Le Caire

Ville tentaculaire

Le Caire également Al Q’hirah El Kahirah

Population : 6,9 millions (estimation de 1995)

Le Caire est la plus grande ville islamique du monde, et représente pour tous les peuples de langue arabe un modèle et un centre culturel de référence. Elle compte de nombreuses universités, des musées et des institutions culturelles de haut niveau. Le Musée égyptien du Caire est l’un des plus importants musées du monde. Il présente la caractéristique absolument unique de ne renfermer aucun objet provenant d’un autre pays. Au rez-de-chaussée du musée on trouve de grands sarcophages et des statues de toutes les époques. Dans les salles sont exposés des sarcophages de plusieurs pharaons du Nouvel Empire, les momies de Ramsès II, de son père Séthi Ier et d’Aménophis III, ainsi que nombre d’autres momies de toutes sortes d’animaux, non seulement des chiens et des chats mais aussi des poissons, des crocodiles et des ichneumons.

Le musée possède la célèbre "tablette de Narmer", un objet d’une grande importance historique comportant une représentation du premier pharaon d’Egypte, personnage légendaire qui réunifia le pays. Mais la collection la plus célèbre du musée est le trésor de Toutankhamon, le pharaon du Nouvel Empire dont la tombe fut retrouvée presqu’intacte dans la Vallée des Rois par l’archéologue américain Howard Carter en 1922. Le trésor de Toutankhamon comprend 1 700 objets, exposés dans 12 pièces au premier étage du musée.

Même une vue aérienne ne permet pas de se rendre compte du gigantisme de la capitale de l’Égypte, ni du labyrinthe qu’elle constitue. Ici, des routes nationales à plusieurs voies, là-bas, de hauts buildings modernes qui se dressent au-dessus des avenues de la ville. Cependant, on rencontre encore fréquemment des chariots tirés par des ânes et on voit des bâtiments en briques de boue séchée le long de rues isolées.

Le Caire, capitale de l’Égypte, est une ville extrêmement contrastée où coexistent l’ancien et le moderne. Le site du Caire, sur les berges du Nil, fut habité pendant des milliers d’années, mais ce n’est qu’au Xe siècle, sous le règne de la dynastie des Fatimides, que cette ville ceinte de remparts fut choisie comme capitale. Le nom arabe du Caire, al-Qahira, signifie "la Victorieuse". Le rôle-clé qu’elle joua au Moyen Age dans le commerce lucratif des épices contribua à la hisser parmi les cités de premier plan. A la splendeur succéda une période d’invasions et de décadence qui dura jusqu’à la fin du XIXe siècle. Une ville nouvelle, de style européen, inspirée des plans grandioses qu’avaient dressés le baron Georges Haussmann pour la rénovation de Paris, fut élevée aux côtés de l’ancienne. Au XXe siècle, pour faire face à une augmentation spectaculaire du nombre de ses habitants, il fallut construire des villes nouvelles en plein désert. Cet ensemble forme à présent ce que l’on appelle le Grand Caire. La partie occidentale du Caire, particulièrement animée, se distingue par son architecture moderne, contrastant avec les vieux quartiers qui composent un dédale de rues étroites, parsemées de mosquées au riche passé historique, de bazars animés, et encombrées de lents chariots tirés par des ânes. Le Caire n’ayant pas réussi à faire face à la rapide augmentation de sa population, les plus pauvres de ses habitants se sont installés dans des demeures de fortune. Plus de deux cent mille personnes se sont ainsi réfugiées dans la cité des Morts, vaste région du Caire abritant les mausolées et les tombes des premiers chefs religieux. Cependant, ces problèmes urbains n’affectent pas l’incomparable vitalité du Caire, qui a toujours connu une vie culturelle intense et demeure une des premières destinations touristiques au monde, en raison des merveilles inestimables comme le Sphinx et les Grandes Pyramides, qui se dressent non loin, aux portes du désert. La population, en dehors de l’agglomération urbaine, s’élevait à environ 6,2 millions d’habitants en 1995.

Le vieux Caire

Dès l’époque d’Auguste, une forteresse établie près de la rive orientale du Nil, en face de l’île de Rodah, commandait la vallée et le delta. Elle fut élargie à l’époque de Trajan (98-117) et fortifiée par Arcadius (395-408). Elle est constituée de tours rondes et de bastions reliés par un mur en moellons et briques. Là s’édifièrent les premiers témoins de la foi chrétienne, et après la conquête arabe, cette forteresse, à laquelle on a donné le nom de Babylone, devint une cité religieuse qui réunissait toutes les confessions. La datation de ces édifices, caractérisés par leur petitesse et leur simplicité, est toujours très hypothétique.
C’est en partie sur les deux bastions sud-ouest de la forteresse qu’est construite l’église de la Vierge (Sitt Miriam). Sa nef, suspendue entre les deux, lui a fait donner le surnom de Al-Mo’allaqa, « la suspendue ». C’est une basilique à quatre nefs inégales séparées par trois rangées de colonnes en marbre blanc (une est en basalte noir : symbole de Judas ;) et terminée par trois sanctuaires à absides rentrantes. L’église primitive est probablement à rechercher dans l’appendice sud-est daté entre le IIIe et le VIe siècle. La grande église, dont les premières constructions seraient des Ve-VIIe siècles, a subi d’importantes restaurations aux XVIe et XVIIe siècles.
L’église Saint-Serge (Abou Sargah) est située à trois mètres sous le niveau de la rue. Elle paraît être la plus ancienne église de Babylone (IVe siècle). Construite sur le site où la tradition situe la visite de la Sainte Famille, elle présente un plan de type basilical à nef et bas-côtés supportant une galerie formée de six paires de colonnettes. Les douze colonnes de la nef, en marbre blanc (une est en granit rouge), conservent encore les figurations peintes des douze apôtres. De part et d’autre du chœur, on accède par un escalier à la crypte de la Sainte Famille : elle est composée d’une nef séparée des bas-côtés par trois paires de colonnes. Toutes les travées sont couvertes d’une voûte. Les parois est, nord et sud sont occupées par une niche ; chacune contient une dalle de marbre sur laquelle aurait reposé l’Enfant, où la Vierge aurait lavé le linge et où la Sainte Famille aurait pris ses repas. Au centre, un puits leur aurait permis de se désaltérer. Dans le collatéral sud est placée une cuve en marbre servant de fonts baptismaux.
L’église de Sainte-Barbe (Sitt Barbara) est un édifice à deux sanctuaires. La partie sud est consacrée aux reliques de la sainte, transférées de l’église de la Vierge avant 1072-1073, époque de la reconstruction. La partie nord, consacrée aux saints Cyr et Jean, est une petite chapelle ouverte sur le chœur de l’église Sainte-Barbe. Les plans sont toujours identiques : narthex, nef à bas-côtés, abside rentrante. Notons également l’existence de la synagogue des Beni Ezra, ancienne église Saint-Michel vendue aux Juifs au IXe siècle, d’une seconde église de la Vierge Marie, enfin du couvent des religieuses dédié à saint Georges (il en subsiste une grande salle communiquant avec une chapelle abritant les reliques du saint).
L’intérêt de tous ces monuments réside également dans le mobilier que l’on y a retrouvé et qui a souvent été transféré au Musée copte situé à l’intérieur de Babylone, sur un terrain appartenant primitivement à l’Église copte : iconostase de Sitt Barbara, porte et linteau de Sitt Miriam, autel et panneaux d’iconostase d’Abou Sargah...
À l’extérieur des murailles de Babylone, au nord et au sud, s’élèvent d’autres constructions coptes : l’église de Saint-Ménas ; le monastère de Saint-Mercure, composé d’un ancien couvent de religieuses et de trois églises (églises de Saint-Mercure, de Saint-Shenoute qui est l’une des plus anciennes du Caire, de la Vierge) ; les églises de la Vierge à Babylone ad-Darag, de Saint-Théodore, des Saints-Cyr-et-Jean.

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