Le couronnement d’Horemheb

Titulature.

Que vive Horus « le taureau puissant, aux dessins intelligents », les Deux Maîtresses « Celui qui accomplit de grandes merveilles dans le temple de Karnak », Horus d’or « Celui qui se satisfait de la Vérité-Justice et fait venir à l’existence le Double Pays », le roi de Haute et Basse Egypte, seigneur des Deux Terres « Magnifiques sont les devenirs de , l’élu de  », le fils de , seigneur des apparitions glorieuses « l’aimé d’Amon, Horemheb », aimé d’Horus, seigneur de Het-nesout, doué de vie, comme , éternellement.

Le Prince du Pays.

Le dieu parfait, fils d’Amon, descendant de Kamoutef, celui qu’a élevé Amon le roi des dieux, dont Horus fils d’Isis est le gardien assurant la protection magique de son corps. Il est sorti du sein (maternel), déjà paré de prestige et revêtu de la couleur divine... Son bras pendait encore comme celui d’un enfant que les grands comme les humbles déjà se prosternaient, les nourritures lui communiquaient leur force alors qu’il était un petit, sans sa raison encore. Image divine, avec sa couleur, pour les yeux de celui qui contemple sa forme ; la protection de son père Horus était derrière lui, car celui qui l’avait engendré assurait aussi sa garde... Il (Horus) connaissait le jour de son avènement, quand il lui donnerait la royauté qui lui revenait. (En attendant), ce dieu exaltait son fils devant le peuple entier du pays ; il désirait « étendre ses pas » jusqu’à ce que vienne le jour où il recevrait sa fonction, et il se manifestait comme l’aimé du roi, auprès de lui. Le coeur du souverain était satisfait de sa condition, se réjouissant de son élection. Il (Horus) l’établit en tant que « Bouche Supérieure du Pays », pour fixer la loi des Deux Rives et en qualité de « Prince du Pays tout entier » ; il était l’Unique, sans pareil, et les destins des Deux Terres étaient dans sa main.

Le peuple entier du Pays se réjouit de ses paroles ; lorsqu’il est appelé en présence du monarque, quand le palais se met en colère, dès qu’il ouvre la bouche et répond au roi, il (le palais) se satisfait de ses paroles - lui, l’Unique, l’efficient, dont le semblable n’est pas venu à l’existence... Tous ses desseins sont dans les pas de l’Ibis (= Thot), ses pensées sont à l’image de celles du Seigneur de Heseret (= Thot), tandis qu’il se réjouit de la Vérité- Justice comme le Premier ( = Thot), le coeur en fête à cause d’elle comme Ptah ; lorsqu’il s’éveille le matin, il fait une offrande en la présentant..., marchant sur le chemin de la déesse ; c’est elle qui assurera sa protection sur terre pendant la durée de l’éternité.

Ainsi il administre le Double Pays durant le temps de nombreuses années ; on lui fait rapport sur les travaux des Deux Terres et le gouvernement de la Haute et de la Basse Egypte ; les magistrats s’avancent vers lui, courbés, jusqu’à la double porte du palais royal ; les chefs des Neuf Arcs, du Sud comme du Nord, s’approchent de lui, leurs bras étendus, à sa rencontre ; ils l ’honorent comme un dieu ; on accomplit toutes les tâches selon son ordre... Lorsqu’il s’avance, son prestige est immense devant tout le peuple, on émet le souhait de santé et prospérité pour lui, le père des Deux Rives, raison excellente, qui relève d’un don divin pour fixer la loi du Double Pays.

Le couronnement.

Après que des jours nombreux se furent ensuite écoulés - le fils aîné d’Horus ayant le titre de « Bouche supérieure » et de « Prince de ce pays tout entier » -, alors, le coeur de ce dieu auguste, Horus seigneur de Het-nesout, désira établir son fils sur le trône éternel. . . Il se rendit, parmi la liesse, jusqu’à Thèbes, la ville du Seigneur de l’éternité, tenant son fils embrassé, puis jusqu’à Karnak, pour le présenter à Amon, afin que lui fût transmise sa charge royale et qu’il accomplît son temps de vie. Or, Amon-, seigneur des trônes du Double Pays, était sorti, joyeux, à l’occasion de sa belle fête de « Chef du Harem du Sud ». La Majesté de ce dieu aperçut alors Horus, seigneur de Het-nesout, son fils était avec lui ; (Horus était venu) pour le lui présenter, afin que lui soient donnés sa charge et son trône.

Amon- fut plein de joie lorsqu’il vit... Puis il s’approcha de ce noble personnage, prince à la tête du Double Pays, Horemheb ; il se dirigea ensuite vers le palais royal, et plaça Horemheb devant lui, près de la chapelle per-our, pour sa fille, la noble dame, aux grands charmes magiques : les mains de la princesse firent un geste de salutation respectueuse, elle entoura sa beauté (de ses bras), puis se plaça devant lui. L’Ennéade divine et les seigneurs de la chapelle per-neser étaient dans l’exultation à cause de son couronnement. Nekhbet et Ouadjit, Neith, Isis et Nephthys, Seth, la divine Ennéade entière qui préside au grand trône, prodiguaient des louanges qui s’élevaient jusqu’à la hauteur du ciel : « Voyez donc, Amon est venu, son fils devant lui, jusqu’au palais, pour fixer sa couronne sur sa tête, pour allonger sa durée de vie entière. Nous nous sommes réunis afin d’affermir pour lui la double couronne et de compter pour lui les ornements de . Nous honorons Amon à cause de lui : « Tu nous as amené notre protecteur ; donne-lui les jubilés de , les années d’Horus en qualité de roi, car c’est lui qui satisfera ton coeur dans Karnak, de même qu’à Héliopolis et à Memphis, c’est lui qui les rendra durables. " Que l’on établisse le grand nom de ce dieu parfait et sa titulature, à l’instar de celle de la Majesté de , savoir :

Horus, le taureau puissant, aux dessins intelligents" ;
les Deux Maîtresses" Celui qui accomplit de grandes merveilles dans le temple de Karnak » ;
Horus d’or Celui qui se satisfait de la Vérité- Justice et fait venir à l’existence le Double Pays » ;
Roi de Haute et Basse Égypte" Magnifiques sont les devenirs de , l’élu de " ;
Fils de « l’aimé d’Amon, Horemheb ", doué de vie. »

La fête à Louxor.

La Majesté de ce dieu auguste, Amon, roi des dieux, sortit du palais, son fils devant lui, après qu’il eut enlacé sa beauté, couronnée du casque royal, afin que soit renouvelé pour lui le circuit du disque. Les Neuf Arcs étaient sous ses sandales ; le ciel était en fête, la terre submergée de joie ; les dieux de l’Ennéade du Pays Bien-Aimé, leur coeur était heureux ; le peuple entier de l’Égypte était dans le contentement, il criait jusqu’au ciel ; les grands et les petits, la jubilation était sur eux comme un vêtement ; le pays tout entier exultait. Après l’achèvement de cette fête à Louxor, Amon-, le roi des dieux, s’en revint en paix à Thèbes (Karnak).

Horemheb , roi.

Sa Majesté navigua vers le nord, telle l’image de Horakhty. Puis il organisa ce pays, il l’aménagea comme au temps de . Il restaura les temples des dieux, depuis les marais du Delta jusqu’en Nubie, il façonna toutes leurs images sacrées, dont le nombre fut plus grand qu’auparavant, augmentant la beauté de tout ce qu’il faisait ; et se réjouit de les voir (ces monuments), qui avaient été, précédemment, trouvés en ruine. Il érige encore des temples ; il fabrique cent statues, dont les corps sont vrais, en toutes sortes de pierres précieuses. Enfin, il rechercha les biens-fonds des dieux, qui étaient dans les places saintes de ce pays, il les rétablit tel qu’ils étaient depuis le temps de la Première Fois, il déposa pour les dieux des offrandes quotidiennes ; toute la vaisselle de leurs temples était travaillée en or et en argent ; il pourvoit ceux-ci de prêtres-ouâb , de prêtres-lecteurs et d’une élite de soldats ; il leur assigna des champs et des troupeaux, dotés de toute la domesticité (nécessaire).

Cependant, les hommes se levaient tôt pour rendre hommage à , à la pointe de l’aube, chaque jour : « Exalte pour nous la royauté de ton fils, qui satisfait ton coeur, " Magnifiques sont les devenirs de , l’élu de ", accorde-lui des millions de jubilés. Fais en sorte qu’il remporte la victoire sur tous les pays, comme Horus fils d’Isis , de même qu’il apaise ton coeur en Héliopolis, lui, le conjoint de ta divine Ennéade. »

Qu’il soit le fils charnel ou l’élu des dieux (les signes du choix sont divers, souvent évidents), le Pharaon d’Égypte est le gardien de l’équilibre du monde. Il protège les dieux, restaurant les temples ou en érigeant de nouveaux, pourvoyant par le rituel quotidien à tous les besoins des divinités qui ont créé l’univers et chassé le chaos ; il administre les hommes, dans le respect de la Vérité et de la Justice ; il « suit les pas » de la déesse Maât->164] (qui en est le symbole) et du dieu Thot (dieu de la connaissance et de la rectitude).

Il est un médiateur obligé, naturel, indispensable.

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