Polémique autour du célèbre buste de Néfertiti

Il s’agirait d’un faux selon un historien de l’art…

Néfertiti, la « plus belle reine d’Egypte », est au cœur d’une polémique enflammée. Un historien de l’art réputé, Henri Stierlin, affirme que le buste de la reine serait un faux fabriqué en 1912 pour faire des essais de polychromie. Une thèse qu’il défend dans son livre « Le buste de Néfertiti, une imposture de l’égyptologie ? » (Infolio).

Imposture ?

Selon Stierlin, auteur de dizaines d’ouvrages sur l’Egypte, l’Orient ou le monde islamique ancien, le buste aurait été fabriqué sur le chantier même de la fouille, en 1912, par un artiste du nom de Gerardt Marks, à l’initiative de l’archéologue allemand responsable Ludwig Borchardt. L’archéologue voulait un portrait de la reine portant la tiare dont on savait qu’elle se parait. Il voulait par ailleurs, avec des pigments anciens découverts lors des fouilles, faire des essais de polychromie, affirme Stierlin.

Comment un vulgaire moulage a-t-il pu être perçu comme une oeuvre authentique ? La méprise date du 6 décembre 1912, date de la visite sur le site d’archéologie d’un prince allemand. Le prince se serait extasié devant le buste et l’archéologue n’aurait pas eu « le courage de ridiculiser » ses hôtes, avance l’historien.

Indices

Stierlin, qui « travaille sur le sujet depuis 25 ans », s’appuie sur un faisceau d’indices permettant selon lui de dire qu’il est « impossible » que le buste soit vieux de 3.400 ans, a-t-il affirmé à l’AFP. « Le buste n’a pas d’oeil gauche et n’a jamais été préparé pour le recevoir. C’est une injure pour un Egyptien ancien, selon qui la statue est la personne elle-même », décrit-il. Autre argument : les épaules sont « coupées à la verticale, comme on le fait depuis le XIXe. Les Egyptiens coupaient les épaules à l’horizontale ». Enfin, on a « accentué les traits de manière qui rappelle le style de l’Art nouveau », ajoute l’historien de l’art, selon qui on ne peut dater scientifiquement la pièce, parce qu’elle est en pierre recouverte de stuc. Seuls les pigments, qui sont datables, sont véritablement anciens, note Stierlin.

Le buste de l’ancienne reine d’Egypte Néfertiti
STEPHANIE PILICK/EPA/SIPA

La thèse de l’historien, redoutable si elle se vérifiait, n’est pas du tout du goût de Dietrich Wildung, directeur du musée égyptien de Berlin, qui expose le buste. « Nous ne mettons pas dans nos vitrines des oeuvres douteuses pour les quelque 700.000 visiteurs que nous recevons chaque année », a-t-il rétorqué. Selon lui, toutes les précautions ont été prises pour s’assurer de l’authenticité du buste. « Une tomographie, des analyses matérielles et une documentation complète de son histoire prouvent son authenticité, a-t-il détaillé. Si une oeuvre avait été fabriquée (en 1912 seulement), alors elle contiendrait des matières modernes. » Et de clore le débat d’une critique acerbe envers le livre de Stierlin, déclarant que l’ouvrage « est à ranger dans le rayon bande-dessinée et non pas scientifique ».

Voir en ligne : www.20minutes.fr

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