La tombe de Khnoumhotep II

, par  Jean-Luc

Vivant en 1900 avant notre ère, Khnoumhotep II était le fils de Neheri et de Baquet, fille de Khnoumhotep Ier. Il avait deux épouses : Cheti et Tjat. Il fut nommé gouverneur de la ville de Menât-Khoufou (l’actuelle Minyeh) en l’an 19 du règne d’Amenemhat II. Il fut aussi par la suite nomarque du nome de l’Oryx (le seizième nome).

Khnoumhotep Ier, son grand-père, était déjà un personnage important qui portait le titre d’ « administrateur du désert de l’Est à Menât-Khoufou ». Son fils Nakht lui succéda comme chef de cette cité sous le règne de Sésostris Ier, et Khnoumhotep II reprit ensuite cette charge familiale. Il gérait toutes les affaires en rapport avec le désert oriental. Il reçut une délégation de 37 asiatiques dirigé par un certain Abichaï, qui était une sorte de patriarche. La caravane apportait de la galène, minéral qui entrait dans la composition du fard à paupières noir, ainsi que de 2 gazelles. L’arrivée de cette délégation eut lieu en l’an 6 du règne de Sésostris Ier. La scène a été reproduite sur les murs de la chapelle de Khnoumhotep II.

vue générale de la tombe de Khnoumhotep II

222 colonne de hiéroglyphes

La sépulture de Khnoumhotep II appartient au type le plus élaboré des tombes de Beni Hassan. Le portique d’entrée mesure 7 m 20 de largeur et 2 m 13 de profondeur. Il est soutenu per deux colonnes à 16 pans. La chapelle quadrangulaire mesure 9 m 70 de côté sur 5 m 89 de hauteur. Quatre piliers ordonnés en deux rangées soutiennent le plafond. Une niche dans le mur du fond abritait à l’origine le statue du du défunt. Deux puits conduisant à des caveaux s’ouvrent sur le côté sud de la tombe.

La partie inférieure des murs de la chapelle est recouverte de 222 colonnes de textes, dont les hiéroglyphes verts se détachent sur un fond rosé imitant le granit. Ces texte évoquent la vie de Khnoumhotep II, tout en nous renseignant sur la fonction nomarque et sur les débuts de la XIIe dynastie, qui régna de 1991 à 1778 avant notre ère.

Khnoumhotep II raconte l’histoire de sa famille, explique les fonctions importantes que ses différents membre ont remplies pour le compte des pharaons de la XIIe dynastie, relate sa propre gestion du nome, évoque ses enfants ainsi que la construction de son magnifique tombeau par l’architecte Baquet.

Khnoumhotep II participant à une chasse dans le désert

Un bestiaire extraordinaire

La décoration de la tombe reprend les thèmes traditionnels des sépultures de l’Ancien et du Moyen Empire, mais présente aussi des images originales. Sur le mur ouest, on peut voir Khnoumhotep II assis sur un siège tenant l’extrémité d’un filet de chasse rempli de toutes sortes d’oiseaux. Autour du filet, une multitude de volatiles se reposent ou s’envolent dans les fourrés des marais. Sur la paroi sud, le nomarque est représenté assis à une table d’offrande, accueillant le défilé des porteurs d’offrandes qui lui présentent de la nourriture, des fleurs, du bétail, du mobilier, des parures. Au dessus de lui des formules d’offrandes énumèrent ces denrées tandis qu’un menu en fait le décompte. Sa première épouse lui fait face un peu plus loin, également attablée devant des offrandes. Derrière elle se tiennent des trois filles et la seconde épouse. Sur le mur nord, le défunt participe à une grande chasse dans le désert. Les animaux sauvages sont blessés ou capturés. Des lévriers en laisse accompagnent les chasseurs. Un curieux animal à tête de léopard porte sur son dos une tête humaine entourée de deux ailes déployées. Gazelles, hyènes et chacal sont également représentés. Sur les autres murs, on assiste à des parties de pêche et de chasse au filet. Des oiseaux volent guettés par des félins.

Khnoumhotep II chassant les oiseaux dans les marais

L’arrivée des étrangers

La scène la plus célèbre reste celle du défilé des Asiatiques, qui se déroule sur le mur nord. Les étrangers sont coiffés et vêtus à la mode de leur pays. Les hommes ont des cheveux bruns courts, assez volumineux, et une barbe pointue remontant sur les joues. Ils sont vêtus de pagnes ou de robes drapées sur une épaule confectionnés dans es tissus chamarrés à motifs géométriques blanc et rouges. Leurs pieds sont chaussés de sandales lacées. Les femmes ont des cheveux long retenus sur le front par un bandeau de tissus clair. Leurs robes, dégageant parfois une épaule, descendent jusqu’à mi-mollet. Elles sont taillées dans des tissus du même type que ceux des parures masculines. Elles portent des chaussures remontant jusque sur les chevilles. Les enfants marchent devant elles, les plus petits ballottés dans un panier sur le dos d’un âne. Deux personnages poussent devant eux des gazelles captives destinées au nomarque. Les hommes tiennent leurs armes de chasse et des instruments de musique. La troupe pacifique avance doucement vers le défunt représenté en grande taille, debout, sa canne à la main. Un héraut égyptien lui tend un papyrus annonçant et datent l’événement.

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