Sébekhotep IV

Sobekhotep IV est un roi égyptien de la XIIIe dynastie (2e Période Intermédiaire) qui a régné de -1732 à -1720 [1], [2].

Selon le canon royal de Turin, il est le 27e pharaon de la dynastie. Il est également attesté sur la liste royale de Karnak.

Généalogie

Sobekhotep est d’origine roturière, fils du grand prêtre d’Abydos Haânkhef et de Kemi. Son grand-père paternel Nehi n’était que milicien.

Sobekhotep épouse Tiin ou Tjan. De cette union naissent cinq enfants : Sobekhotep Miou (que certains spécialistes donnent comme étant son successeur, Sobekhotep V), Sobekhotep Djadja, Haânkhef Iykhernofret, Sahathor et Nebetiouenet. On trouve aussi quelquefois un Amenhotep (sources incertaines).

Règne

Sobekhotep IV, statue trouvée à Tanis

Saobekhotep gouverne pendant une dizaine d’années, probablement depuis Memphis, un royaume comprenant le Delta [3] en prélevant de nombreux sphinx et autres statues royales afin d’orner le temple de Seth de la cité. Par la suite ces monuments ont orné la cité de Pi-Ramsès, capitale de Ramsès II puis de Tanis, capitale des pharaons de la XXIe dynastie et de la XXIIe dynastie]] et la Vallée jusqu’à Gebelein ainsi que les pistes caravanières qui permettent de faire la jonction avec ses alliés nubiens. Cet état de fait durera jusqu’au règne d’Apophis Ier qui délèguera une partie de son autorité à une branche hyksôs vassale, improprement appelée XVIème dynastie par Manéthon.

La liste royale de Karnak place Sobekhotep juste après Néferhotep Ier et de Sahathor. Le papyrus de Turin le mentionne à la vingseptième ligne de la sixième colonne.

À ce jour seule sa huitième année est la plus haute date attestée pour son règne. Elle est consignée sur une stèle retrouvée à Edfou.

Une autre stèle trouvée au temple d’Amon de Karnak indique qu’il serait né à Thèbes. On en déduit que ses frères Sahathor et Néferhotep Ier auxquels il succède seraient également nés dans cette ville.

Tête de la statue de Sobekhotep IV

Contrairement à ses prédécesseurs et successeurs, qui récupèrent du matériel de construction, il organise des expéditions pour ses constructions. Il a laissé de nombreux monuments partout en Égypte démontrant une certaine activité durant son règne. Beaucoup de statues de Sobekhotep sont connues.

On retrouve l’intervention du roi à Éléphantine au temple de Satis, à Thèbes au temple d’Amon-Rê, à Abydos au temple d’Osiris, à Héliopolis au temple d’Atoum.

Deux statues à son nom ont été découvertes à Tanis également. Le cas de ces deux sculptures est différent car elles ont probablement été importées ultérieurement depuis Memphis dans le delta.

La capitale paraît être restée au nord du pays selon une longue inscription retrouvée dans le temple d’Amon de Karnak qui fait état des dons et offrandes du roi au dieu du temple et indique clairement que le roi fait le voyage depuis la capitale au nord vers Thèbes.

Plusieurs dignitaires de son règne sont connus et illustrent cette période de reprise et de relative prospérité du royaume.

On citera notamment son vizir Néferkarê Iymérou, dont une statue retrouvée à Karnak porte une inscription attestant que le roi a agrandi le temple d’Amon et s’est fait construire un temple des millions d’années [4]. Il s’agirait là d’une des plus anciennes mentions de cette institution royale entièrement dédiée au culte de Pharaon.

On connaît également un trésorier nommé Senbi, dignitaire qui occupait déjà la même fonction sous le règne de Néferhotep Ier ainsi qu’un intendant royal, Nebânkh qui organise pour le compte de son maître une grande expédition dans les carrières du Ouadi el-Houdi où il a laissé une inscription pour témoigner de son passage. D’autres inscriptions semblables au nom du roi ont été retrouvées au Ouadi Hammamat démontrant que l’administration et l’armée jouissaient encore sous son règne d’une certaine puissance.

À Karnak une statue d’un général en chef nommé Amenemhat a été retrouvée et porte les cartouches de Sobekhotep. Il fait une campagne militaire bien documentée en Basse-Nubie, preuve d’une politique extérieure toujours active.

Toutefois quelques archéologues comme Wolgang Helck pensent que vers la fin de son règne, des troubles politiques éclatent et aboutissent à l’indépendance de certaines provinces avec la création de la XIVe dynastie à Xoïs. Dans le même temps la ville d’Hout-Ouaret qui signifie en égyptien antique « le grand château », ainsi que la partie orientale du delta du Nil passent aux mains des Hyksôs [5].

Selon l’inscription que porte une autre statue du vizir Néferkarê Iymérou et qui se trouve toujours à Karnak aujourd’hui, le dignitaire déclare avoir maté une rébellion d’une partie du pays. Cette dernière n’est pas nommée précisément mais démontre bien les troubles qu’ont à affronter les pharaons de cette dynastie.

Enfin selon ce même document, il est probable que Néferkarê Iymérou était le précepteur du successeur de Sobekhoptep IV. En effet sur cette statue une figure en haut-relief d’un jeune enfant portant la tresse de l’enfance se trouve à côté de lui.

Sobekhotep IV décède probablement au bout d’une dizaine d’années d’un règne énergique et qui maintient encore un temps l’unité de façade du royaume.

À la génération suivante le morcellement du pays déjà amorcé fait éclater le royaume en plusieurs féodalités qui tombent sous la coupe de puissantes principautés qui bientôt revendiqueront le trône d’Horus pour leur propre compte.

Sépulture

Aucun tombeau au nom de Sobekhotep n’a été identifié à ce jour.

Une pyramide découverte à Mazghuna est parfois attribué à son frère aîné Néferhotep Ier, ou comme quelques archéologues le suggèrent à Sobekhotep.

Source : Wikipedia.org

[1Cf. K. S. B. Ryholt, p. 57-58.

[2Autres avis de spécialistes : -1734 à -1725 (D. B. Redford), -1730 à -1720 (N. Grimal), -1727 à -1720 (J. Málek), -1712 à -1700 (Kinnaer), -1694 à -1685 (R. Krauss, D. Franke, Schneider), -1693 à -1685 (Sitek)

[3Les ruines de Tanis comportent un grand nombre de monuments et sculptures provenant d’autres sites dont notamment Avaris, l’antique capitale des Hyksôs qui pillèrent la ville de [[Memphis (Égypte)|

[4Cette statue est conservée au Louvre sous la référence A125

[5Cf. N. Grimal, ch. VIII, Néferhotep Ier et Sobekhotep IV

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