Genèse du mouvement
Les Frères musulmans (jamiat al-Ikhwan al-muslimun, littéralement société des Frères musulmans) est une organisation islamique avec une approche politique de l’Islam. Elle fut fondée en 1928 par Hassan el Banna en Egypte après l’effondrement de l’empire Ottoman. En 1935 l’organisation prends contact avec Hadj Amine Al-Husseini le grand mufti de Jérusalem et elles participent à l’insurrection palestinienne de 1936.
En 1945 Saïd Ramadan crée une branche palestinienne du mouvement qui a pour but de combattre les israéliens. Le mouvement connait ainsi un succés fulgurant et de nombreux militants participeront à la guerre de 1948 contre l’état d’Israël.
En 1948 l’organisation assassine le premier ministre égyptien de l’époque et Hassan el Banna le fondateur des frères musulmans est assassiné par la suite par les agents du gouvernement égyptiens. Nasser interdit l’organisation en 1957 qui craignait pour sa personne. Près de 20 000 militants sont incarcérés dont le numéro deux actuel d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri.
Hosni Moubarak et El-Sadate utilisent les frères musulmans pour faire contrepoids à l’extrême gauche.
L’objectif des Frères Musulmans est de faire en sorte que tout les pays musulmans deviennent des républiques islamique, ainsi en Egypte, en Libye, en Syrie, ou en Tunisie ils combattent violemment ces républiques laïcs.
En 1982 le président syrien Hafez el-Assad élimine le bras armé des frères musulmans, l’al-Talia al-Mukatila (Avant-garde Combattante) dont les militants se dispersent en Arabie Saoudite, en Jordanie, au Koweït, et en Afghanistan.
Les frères musulmans se dotent d’un bras armé clandestin en Egypte dès le début des années 80, c’est le Djihad dont les combattant infiltrent progressivement toutes les institutions égyptiennes. Abboud el-Zommor qui a perpétré l’attentat contre Sadate faisait partie du Djihad. Cet branche a également des contacts étroits avec une autre organisation islamiste, le Gama’a al-Islamiya (Groupe Islamique), responsable d’attentats contre des touristes occidentaux en 1992 et en 1993.
En Israël, dans les territoires occupés, la branche palestinienne des Frères Musulmans a engendré l’Al-Moujamma al-Islami, le futur mouvement Hamas. L’organisation se consacre aux œuvres sociales et à la construction de mosquées, dont le nombre augmente sans cesse en Cisjordanie et dans la bande de Gaza entre 1967 et 1987. Ses sources de financement proviennent en grande partie de l’Arabie-Saoudite.
Les Frères musulmans aujourd’hui
C’est aujourd’hui un mouvement clandestin qui est toléré par le pouvoir, elle n’a plus d’organe de presse depuis 1982 et la quasi-totalité de ses publications ont été saisie. Les militants manifestent souvent contre le pouvoir en place, pour la mise en place de réformes constitutionnelles et pour la fin de l’Etat d’urgence. L’organisation aide socialement et financièrement les classes défavorisées, en leur fournissant des médicaments en cas de besoin ou des prêts d’argent. Ils font ce que le gouvernement ne fait pas.
La confrérie s’affiche comme un mouvement démocrate, respectueux de la démocratie, ainsi ils ont écris trois manifeste, l’un plaide en faveur de « l’indispensable démocratie » l’autre sur les droits des minorités notamment de « nos frères et compatriotes coptes » et le troisième, concernant « le statut de la femme ».
Ces manifeste ont était écris par de jeune membre du mouvement, elles ont était adopté par la confrérie, sans grande conviction par la vieille direction dont la plupart des membres sont âgés de plus de soixante-dix ans. Pour les jeunes, la vieille direction est beaucoup trop conservatrice, les « quadras » du renouveau islamique se sont transformés en dissidents. Ainsi en 1996 dix-sept d’entre eux demande officiellement la création d’un nouveau parti politique, nommé Al Wasat.
La scission de la confrérie
Les fondateurs de la nouvelle formation Al Wasat, ont à peu près le même âge, ils ont entre 35 et 45 ans, membres pour la plupart de professions libérales, avocats, médecins, pharmaciens ou encore ingénieur.
Ils ont participé aux luttes estudiantines puis syndicales de l’époque, ils sont réceptifs aux évolutions planétaires grâce à leurs déplacements à l’étranger où ils participent à maints colloques et conférences... C’est ainsi qu’ils ont acquis une expérience qui creusa le fossé entre eux et leurs aînés de la confrérie.
Les fondateurs de se nouveau parti politique reproche au dirigeant des frères musulmans leur manque de modernité et leur concepts archaïques. Il propose comme solution de rechange « une vision moderniste fondée certes sur les acquis du passé mais axée sur les défis du vingt et unième siècle ».
Contrairement à leurs aînés des frères musulmans ils décident de fonder un programme pour Al Wasat, un programme plutôt libéral, fondé sur le Coran mais qui reconnaît les évolutions de la société. Ils sont pour un système gouvernemental dit occidental qui comporte le respect de toutes les libertés collectives et individuelles, des élections pluralistes, l’alternance et la primauté de la loi. Le copte, le docteur Rafiq Habib fils du président de la communauté anglicane d’Egypte est membre du comité fondateur du parti.
Le parti ne verra finalement jamais le jour, ainsi le 13 mai 1996 les autorités égyptienne déclarent irrecevable la demande de légalisation du parti. Deux jours après ce rejet les fondateurs du parti sont arrêtés et déférés devant la Haute Cour militaire.
Idéologie
Les Frères musulmans s’opposent aux tendances laïques des nations islamiques et veulent un retour aux préceptes du Coran, avec rejet des influences occidentales. Ils rejettent les influences soufies.
Le mot d’ordre de l’organisation est : « Allah est notre objectif. Le prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. La guerre sainte est notre voie. Mourir dans les voies d’Allah est notre plus grand espoir ».
Bibliographie
Le sabre et le coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquéte de l’Europe, Paul Landau, 2005, ISBN 2-268-05317-2
Lien externe
Histoire des frères musulmans