Le costume féminin

, par  Jean-Luc

Les Egyptiennes rivalisaient plus en beauté par la variété de leur coiffure, de leurs bijoux et de leurs maquillages que par leur tenue. La mode vestimentaire est resté assez stable jusqu’à la XVIIIe dynastie, période à laquelle la mode s’est vraiment mis à dicter les canons de la beauté vestimentaire.

La tenue typique de la femme égyptienne était composé d’une longue robe-fourreau moulante en lin tissé retenue par des bretelles et s’arrêtant sous les seins, les laissant découvert. Les déesses ont ainsi été représentée pendant près de 3 000 ans. Ce vêtement mettait en valeur les formes des femmes, qui portaient parfois par dessus, une tunique transparente à manche longue. Au Moyen Empire, certaines rajoutaient une résille à motifs par dessus cette tunique. On peut à ce sujet voir au Louvre, une statuette en bois représentant une porteuse d’auge vêtue d’une robe moulante décorée d’une résille dont le motif polychrome imite le plumage d’un oiseau.

Seule la variété des bretelles apportaient une touche personnelle. Certaines ce croisaient ou se rejoignaient, la plupart partaient en ligne droite de la robe à l’épaule. Sous l’Ancien Empire, elles recouvraient les seins et étaient ornées de rosette. A partir du Moyen Empire, et surtout sous le Nouvel Empire, elles deviennent très fine et découvrent de plus en plus les seins. Les robes et les bretelles sont toutes deux blanches bien qu’on est retrouvé quelques exemples - surtout à lAncien Empire - de robe arborant des couleurs vives, tel le rouge, le bleu ou le vert.

Porteuses d’offrandes, Nouvel Empire

La haute-couture

Le Nouvel Empire fut marqué par une créativité sans égale dans la mode vestimentaire. Les femmes osèrent toutes les audaces pour se mettre en valeur. Le rayonnement du Double Pays, ses relations commerciales et politiques et les influences étrangères qui en découlèrent sont les principales causes de ce changement.

Les vêtements se firent plus amples et plus sophistiqués. Les femmes portaient des robes nouées sous la poitrine et retombant jusqu’aux pieds en s’évasant. Le lin devient de plus en plus fin, de plus en plus travaillé. C’est à cette époque que l’on voit apparaître des toilettes très élaborées à base de drapés et de plissés. Pour obtenir ces plis parfait, que l’on peut admirer sur le fameux buste de Néfertiti, les Egyptiennes humectaient le tissus puis le pressaient entre deux planches de bois rainurées.

La déesse Nephthys, tombe de Toutânkhamon, Nouvel Empire.

Autre innovation, la superposition de vêtements. Les pagnes se dédoublèrent, s’allongèrent et se diversifièrent. Les élégantes passaient un tunique ouverte sur leur robe à demi-transparentes. Certaines rajoutaient encore une troisième chemise, non transparente, sur le tout. D’autres préféraient une longue robe à manches par-dessus laquelle elles enfilaient un manteau léger assez court couvrant une partie des épaules et garni de franges. Ses manches très longues et plissées rappelaient des ailes d’oiseaux. Elles laissaient aussi pendre par devant une sorte de tablier qui tombait lâchement jusqu’à leurs pieds. La majorité de ces vêtements amples recouvraient uniquement le bras gauche, laissant le droit dénudé.

Buste de la reine Néfertiti, Nouvel Empire

En quelques siècles le corps se couvrit de plus en plus. Les Egyptiennes accentuèrent leur séduction jouant avec les échancrures et les effets de transparence. Elles enfilaient des résilles en perles de couleur, accessoire visant à mettre en valeur la beauté de la femme qui n’hésitait plus à se couvrir l’épaule gauche d’un châle à franges laissant nus l’épaule et le bras droit, ornés de bracelets.

Source : Edition Atlas ©1998
Photos : Dagli Orti/Arch. IGDA, MRMN/H, Lewabdoski
Illustration : Isabelle Arsianian

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