Dendérah

À 50 kilomètres au nord-ouest de Louxor, près de l’actuelle Kenah, se dressent en bordure du désert les ruines de la ville de Dendéra. Son nom égyptien était « On de la Déesse » par opposition à « On du Nord » (Héliopolis) et à « On du Sud » (Ermant). Ce site, dont les origines remontent à l’Ancien Empire, est surtout célèbre par son grand temple dédié à la déesse Hathor. Si les noms de Khéops et des deux Pépi de l’Ancien Empire sont associés à l’histoire du monument ainsi que ceux de divers autres pharaons, les constructions actuelles ne sont pas antérieures à la XXXe dynastie.

Le temple de la déesse Hathor, commencé par Ptolémée XII Aulète et achevé par les empereurs romains, se distingue des autres temples gréco-romains par l’absence d’un pylône d’entrée et d’une cour à portiques ; un simple mur, aujourd’hui arasé, est précédé, à quelque distance, d’un propylône. Quatre colonnes à chapiteaux hatoriques ornent la façade de l’édifice, auquel on accède en rentrant directement dans le pronaos, érigé sous Tibère.

Le plafond de cette première salle, supporté par dix-huit colonnes, est essentiellement décoré de représentations astronomiques : les cinq planètes, les constellations, le zodiaque et la déesse Nout dont le long corps allongé est couvert des flots du Nil céleste. Les parois sont ornées de tableaux illustrant différents rituels royaux. La seconde salle, ou salle de l’Apparition, est entourée de six petites pièces cultuelles où étaient déposés les offrandes, le trésor et les divers produits donnés au temple. Au-delà d’une salle des Offrandes, d’où part un escalier permettant de gagner la terrasse du temple, le vestibule donne accès au saint des saints ainsi qu’à l’étroit couloir qui en fait le tour et dessert onze chapelles divines.

Mais l’originalité de ce temple est surtout due au développement exceptionnel de ses cryptes ménagées dans l’épaisseur des murs ou des fondations et à la présence de la chapelle du Nouvel An ainsi que de nombreuses chapelles osiriennes. Les treize cryptes, d’un accès parfois difficile, avaient plusieurs fonctions : les unes servaient d’entrepôts pour les statues, d’autres étaient peut-être le théâtre de diverses cérémonies ; onze cryptes sont entièrement décorées de scènes religieuses dont le sens n’est pas toujours élucidé. La chapelle du Nouvel An, précédée d’une cour accessible à partir du vestibule, était le cadre de la principale fête célébrée dans le temple : la panégyrie du commencement de l’An ; le plafond de cette petite pièce est orné d’une figure de Nout avalant le soleil à l’ouest et le mettant au monde à l’est. Érigées sur le toit du temple, les six chapelles osiriennes abritaient les cérémonies du rituel de la renaissance d’Osiris au mois de khoiak. En avant du grand temple, entre l’enceinte et le propylône, se dressent diverses constructions : deux mammisis, ou temples de l’Accouchement, l’un de Nectanébo Ier, lautre de Trajan, tous deux sont ornés de reliefs relatifs à la naissance et à l’allaitement du dieu-enfant par Hathor. Entre ces édifices se trouve une basilique copte fort intéressante par la netteté de son plan. À l’angle sud-ouest du temple est creusé le lac sacré, l’un des mieux conservés d’Égypte. Enfin, au sud, un petit temple d’Isis, érigé sous Auguste, aurait vu la naissance de cette déesse.

© 1995 Encyclopædia Universalis France S.A.

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