Le musé du Caire Les Chefs d’oeuvres de l’art Egyptien

Au cours du XIXe siècle, les monuments de l’ancienne Egypte furent saccagés par des marchands d’art sans scrupule, avec la complicité des autorités locales, soucieuses de prodiguer des signes de complaisance à l’endroit des puissances occidentales.
Le gouvernement égyptien décida donc d’intervenir pour faire cesser ce trafic et, après avoir interdit l’exportation des pièces archéologiques, fit construire un musée pour y conserver et protéger les trésors de l’ancienne Egypte.
Le musée actuel, inauguré en 1902, est un édifice de deux étages. Situé au centre de la ville, il possède un petit jardin orné d’épigraphes et de statues antiques.
Le rez-de-chaussée, entièrement consacré à la sculpture, aux reliefs peints et aux sarcophages, est dominé par les statues colossales d’Aménophis III et de la reine Tiyi, placées au fond du grand hall.
Quant au premier étage, il est en grande partie occupé par le trousseau funéraire de Toutankhamon : le masque et les sarcophages en or, les bijoux, le trône d’or, la vaisselle d’albâtre et le mobilier.
Les collections exposées sont d’une telle richesse qu’une seule journée ne suffit pas pour effectuer une visite complète.

Les chefs d’oeuvres

Canards dans un marais de papyrus

Les sols et les murs des palais royaux aux innombrables salles officielles sont recouverts de peintures sur plâtre aux couleurs vives.
Cette peinture de sol, provenant de l’un des palais qu’Akhenaton fit construire dans la nouvelle capitale, reproduit une scène naturaliste : quelques oiseaux volant sur les marais autour du Nil, entourés de toutes parts de plantes et de fleurs des plus variées.
Le sujet des scènes, présent dans d’autres peintures - la vallée du Nil, sa flore et sa faune - fut peut-être retenu pour célébrer la beauté sur laquelle le pharaon règne.
L’ensemble reflète toutefois un schématisme rigide. En effet, bien que l’artiste ait soigneusement caractérisé les différents types de plantes, les corps sont délicats, peu nombreux ; les oiseaux se trouvent tous plus ou moins dans la même position et la surface de leur corps n’est pas uniformément recouverte de peinture, mais présente de nombreux espaces laissés en blanc.
La scène était entourée d’un cadre bleu dont il reste une trace dans le coin gauche de la fresque.

Cortège funèbre

Des scènes funèbres décoraient habituellement les tombeaux des hauts dignitaires. On voit représentée ici la procession solennelle accompagnant le transport du sarcophage. Quelques femmes, disposées sur deux rangs, frappent des cymbales et dansent. Les vêtements lâches laissent transparaître les corps féminins dont le large bassin semble se mouvoir au son des instruments.
Particulièrement dynamiques, les deux figures qui tournent la tête en arrière offrent au vent leur abondante chevelure. Les pieds, à la forme étrangement allongée, semblent battre le rythme de la musique. Deux petites filles, représentées en dimensions beaucoup plus réduites, frappent les crotales avec de grands gestes et dansent avec de gracieux mouvements du buste.
Devant ce groupe féminin tourbillonnant, un cortège d’hommes évolue solennellement, à grands pas. Les premiers de la procession lèvent une main en signe de salut et, de l’autre, tiennent un bâton.
Viennent ensuite deux rangées de trois hommes, les bras levés au ciel : les premiers, chauves, portent de larges jupes évasées, tandis que les seconds portent de longues perruques et de larges châles.
Cette scène, vivante et expressive, qui provient de Saqqarah, animait la paroi d’une demeure éternelle.

Cuillère à maquillage

Cette cuiller de maquillage appartient à une vaste série d’objets de toilette que l’on déposait dans les tombeaux. Le corps ovale du canard constitue la partie creuse, tandis que les ailes, exécutées séparément et appliquées dans les deux encoches encore visibles, formaient le couvercle.
La tête de l’animal était également sculptée à part. Le manche est formé d’une figure féminine nue qui s’accroche aux pattes du canard comme pour se faire traîner dans l’eau. La chevelure de la jeune nageuse, aux mèches disposées en rayons et dont les boucles encadrent le visage, est rendue avec une précision impressionnante.
Le seul ornement de cette silhouette mince et élancée est un collier de perles.
Les pieds allongés et les jambes légèrement écartées dynamisent la silhouette et constituent un élément d’équilibre avec le bec ouvert du canard, à la langue pointue, placé à l’opposé.
La cuillère était peinte de couleurs vives et décorée d’incrustations en pâte bleue.

Fausse porte d’Imem

C’est pendant l’Ancien Empire que l’on commença à disposer autour des pyramides les tombes des parents du pharaon et des hauts fonctionnaires.
La chapelle cultuelle de chaque tombe portait une stèle gravée imitant l’entrée d’un édifice. Par cette stèle, appelée " fausse porte ", l’âme du défunt pouvait sortir du monde des vivants et recevoir les offrandes.
Au centre de la stèle, on entrevoit, comme à travers une fenêtre, une scène du repas à laquelle le défunt prend part. Assis à table, Imem allonge la main droite pour toucher un grand bloc rectangulaire de couleur orange qui figure un pain.
Au-dessus des pains, une inscription énumère une série d’offrandes de différents types. A chacune d’elle est associé l’idéogramme indiquant le nombre mille : " mille pains, mille pichets de bière, mille têtes de bestiaux, mille volatiles, mille pièces d’étoffe et mille vases d’albâtre " Ainsi le défunt était-il assuré de pouvoir se nourrir pendant l’éternité. Sur les deux battants de la porte, on peut voir Imem se déplaçant vers la sortie du tombeau.
Le défunt apparaît aussi sur les côtés, avec un bâton et un sceptre, traditionnels insignes de son rang. Les inscriptions hiéroglyphiques demandaient au dieu des morts, Osiris, de protéger le défunt et de lui garantir une vie heureuse dans l’au-delà.

Frise des oies

La frise des oies, dans la tombe d’Itet à Meïdoum, est un exemple remarquable de peinture rupestre de l’Ancien Empire. Il s’agit d’une scène indépendante, qui faisait toutefois partie d’une représentation plus grande de volatiles, peinte sur une mince couche de plâtre appliquée sur la pierre.
Le corps des oies est rendu avec un grand naturalisme. En ce qui concerne les couleurs, le choix d’une teinte claire pour le fond permet de souligner la richesse du plumage. Des touffes d’herbe, également claires, remplissent les espaces vides et forme un élément de liaison entre les oiseaux, créant un ensemble harmonieux et parfaitement symétrique. Toutefois, la composition pêche par une trop grande rigidité : si l’artiste possède une bonne connaissance des caractéristiques de chaque volatile et sait en différencier le plumage, la disposition des animaux n’est pas naturelle et ne donne nullement la sensation du mouvement. Seules les têtes baissées des deux oiseaux aux extrémités de la frise tentent timidement de rompre la raideur de l’ensemble.

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