’inondation. Khnoum veille en effet sur la crue qui s’élève sous ses sandales alors que Satis, assimilé à Sothis (la brélante Cirrius) déclenche sa venue. Khnoum, bélier divin règne sur les flots. On a retrouvé une nécropole de bélier sacrés, leurs dépouilles étaient couvertes de masques en cartonnage dorés.

L’exiguïté du site a contraint les constructeurs successifs à superposer leurs monuments. On retrouve ainsi l’histoire de la ville sous forme stratifié. La cité a été habité de l’époque préhistorique à la période gréco-romaine au cours de laquelle fut édifié le temple, dont les restes précédée d’une esplanade domine le Nil. On a découvert des chapelles sous le temple lui-même ; certaines, rénovées au Moyen Empire étaient dédiées à Héqaïb, nomarque divinisé d’Eléphantine et à sa famille. Le nilomètre servant à mesure la hauteur de la crue se trouvait au pied du temple. La différence par rapport à la hauteur idéale de 14 coudées permettait de connaître à l’avance l’importance des futures récoltes. D’autre monuments comme le temple périptère érigé par Aménophis III ou le petit temple de Thoutmôsis III ont été détruit. Il n’en reste que les croquis effectués par les premiers égyptologues.

Le Nilomètre d’Elephantine

La plupart des Pharaons ont voulu marquer leur attachement au sanctuaire de Khnoum et la cité qui marquait l’entrée symbolique du Double-Pays et assurait sa sécurité face aux hordes de Nubiens, Koushites ou Medjaï. Les fouilles ont ainsi dégagé de nombreux blocs réemployé datant de toutes les époques, surtout lors des périodes intermédiaires. Eléphantine a résisté à la fin de l’Egypte Antique, au Vem siècle la ville était encore le siège d’une colonie juive, constituée sous la domination perse, qui nous a laissé une vaste documentation.

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